« Dellamorte, Dellamore » est incontestablement le point d’orgue de la très restreinte filmographie de Michele Soavi qui depuis déjà un certain s'est résolument orienté vers la réalisation de séries télévisées. Ce quatrième long métrage est celui où sa personnalité artistique empreinte de poésie se fait enfin complètement jour. Jusque-là, Michele Soavi était considéré comme le disciple de Dario Argento dont il avait été l’assistant sur trois de ses films «(« Ténèbres », « Phénomena » et « Opéra ») . Le réalisateur alors au sommet du cinéma de genre italien avait clairement marqué de son empreinte en qualité de producteur mais aussi de scénariste « Sanctuaire » puis « La secte », intervenant même au montage. « Dellamorte, Dellamore » est scénarisé par Gianni Rampoli, déjà présent sur « La secte », à partir d’un roman de Tiziano Sciavi auteur de la bande dessinée « Dylan Dog ». A ce sujet, il est utile de signaler que le héros de la BD en question est le sosie parfait de Rupert Everett, l’acteur anglais choisi par Soavi pour interpréter le gardien du cimetière de la petite ville de Buffalora devant faire face à la lubie qui taraude spoiler: depuis quelque temps les cadavres qui se prennent à l’envie de sortir de leur sépulture. Dans l’endroit clos du petit cimetière , magnifiquement photographié par le chef opérateur Mauro Machetti, se joue une sorte de comédie horrifique comme on n’en n’avait encore jamais vue où se mêlent dans la spoiler: plus grande allégresse morts-vivants, nécrophilie, érotisme morbide, fantômes et démembrements. Aidé de son acolyte, sorte de colosse mal dégrossi, campé par François Hadji-Lazaro, le leader des Garçons Bouchers, Rupert Everett fait merveille en dandy décadent jouant de la gâchette pour faire que la pandémie de résurrections macabres reste circonscrite à son périmètre "naturel". Une balle en pleine tête calme heureusement les ardeurs cannibales de ces ressuscités tout de même un peu atones. Une tâche rébarbative que malgré un détachement exprimé judicieusement en voix-off, Francesco (Rupert Everett) prend très au sérieux. Michele Soavi particulièrement inspiré anime ce théâtre baroque en usant de références cinématographiques (George A. Romero, les films de la Hammer), littéraires (Lewis Carroll) et picturales ( « Les amants » de René Magritte, « L’île des morts d’Arnold Böcklin) jamais encombrantes ni utilisées mal à propos. Pour la touche sensuelle qui est un élément essentiel de l’atmosphère nimbant cette descente douce vers les affres de l’au-delà, Soavi ne pouvait trouver meilleure ambassadrice que la sublime Anna Falchi au summum de sa beauté. Certains pourront trouver le film un peu désaccordé sans véritable substance narrative mais la visée du réalisateur était sans doute toute autre misant essentiellement sur l’esthétique visuelle pour proposer au spectateur un voyage unique et onirique vers l’endroit d’où l’on ne revient pas. spoiler: Si ce voyage s’effectue en compagnie d'Anna Falchi, beaucoup seront volontaires.
«Dellamorte Dellamore» est bien plus qu’un simple film de zombies. Sous ses airs d'horror comedy absurde, il propose un véritable récit existentiel sur la solitude, la mort, l'amour et les cycles sans fin en nous offrant une figure forte rappelant en quelques sortes Ash dans «Evil Dead». Le cimetière est magnifique, gothique à souhait, presque hypnotique, et les scènes de nuit offrent une esthétique à la fois romantique et macabre rappelant, un peu, l'univers de Burton.
L’humour est très juste et fonctionne bien renforçant l'immersion en contradiction avec la mélancolie que semble ressentir le personnage principal.
Au fil de l'histoire, on perd peu à peu pied avec la réalité, à l’image de Francesco, dont l’existence semble enfermée dans une boucle sans début ni fin suivant une routine assez particulière. On peut trouver une certaine poésie dans les allégories intéressantes que nous propose ce film.
J'ai du mal à me décider quant à la note à attribuer à cette comédie (légèrement érotique) horrifique/zombie italienne. Finalement je trouve que c'est un bon film de série B qui casse les codes et plonge dans le surréalisme. Les décors et images sont belles (surtout avec le soleil) et la musique sympathique Le film est en fait adapté d'une bande-dessinée. L'actrice est plaisante. La relation/interaction entre les vivants et les zombies est plutôt particulière et inédite et n'est pas le sujet principal du film.
