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La sortie en salles des six réalisations de la vedette du cinéma japonais Kinuyo Tanaka permet au grand public de découvrir une filmographie inédite sous nos latitudes. " lettre d'amour" est chronologiquement son premier opus qui date de 1953. Quelques mots sur la réalisatrice : après une carrière d'actrice qui débuta lorsqu'elle avait 14 ans, elle devint une star à 19. Elle tourna avec tous les grands réalisateurs japonais ( 15 films notamment avec Mizoguchi ). Voulant devenir metteur en scène elle sollicita Mikio Naruse, dont elle fût l'assistante pour parfaire sa connaissance de la fabrication d'un film. Elle passa un an plus tard à la réalisation à 42 ans, avant d'être adoubée par la direction de compagnie de production, notamment grâce à une lettre de recommandation de nombreux réalisateurs. Mizoguchi ne la signa pas. Il semblerait que de ne pas avoir accepté de succomber aux avances du génie du cinéma japonais n'est pas étranger à cette absence d'appui de sa part. " lettre d'amour" décrit par petites touches, le climat qui règne au Japon pendant l'occupation américaine de l'après-guerre et sa domination qui durera jusqu'en 1956. On comprend le chômage, la condition des soldats revenus du front, le recours à la prostitution auprès des soldats américains pour survivre. Pour ce drame sur les quatre ou cinq ans d'amours perdus et de frustration , Tanaka propose une mise en scène fluide et simple qui s'appuie sur l'exceptionnel acteur Masayuki Mori et sur le scénario du réalisateur keisuke Kinoshita. Le film parle indirectement des femmes à travers les lettres qu'elles demandent à l'écrivain et traducteur public de rédiger pour elles à l'intention de leur amant américain qui est retourné dans son pays. Le film nous raconte l'histoire d'un militaire démobilisé qui revient à la vie civile. Il recherche son ancien amour qui s'était mariée avec un autre à l'occasion d'un mariage arrangé. Le thème du mariage arrangé est d'ailleurs présent dans plusieurs des six films réalisés par Tanaka. C'est un film exceptionnel, très voisin de l'univers de ceux de Naruse et du niveau des meilleurs films de ce réalisateur. Le film est absolument remarquable, même si la photo n'a rien d'exceptionnel. C'est un des meilleurs des six films de la réalisatrice. Celui-là ne le manquez pas, si vous êtes amateur de cinéma d'auteur et de l'âge d'or du cinéma Japonais. C'est une pépite !
ce film japonais réalisé par une femme Kinuyo Tanaka au début des années 50 souffre de quelques défauts, notamment le mode de jeu emprunté des acteurs qui n'est pas sans rappeler certains films français de la même époque, mais il ne manque pas d'intérêt. Il pose d'abord le problème de ces femmes japonaises ayant été séduites par des Gi pendant la période d'occupation qui a suivi la guerre, certaines s'étant prêtées au jeu par intérêt, d'autres peut-être par amour, comme ce fut le cas dans tout pays ayant été occupé, Femmes qui ont du mal à se réintégrer dans cette société japonaise en pleine mutation, mais aux codes sociaux et familiaux encore très présents. Le film traite aussi de l'orientation occidentale de la société japonaise d'après guerre ; tenues vestimentaires, magazines, automobiles et préfigure le Japon d 'aujourd'hui où modernité et tradition ont trouvé un point d'équilibre. Il y a bien sûr, servant de support narratif, cet amour contrarié et sans doute impossible entre les 2 amis d'enfance, lui ancien soldat-marin déprimé et qui devient écrivain publique et elle, mariée contre son gré à un homme par son père, veuve, puis ayant eu une aventure avec un américain (avec un doute sur le fait qu'elle ait ou non été prostituée). En arrière plan, Tokyo, tel qu'on le retrouve encore aujourd'hui, ses gares, ses ruelles, ses petits commerces, ses échoppes, ses parcs et jardins, la foule dans les rues et ses habitants qui veulent manifestement se tourner vers l'avenir.
La réalisation est assez lente, beaucoup de pans en contre-plongée et quelques jolies scènes de rue, ou le long des canaux, sous la pluie.
J'ai quand même préféré de la même réalisatrice, Mademoiselle Ogin, un film moyenâgeux en costumes d'époque.
La réalisation est assez lente, beaucoup de pans en contre-plongée et quelques jolies scènes de rue, ou le long des canaux, sous la pluie.
J'ai quand même préféré de la même réalisatrice, Mademoiselle Ogin, un film moyenâgeux en costumes d'époque.
Première réalisatrice japonaise d'importance, dès 1950, Kinuyo Tanaka commence à avoir une petite notoriété en Occident. Ce qui frappe dans Lettre d'amour, le premier de ses six longs-métrages, est la qualité de sa mise en scène, subtile et élégante. Le sujet du film, adapté par le grand Keisuke Kinoshita d'un roman populaire, évoque la situation de certaines femmes dans l'après-guerre, "fiancées" et délaissées par leurs amants américains. Malgré une nette tendance au mélodrame dans ses dernières minutes, Lettre d'amour est un film qui fait montre d'une pudeur de bon aloi. Certainement en-dessous du cinéma de Naruse mais d'une belle facture et qui donne envie de découvrir l'ensemble de la filmographie de réalisatrice de Tanaka.
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