Huitième volet de la saga James Bond, réalisé par Guy Hamilton, qui se retrouve pour la troisième fois à la tête de la franchise derrière la caméra, Vivre Et Laisser Mourir est un film plutôt moyen. L'histoire nous fait suivre l'agent 007 qui est appelé à la rescousse pour mettre fin à l'hécatombe meurtrière qui décime les agents secrets britanniques. En effet, trois d'entre eux ont été assassinés à différents endroits dans des circonstances mystérieuses en vingt-quatre heures alors qu'ils enquêtaient sur le docteur Kananga, le dictateur d'une petite île caribéenne, et de sa comparse, l'étrange Blanche Solitaire. L'espion part donc en mission afin de tenter de mettre fin à ce règne. Ce scénario, s'inspirant librement du roman du même nom de Ian Fleming paru dix-neuf années plus tôt, s'avère peu palpitant à visionner pendant toute sa durée de deux heures. L'intrigue débute par un prologue sans saveur avant de nous servir un générique d'ouverture de bonne facture avec une belle esthétique. S'ensuit une aventure débutant en introduisant le nouvel agent de façon trop sommaire et en commençant mollement. Il faut en effet attendre de longues minutes pour que le récit s'emballe un petit peu plus. Et encore, ce dernier ne décolle jamais réellement, la faute à un faible enjeu et des scènes d'action peu ambitieuses. Très peu de séquences sont réellement marquantes dans cette aventure exotique faisant la part belle au vaudouisme et à la blaxploitation. Elles manquent souvent de créativité et de tension. De plus, le métrage est avare en gadgets et en conquêtes. Le ton se veut lui toujours sérieux tout en intégrant quelques moments plus légers. L'ensemble est porté par un James Bond interprété par un nouvel acteur, en l'occurrence Roger Moore. Ce dernier incarne assez bien le rôle, même s'il n'arrive pas au niveau de prestance de Sean Connery. Toutefois, sa prestation rend mieux que celle de George Lazenby. Il est entouré par d'autres personnages appréciables, joués par une distribution comprenant Yaphet Kotto en grand méchant, secondé par son bras droit Julius Harris. Les deux sont assez marquants, notamment le second à la faveur de son arme singulière. On retrouve également Jane Seymour en James Bond Girl, Clifton James, Geoffrey Holder Samedi, David Hedison, Gloria Hendry, sans oublier les visages ancrés de Bernard Lee et Lois Maxwell. À noter l'absence à l'écran de Desmond Llewelyn, alias Q, pourtant présent depuis le deuxième opus de la licence. Tous ces individus entretiennent des rapports basés sur la confiance ou la trahison, selon leurs motivations. Des échanges soutenus par des dialogues corrects, bien que les répliques sortant de la bouche du nouveau Bond soient moins incisives et amusantes à cause d'un humour se faisant moins ressentir. Sur la forme, la réalisation du cinéaste britannique s'avère moins qualitative qu'à l'accoutumé. Sa mise en scène manque clairement d'ampleur et se veut moins soignée. La faute en partie aux environnements traversés qui sont beaucoup moins variés et attirants que d'habitude. En effet, l'action se déroule surtout aux États-Unis, à Harlem, et en Louisiane, à La Nouvelle-Orléans et dans les Bayous, ainsi que sur l'île fictive de San Monique. Mais celle-ci est loin d'être paradisiaque. Ce visuel, plutôt terne, est accompagné par une b.o. signée par George Martin qui succède à John Barry. Et cela se ressent à travers ses compositions moins iconiques et marquantes. Il en va de même concernant le générique d'introduction dont les paroles ont étés écrites par Linda McCartney, et dont la musique et l'interprétation reviennent à son époux Paul McCartney. Celle-ci dénote franchement avec les autres chansons de la licence et ne colle pas très bien à l'univers, même s'il faut reconnaître que ses notes sont particulièrement marquantes et immédiatement identifiables. Reste une fin tout de même satisfaisante, venant ainsi mettre un terme à Vivre Et Laisser Mourir, qui, en conclusion, est un opus dispensable.