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In Ciné Veritas
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3,5
Publiée le 9 juin 2017
En 2006, Manoel de Oliveira livre Belle toujours, délicate réminiscence près de quatre décennies plus tard de Belle de jour. N’excédant guère la durée d’une heure, Belle toujours résonne comme une réponse aussi condensée qu’élégante au chef d’œuvre de Luis Buñuel. Le réalisateur portugais, alors quasi centenaire, déploie toute son expertise dans ce film qui demeure à ce jour la plus belle variation proposée sur l’univers buñuelien et le plus délicat hommage rendu au grand maître espagnol. Plus de détails sur notre blog ciné : incineveritasblog.wordpress.com
Le film insupportable par définition !! Inabordable, bobo.. vraiment pour un public bien précis ! Mais pire que tout le fond du film est trop sous la ceinture : le sado masochisme est au centre de tous les dialogues et sans être réac c'est lourd et franchement j'ai du mal à croire que j'ai réussi à suivre jusqu'au bout !! Une horreur !
Oliveira a voulu une suite au film de Bunuel "Belle de jour", dans lequel une riche bourgeoise se prostitue le jour, car son mari, qu'elle aime, est un handicapé moteur et ne peut donc assouvir ses pulsions sexuelles. Les deux personnages principaux se rencontrent donc 38 ans plus tard, par le seul désir de l'homme, mais la rencontre lors d'un dîner, se termine mal. Beau film de Oliveira, toujours très bien filmé (le cinéaste a près de 100 ans!). La caméra statique, mais toujours bien placé, filme les protagonistes avec un style bien particulier, toujours d'une façon esthétique, voire poétique. Les décors intérieurs (Hôtel, bar) sont luxueux, la pièce du dîner est très stylisée, presque sur-réelle. C'est un hommage que le cinéaste lusitanien a rendu au cinéaste surréaliste que fut Bunuel à une certaine époque. (Bulle Ogier remplace Catherine Deneuve). Aucun ennui à la vision de cette oeuvre.
Les retrouvailles embarrassées de deux anciens amants liés par le secret de leur vécu. A peine 1h 15 de bobine et on trouve le moyen de s'ennuyer ferme. Deux personnes d'un certain âge n'ont rien à se dire, vivent dans le souvenir ou tentent d'oublier. De quoi tout cela peut bien parler ? Sans doute du temps qui passe, de la nostalgie d'une vie etc. Mais que cela semble creux et vain.
Court mais chiant. Un exploit. Ecrire que le rythme du film est lent serait un euphémisme. Un genre de film réservé à un public limité. Je n'en fais pas partie.
Manoel de Oliveira réalise « Belle toujours » à quatre-vingt-dix-huit ans. C'est le film d'un homme qui n'a rien à prouver et maîtrise son art à la perfection. Tout frappe par sa nécessité: les plans (cadrage, lumière), comme la structure (rythme, séquences...). Tout est beau et tout s'écoule sans heurts, oscillant entre lyrisme (appuyé par la Huitième Symphonie de Dvorak) et intimisme. Oliveira filme des surfaces, des drapés, des statues, les ors de Paris; mais par de subtiles évocations, par de légères failles (souvent le regard seul du vieux Husson), l'image devient pleine de suggestions, s'enrichit de pensées confuses et de réminiscences. « Belle toujours » et le Paris qui y est mis en scène peuvent être vus comme l'analogue même de Séverine dans « Belle de Jour »: une beauté pure, classique, un visage clair, mais une âme trouble et perverse. Certes, l'étrange n'est pas toujours masqué, et à plusieurs reprises, fidèle à la tradition surréaliste, Oliveira joue avec l'absurde et le bizarre. Mais ce n'est pas avec de gros sabots qu'il s'y livre. En réalité un seul élément-image peut être clairement dit surréaliste: l'apparition d'un coq dans un palace parisien. Tout ce que le film contient explicitement d'étrange, de décalé provient du texte: dialogues qui tournent en rond, élocution mécanique... Oliveira joue avec notre désir de savoir, nous qui avons vu « Belle de Jour » (le film perd de son intérêt pour qui ne l'a pas vu): qu'a dit Husson, que désirait véritablement Séverine? Evidemment, il ne va pas répondre à ce que Buñuel a laissé en suspens! Les conversations deviennent absurdes ou stéréotypées parce qu'est vain le désir d'explication. Husson (Piccoli, absolument parfait), en alcoolique et pervers fatigué, reste seul lucide face à une femme qui, quoiqu'elle en dise, ment aujourd'hui comme hier. « Belle toujours » est une petite chose, un rappel, une variation, mais l'air de rien, une vraie leçon de cinéma.
