L'histoire est celle d'une enfant qui préfère les randonnées aux consoles de jeux et surprend un jour une renarde qu'elle va apprivoiser et qui deviendra, au fil du temps, son amie secrète. Il lui faudra bien sûr déployer beaucoup de patience et endurer pas mal de déboires avant d'arriver à transformer cette petite bête sauvage en un animal de compagnie. De superbes prises de vue nous font assister à cette lente et irrésistible conquête et nous prennent à témoin des espoirs, des victoires, mais aussi des peurs de la petite fille, tout en nous plongeant dans un univers animalier qui ressemble à un conte de Noël. Mais c'est justement là que le bât blesse et que réside la faiblesse du film. Ni tout à fait un documentaire puisqu'on sait que la renarde est apprivoisée, ni tout à fait un conte, l'angle choisi par l'auteur étant trop anthropomorphique pour convaincre, il se trouve ainsi condamné à n'être ni l'un, ni l'autre, et en pâtit. Il y a bien entendu des scènes délicieuses comme la poursuite de la renarde par un lynx, des instants de découvertes authentiques dans la forêt crépusculaire, où le monde animal prend pour l'homme, si éloigné de lui, un caractère effrayant, mais l'ensemble du film déçoit par des longueurs et une idéniable mièvrerie et que, à tout prendre, la démonstration d'un paradis qui ne serait accessible qu'aux enfants, les grandes personnes étant incapables de l'approcher et de le comprendre, est vraiment simpliste. D'où une émotion trop souvent évacuée par cette sorte de discours, alors qu'elle était présente en permanence dans "La marche de l'empereur". Je pense que l'auteur s'est figé dans une attitude réductrice, si bien que le résultat a un goût de déjà vu. Néanmoins, tel qu'il est, avec ses temps forts et ses faiblesses, ce film plaira aux enfants et les sensibilisera à la nature. S'il n'emporte pas notre totale adhésion, reconnaissons à l'objet d'être bien empaqueté et de tomber à point nommé pour les fêtes.