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Caine78
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3,0
Publiée le 4 octobre 2010
Ouevre importante en son temps, d'un point de vue technique. En effet, personne n'avait jamais montré autant d'ingénuité par rapport à une situation burlesque. Aujourd'hui, bien sur, on sourit, mais quand on le replace dans son contexte, il semble logique que ce court-métrage datant de 1901! aie fait quelque peu sensation.
The Big Swallow, réalisé en 1901 par James Williamson, met en scène un homme qui s’approche progressivement de la caméra, visiblement agacé d’être filmé, jusqu’à envahir totalement le cadre et donner l’impression d’avaler l’appareil. Le film repose sur une progression simple, construite autour d’un rapprochement continu vers un très gros plan.
Le film propose une utilisation marquante du cadrage, avec un très gros plan poussé à l’extrême, encore rare à l’époque. Cette montée progressive transforme la caméra en élément central de la scène. Le personnage ne joue plus seulement devant elle, il interagit avec elle, jusqu’à créer une forme de mise en abyme. Le cinéma cesse d’être un simple regard extérieur : la caméra devient un objet intégré au monde filmé. Ce dispositif introduit un rapport frontal au spectateur, avec une rupture du quatrième mur et une véritable agression visuelle.
J’ai trouvé intéressant de voir comment ils s’amusaient à créer des effets à l’époque. Le film propose un rapport très direct au spectateur, avec cette idée que l’image peut littéralement le viser. La caméra n’est plus neutre, elle devient une cible, ce qui rend le dispositif assez marquant malgré sa simplicité.
Une expérimentation visuelle maligne, qui joue avec le cadrage, le point de vue et la place du spectateur dans l’image.