Une œuvre originale, mélangeant les genres habilement entre horreur, comédie et romantisme. Rupert est excellent dans son rôle de gardien et l’histoire tient la route. Juste la fin qui peut paraître étrange.
Une comédie gothico-macabre déjantée et super inventive mais très inégale, alternant scènes jubilatoires avec d’autres tellement grotesques. Gna ! 2,75
Ce film est tout simplement catastrophique... Ça n'est pas drôle une seule seconde et ni horrifique... Je met 1/5 car je suis généreux mais bon c'est vraiment ennuyeux du début à la fin ....
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0,5
Publiée le 23 mai 2020
Finalement j'ai regardé Dellamorte Dellamore qui avait été considéré comme un classique culte à petit budget, et c'est un désastre total. L'acteur a un détachement trop philosophique en tant que gardien de cimetière passant ses nuits à évoquer les morts-vivants récemment retournés dans l'au-delà. C'est clairement une histoire absurde, mais même ainsi l'humour a été bien géré dans l'environnement surréaliste et a gardé les choses de manière appropriée et coquine. Tout va bien jusqu'à la dernière demi-heure du film où l'histoire se fracture dans plusieurs directions à la fois et ne se ressemble a rien. Je ne sais pas ce que le scénariste pensait car ce qui aurait pu être un film de genre satisfaisant n'est que confus...
Entre film d'horreur, comédie et drame, Dellamorte Dellamore est un petit ovni cinématographique bien réussi. Au delà des attaques de zombies et de l'humour bien noir, c'est une véritable réflexion sur l'existence. L'ensemble est bien mis en scène, c'est bien joué, les musiques sont superbes et le scénario est pas mal construit.
Film curieux. Mi-comique, mi-épouvante, ou encore mi-fantastique. Ovni cinématographique. Alors certes des images très belles et bien léchées, qui quelques fois peuvent faire penser a "Delicatessen", dans un tout autre genre, cela dit, avec de jolis plans de caméras. Un Hadji Lazaro qui fait bonne figure. Mais sortie de cela, le film est assez plat et ennuyeux. Je m'attendais a mieux. Pas très captivant.
Un film de revenants daté, aux effets spéciaux chiches, et comique dans le second-degré, qui le fait souvent qualifier de "nanar attendrissant", mais qui pour ma part restera un coup de cœur pour son originalité, son côté romanesque et surtout romantique désabusé, et son final qui appelle à toutes les interprétations personnelles possibles. Vu une première fois en DVD (dans un bac planqué au fin fond de la médiathèque) et revu lors de la Nuit Zombies du Festival de Cinéma d'Alès (il était le dernier film de la nuit, à 6h du matin, soit le "Film Surprise" censé être un introuvable, pour vous dire la notoriété du film...), nous étions une petite cinquantaine de "survivants" à la nuit complète, et beaucoup n'ont pas aimé du tout. Un quitte-ou-double qui, je trouve, rend d'autant plus intéressant Dellamorte Dellamore. Ou on adore, ou on déteste, mais on ne reste pas insensible devant ces scènes de nécrophilie, de meurtres de revenants, de tueries d'infirmières comme un "shoot-them-all", de second-degré très cynique, d'un assistant qui ne sait dire qu'une syllabe ("Gna !") et joue avec une tête de revenante dont il est amoureux... Un film qui fleure bon les pages du roman italien dont il est tiré, qui possède des dizaines de références artistiques (ne seraient-ce que picturales avec Les Amants de Magritte lors du baiser dans l'ossuaire...), et dont la fin vous offre l'occasion de faire votre propre analyse en ne donnant pas de "bonne réponse", libre à vous de penser ce que vous voulez. Rupert Everett est brillant et torride dans cette adaptation romanesque qui fait très daté aujourd'hui, mais conserve bien sa poésie d'Eros et Thanatos.
Ce film est au cinéma une pierre discrète, et unique. Avec un jeu entre les genres cinématographique habile, tantôt au niveau des jeux d'acteurs tout bonnement fort, tantôt dans une mise en scène juste et à la fois décalée, le film garde en lui une identité qui lui est propre. Quelle étrangeté, et pourtant parfois, quelle pertinence, dans cette étrange fable métaphysique presque Shakespearienne. Le film, sur son dernier segment prend un sens philosophique très intéressant. Parlons composition des plans; un travail plastique symbolique absolument sublime, une mise en scène audacieuse, à la limite du "trop" certaines fois, nous laissant plus encore cette sensation d'étrangeté totale. La musique quand à elle est juste, dans l'atmosphère du film, appuyant, et habillant à merveille (selon les codes du film, changeant et originaux). Dire qu'elle à failli être composée par Tangerine Dream, ça aurait été magnifique... Les dialogues, eux aussi, sont tout bonnement excellent. Avec ce film, on ris, doute, on est surpris, on s’émerveille, mais surtout, on se questionne.