Drole de film que cette "suite"de BELLE DE JOUR.Le film ne dure que 70 minutes et pourtant il prend son temps en allant à l'essentiel.Piccoli est incroyable en vieux pervers alcoolique et Bulle Ogier parfaite en suppléante de Deneuve.Déconcertant mais jubilatoire.
Il fallait oser provoquer une suite au chef duvre de Luis Bunuel « Belle de Jour », faisant se revoir 40 ans après les deux personnages emblématiques incarnés par Catherine Deneuve et Michel Piccoli. Premier faux pas, pas de Deneuve. On peut se dire, en tirant vraiment par les cheveux, que lon est encore dans lesprit bunuelien de son dernier film « Cet obscur objet du désir ». Mais au-delà ? A quoi bon faire ressortir du placard les souvenirs, tenter de les re-développer, en chercher une évolution, mais à peine esquissée pour ne pas aller trop loin et éviter le sacrilège de la réinterprétation gratuite de luvre originale. Jai très rapidement compris quune telle entreprise, qui mise tout sur lhommage et la fidélité, était tout simplement impossible. Un seul plan et cest déjà trop. Ce nest pas que Manoel de Oliveira ne sache pas faire du cinéma, bien au contraire... Il faudrait finalement peut-être voir ce film comme si le précédent navait pas existé. (Mais comment ne pas conseiller de loin lauthentique ?) (prenomjulien@hotmail.fr)
Captivant pour qui a vu et aimé "Belle de jour". Hommage d'un grand cinéaste à un maître du 7e art, c'est avant tout un film de Oliveira, qui se réapproprie le matériau de base, lui-même déjà adapté à l'époque d'un roman bourgeois de Joseph Kessel. Le face-à-face final entre Séverine (Bulle Ogier) et Husson (Michel Piccoli), est un savoureux moment de cinéma.
"Belle toujours" ou l'art de filmer avec perversité et provocation LA PERVERSITE. Tout a fait jubilatoire. Un Piccoli au mieux de sa forme, l'oeil malicieux, le sourire d'un prédateur qui n'en finit pas d'avoir du plaisir à faire mal, mais élégamment. Une Bulle Ogier, discrète mais présente. Et un morceau d'anthologie qui restera dans les annales cinématographiques, le tête à tête dans le salon privé où nous assistons à la dégustation de mets comme nous-même dégustons ce pur moment de bonheur. Muets. Tandis que les bougies fondent... Un film qui ose, loin des modes, et c'est un jeune homme de 99 ans qui nous donne cette leçon.
une suite hypothétique, aussi inutile qu'imbécile, de "Belle de jour" de Luis Bunuel, avec un Piccoli presque gâteux. Bulle Ogier se demande ce qu'elle fait là, sans doute médite-t-elle "pourquoi Catherine Deneuve n'a pas juger bon de reprendre son rôle ???" Et le film n'a beau durer que 70 mn, on s'ennuie tellement que cela semble quand même interminable. Un vrai désastre !!!
Cinématographiquement parlant, le nouveau film, suite de Belle de Jour de Bunuel, de ce jeune homme de 99 ans qu'est Manoel de Oliveira est une grande réussite. Mise en scène, montage, rythme, gestion de la temporalité, cadrage, lumière... en imposent à quasiment tous les cinéastes vivants. Ensuite, ce film n'est malheureusement pas autre chose qu'un clin d'oeil au cinéaste que de Oliveira préfère (avec Dreyer). Disons que ça n'apporte pas grand chose ni au film de Bunuel, ni à l'oeuvre de Oliveira. C'est un joli clin d'oeil, ce que j'appelerai un " divertimento".