Joe Carnahan vient de réinventer le film d’action, et il a compris que pour reconstruire ce genre mourant qui faisait depuis quelques années le grand écart entre films de séries B minables (van damm, norris…) et grosse productions policées (les ailes de l’enfer, Gangs of New York…), il fallait revenir à la base, et pour cela, retrouver une recette du film d’action, l’essence du genre, et c’est ce qu’il fait : prenez un faux mafieux qui veut vendre tout le monde, isolez le, puis révélez à tout un tas de tueurs (du manique calculateur à l’amateur naïf en passant par le plus pure psychopathe) cette cachette, en leur faisant croire qu’ils sont les seuls sur l’affaire, et saupoudrez le tout d’agents du FBI qui ne savent pas vraiment ce qui se trame. Vous obtenez si vous savez tenir une caméra un pure concentré de violence, d’action et de second degré. Et ça tombe, c’est ce qu’on cherche, un film avec des appendices génitaux masculins : quelque chose de sanglant, imprévisible et diablement efficace. La film a en plus le luxe de se payer un casting hors normes, où chacun joue comme s’il s’agissait d’un film qui allait faire entrer le cinéma dans une nouvelle ère (vous pensez à Reservoir Dogs, vous avez raison…), une réalisation impeccable (les scène d’action sont filmées caméra à l’épaule, en évitant le montage saccadé, la photographie est brute, les acteurs sont tous dirigés comme s’ils avaient le premier rôle, et le tout en restant jusqu’à la fin nerveux et directe) et un scenario suffisamment malin pour introduire une bonne quinzaine de personnages tous aussi intéressants. C’est bien simple, à la fin on en nous aurait remis une heure de plus qu’on aurait pas été contre. C’est riche et généreux, violent (gratuit mais toujours avec des conséquence) et directe, et, prodige, les quelques « gags » sont vraiment drôles.