Ce "Dellamorte DellAmore" est un film plaisant à regarder, convaincant grâce à son inventivité dans l'élaboration de son univers et de ses personnages. Mais le métrage souffre d'évidentes maladresses, comme son récit décousu venant malmener la gestion du rythme, provoquant un ennui assez fréquent chez le spectateur. Cepedant la mise en scène de Soavi est très inspirée et agréable.
La richesse de l'univers : Bourré de codes totalement absurdes donnant du charme à l'oeuvre, "Dellamorte DellAmore" propose un véritable univers, qui immerge très facilement le spectateur. On s'aventure dans un endroit qui ressemble au notre, mais les habitudes délirantes et l'ambiance loufoque, donnent une sauce particulière à l'oeuvre, qui, évidemment intriguera le spectateur. Je pense que cet OVNI de Soavi propose avant tout une excurssion cinématographique forte, ce n'est pas le protagoniste Francesco (interprété par Ruppert Everet) qui est chamboulé par les étranges événements avec le spectateur qui assiste à ça, c'est le spectateur qui est chamboulé par les réactions et le comportement du protagoniste Francesco qui lui est aussi chamboulé par les étranges événements. D'ailleurs à propos des protagonistes, ils sont très dévellopés et assez interessants pour constituer un film leur étant consacré. Les personnages sont attachants, surtout Gnaghi, qui est bien plus qu'un Side Kick, c'est un vrai piont qui permet de faire avancer le récit, il met en valeur le héros Francesco mais constitue aussi un des plus importants atouts dans la psychologie de ce personnage principal... Il est nécessaire aussi dans la philosophie de l'oeuvre. Et Francesco, dont je fais référence depuis avant sans vraiment parler de lui individuellement, est un personnage foutrement bien élaboré, il apporte une vraie tonalité au film, tant son comportement centre l'oeuvre. En même temps, comment ne pas se focaliser sur un personnage autant décalé et original ?
La gestion catastrophique du rythme : C'est simple, avec ce "Dellamorte DellAmore", on peut passer d'une scène remarquablement bien mise en scène avec de vrais enjeux contribuant à l'évolution du récit (toutes les scènes entre Francesco et Elle) à un enchaînement pathéthique de séquences insignifiantes, vraiment vides de sens, tant elles ralentissent le récit. Et j'ai envie de dire que c'est évident, quand on sait que Michelle Soavi n'avait même pas une idée du résultat final de son oeuvre quand il l'a écrite, c'est à dire qu'il a créé au fur et à mesure du tournages les tournants et aboutissants de "Dellamorte DellAmore". Alors les inévitables conséquences sont celles-ci : Un récit décousu, qui ne sait malheureusement parfois pas où se diriger.
Un mise en scène inspirée : Le long-métrage bénificie tout de même d'une mise en scène inspirée avec beaucoup de plans iconiques, assez explicits, mais qui donnent une envergure différente à l'oeuvre, qui gagne en identité, tout ça créant une pâte particulière au film.
Malgré ce que je reproche au film, je le conseille quand même pour la richesse de son univers, que j'ai analysé dans la première partie de ma critique. J'estime important de voir des oeuvres comme celles-ci, tant elles regorgent d'inventivité et de bonnes volontés. À voir !
Un film de zombie comique, romantique et glauque qui se passe dans un grand cimetière. C'est très original et on rigole bien car les dialogues sont bien écrits et les deux personnages principaux sont hilarants et attachants, surtout Gnaghi le fossoyeur un peu attardé, il m'a fait beaucoup rire et on sent que l'acteur qui l'incarne a beaucoup de talent, il aurait facilement pu jouer un interné dans "Vol au dessus d'un nid de coucou". Je retiendrai surtout ça de ce film. Sinon, il est a réservé aux amateurs du genre car les effets spéciaux sont très mauvais pour l'époque et le côté barge du film fait que tout le monde ne peut pas aimer.