"Bethsabée", référence ronflante à un épisode biblique, est un mélodrame sentimental balourd dans une garnison française au Maroc.
On le voit arriver le mélo, gros comme une maison, lorsque la belle Arabella vient rejoindre à l'improviste son capitaine de fiancé et qu'elle revoit, funeste hasard, son ancien amant, capitaine lui aussi (Paul Meurisse). Ça se passe au Maroc mais c'est complètement indifférent, parce que c'est un décor de carte postale, passablement insignifiant. L'histoire pourrait se passée à Mourmelon ou à Lunéville que cela ne changerait rien à l'affaire.
Je ne connais pas le roman de Pierre Benoit mais il fait, devant la caméra de Leonide Moguy, un artificiel drame sentimental en milieu militaire. Le passé trouble d'Arabella- Danielle Darrieux, le cynisme et l'acrimonie du ténébreux capitaine Sommerville (Paul Meurisse, impavide, en fait beaucoup), l'obséquiosité et les bonnes manières du colonel (Jean Murat), sous le charme de la nouvelle venue, ouvrent la voie à un romanesque pompier et indigeste. J'oubliais : il y a aussi la fille du colonel, très jalouse.
Tout ça forme un psychodrame affecté et lisible que Moguy, dans la dernière partie interminable du film, dénoue pesamment, suivant une mise en scène maladroite et un pathétisme grotesque, hors d'âge.