j'hésitais entre 3 ou 4 * Avant tout j'ai trouvé un charme indéfinissable à ce film où je n'ai pas tout compris... J'y ai vu des femmes cabossées par la vie, faire des rencontres qui les "embellissaient" (vieille/philippine, jeune femme/petite fille sortie de la mer) ou s'interroger (la jeune mariée/poétesse) difficile d'exprimer pourquoi on a tant aimé!
Trois histoires sur fond de réalisme absurde ou d'absurde réalité qui convainquent par moments mais qui manquent de pêche et de passion. La sincérité est là, tout comme la douceur, mais l'unité narrative est un peu forcée. Les histoires ne se valent pas toujours, on préfèrerait en suivre certaines plus que d'autres. La mise en scène est recherchée, notamment ce premier plan très beau, mais elle est aussi très maniérée et cherche à surligner des choses trop confuses. "Les Méduses" montre en tout cas que le cinéma israélien s'exporte et qu'il accède à la reconnaissance (le film a reçu la Caméra d'or à Cannes), peut-être peut-il faire mieux, comme avec "La Visite de la Fanfare".
Premier plan du film, fixe. Un homme et une femme se font face, sur un fond bleu piscine. Ils se séparent, on entend hors champ les bruits d'un déménagement, des silhouettes passent dans le cadre. Il lui demande si elle n'a rien à dire, si elle ne veut pas qu'il reste ; elle ne répond pas. Il sort du cadre, on entend une portière claquer, un camion démarrer, et le fond bleu s'efface. Elle est maintenant seule, sur un fond désertique, et réussit enfin à dire : "Reste !" Cette scène d'ouverture est représentative de ce qui fait la particularité de ce film, c'est-à-dire son côté très écrit (trop ?) -les deux réalisateurs sont écrivains-, et la maîtrise technique, plus inattendue puisqu'il s'agit d'un premier film.
Cette compréhension de ce qu'est le cinéma, à savoir l'utilisation appropriée de la grammaire du mouvement pour se mettre au service d'un récit, se manifeste particulièrement lors de la découverte du deuxième personnage, Keren. Nous rentrons dans un mariage par un long plan séquence en traveling à la suite de Batya depuis la cuisine jusqu'à la salle des fêtes. Puis la caméra filme en plongée la mariée coincée dans les toilettes, la corolle de sa robe blanche sur le fond bleu marine évoquant les méduses du titre. Un montage nerveux oppose sa détresse assourdie à la frénésie de la piste de danse, symbolique du décalage des différents personnages par rapport à leur réalité environnante.
Décalage de Batya, qui avoue douloureusement à celle qui lui propose de l'aider qu'elle ne peut faire confiance à personne, jamais remise des déchirements du premier âge entre un père cavaleur et une mère bienfaitrice médiatique, et qui s'attache à cette petite fille mutique sortie de la mer, à moins que ce ne soit de sa propre enfance. Décalage des jeunes mariés, partis pour les Caraïbes et échoués dans un hôtel lugubre envahi par des remugles d'égoûts, et où les femmes croisées dans les ascenseurs demandent comment s'écrit opprobre éternel. En quelques jours, ils vivent en accéléré ce que subissent bien des couples : suspicion, déception, jalousie. Décalage de Joy, lost in translation, le coeur aux Philippines, souhaitant travailler avec des bébés, et qu'on envoie s'occuper de vieilles dames, dont une meurt, et dont l'autre pense que parler allemand suffit pour se faire comprendre de cette potiche anglophone.
De tous les films récents de ce nouveau cinéma israélien si dynamique ("The Bubble", "Tehilim", "Une Jeunesse comme aucune autre"), "Les Méduses" est certainement le plus universel. D'ailleurs, les réalisateurs se sont attaché à éviter les plans larges permettant d'identifier les lieux de Tel Aviv où se déroule l'action. Il y a bien quelques répliques spécifiquement israéliennes, comme cet homme qui répond sombrement à sa mère amésique qui lui demande qui lui a fait cette marque au visage "Les Syriens", ou la remarque de Malka à propos du metteur en scène de sa fille "Qu'est-ce qu'un Arabe a à voir avec Shakespeare ?", ou encore l'amertune de Michaël qui répond à sa femme qui se moque de sa méconnaissance de l'orthographe hébreu "En russe, au moins, je ne fais pas de fautes..." ; mais les histoires de solitude et de mal-être qui nous sont racontées pourraient trouver lieu dans bien d'autres villes d'Europe ou d'Amérique.
Les réalisateurs tissent habilement la toile de ce film choral dans toute la première partie, à la fois poétique et par moment hyperréaliste. La seconde moitié se perd un peu dans un sentimentalisme appuyé, et la légèreté offerte par le rythme énergique et les fréquents changements de tonalité se dilue progressivement. Malgré cela, "Les Méduses", Caméra d'Or au dernier festival de Cannes, est un film intéressant, ses défauts n'étant que les scories d'une ambition absente de bien des films d'aujourd'hui.
Trois histoires distinctes mais qui par instants se rejoignent. Poétique et absurde mais pas toujours emballant, un manque de rythme et de passion dans la mise en scène.
Des tranches de vie racontée à Tel-Aviv au détour de rencontre qui vont se croiser. Ces personnages essentiellement féminins, dans leurs incompréhension et malaises, tout ce petit monde perdus dans leur solitude avance à la recherche d'une petite lueur d'espoir. Un film plutôt agréable à regarder, léger plein de sensibilité par moment onirique et poétique.
Ne devient pas cinéaste écrivain qui veut ! On avait déjà expérimenté la formule avec Paul Auster (quand il est seul à la baguette), on la retrouve avec Edgar Keret, excellent écrivain israélien, qui nous donne ici un premier film consternant. De la fausse poésie devant une caméra qui se traîne et un propos qui se perd... À oublier rapidement.
Petit film chorale sympathique relatant les existences de trois femmes à Tel Aviv. La réalisation est maitrisée mais le scénario manque d'envergure. C'est d'autant plus dommage que les actrices sont touchantes. La fin bien qu'émouvante laisse perplexe. Je suis resté sur ma faim...
un film simple, envoutant et poétique. on sourit beaucoup, on est ému parfois. les acteurs sont vraiment superbes. une invitation à la détente et à la réflexion. un film à conseiller
C'est avec un œil poétique que les réalisateurs ont voulu montrer Tel-Aviv comme ils la voyaient tout en voulant éviter les clichés sur cette ville et son histoire. A travers 3 histoires, on assiste à l'affrontement de problèmes existentiels que les personnages subissent, tels que le logement, le boulot, l'intégration des étrangers... choses que l'on voit tous les jours.
Un gentil film ! De jolis passages, quelques trouvailles mais il manque l'humour et l'émotion. On ne s'ennuie pas mais on ne s'attache pas non plus aux personnages, il manque donc quelque chose. Dommage.
Un bien beau film lent onirique avec des destins qui s'entremelent . Pas toujours facile à suivre mais prenant .Bien interpreté on se laisse porter par les histoires sur un fond de vie sociale israelienne dont la realité journaliére semble bien difficile .
Ce film est un peu "bordélique" et brouillon au premier abord. On arrive pas vraiment à suivre le fil. Je pense qu'il faut le voir plusieurs fois pour pouvoir l'apprécier.