Après la magnifique ôde animale qu'était "La marche de l'empereur", véritable splendeur des manchots, le réalisateur Luc Jacquet revient au cinéma avec ce conte familial fictif mais à la démarche proche du documentaire. Grâce aux images sublimes mettant en scène avec une grande précision esthétique et une belle ampleur les animaux, ainsi qu'une petite fille attachante qui se veut le reflet du renard (la rousseur accentue l'effet), cette belle histoire d'amitié compte renouer avec le respect entre l'homme et l'animal. Même si l'on se doute que le résultat est vain de ce côté-là, le film n'en demeure pas moins d'un charme certain. Les enfants comme les adultes s'y plaîront, savourerons la beauté des éclats de soleil et la naïveté touchante de la relation (plus qu'improbable il faut l'avouer) entre la fille et le renard, et admirerons l'universalité du propos ; sincèrement, le film amène à un amour, voire une fusion entre les deux races - humaine et animale. Sa force principale est justement de ne pas apporter de particulières précisions sur le renard et de laisser la voie s'élargir vers d'autres espèces pour clarifier le message et faire comprendre que renard, girafe ou baleine, c'est de la même cause qu'il s'agit. Si la musique, aussi réussie soit-elle, à tendance à plomber le film (des silences, des respirations de bruits naturels n'auraient pas fait de mal de temps en temps), et que l'irresponsabilité des parents de la petite fille peut parfois s'avérer plus que douteuse (c'est excusable car nous ne sommes pas là pour voir trop loin), "Le renard et l'enfant" reste une belle réussite, colorée, poétique et émouvante. La présence de la craquante Bertille Noël-Bruneau ne manque pas non plus à cet échange rêvé et forcément touchant (la mort trop rapide de l'amour du renard par le poison est une belle scène, où l'autre animal semble chercher, en vain, un signe de compréhension), et qui, même s'il marche sur quelques clichés de genre (là encore, excusable car le décor lim