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1,5
Publiée le 2 mars 2021
La tentative d'imbriquer ce qui est pour l'essentiel plusieurs histoires concurrentes ne se concrétise malheureusement pas et m'a laissé froid à la conclusion artificielle et décevante. Le point central concerne une policière tenace qui enfreint les règles pour faire tomber un criminel en col blanc alors que d'autres rencontres par exemple les gars de la boucherie qui divertissent certaines femmes un soir de fête ont tendance à passer au second plan. Il y a du contenu explicite par exemple le sexe et des personnages intéressants et le décor est surtout pittoresque pour un étranger (Milan). Mais le manque de continuité et de cohérence ne donne autre chose que des coïncidences superficielle et sans imagination qui m'ont laissé le sentiment d'être induit en erreur. Peut-être que s'il avait été possible de faire un long métrage ce film aurait eu un plus d'attrait...
Et Francesca elle a fait ce film, c'est très difficile à faire, un film politiquement engagé. Et sa caméra n'a pas été inspirée, hein. Mais c'est sympa. C'est normal que ce soit pas très bon parce qu'il y a trop de monde. Elle a été noyée, elle a voulu faire un film choral : il y a un banquier véreux, une ravissante femme flic, Valeria Golino, une 'catin' sublime... enfin il y a beaucoup trop de monde, alors on se mélange les pédales et c'est dommage parce que c'est sympa et honnête.
Encore un film aux histoires imbriquées. Plusieurs histoires qui se croisent et ont plus ou moins des liens entre elles sur fond d'histoires d’argent, surtout dans le monde de la finance à Milan et sur la maffia en cols blancs et notables ce qui semble être la gangrène principale de la société italienne au delà d’une maffia plus violente à la napolitaine. De bons acteurs, en particulier actrices, Valeria Golino et Laura Chiatti toujours aussi superbe. Hélas le film est austère, sombre, jusque dans les prises de vue et surtout manque cruellement de rythme jusqu'à le rendre ennuyeux d’autant que l’intrigue ne décolle jamais. Une histoire assez ordinaire, sans souffle, où finalement on apprécie le plus les vues de la ville de Milan. Moyen, très moyen.
Francesca Comencini (fille de Luigi) a ancré son histoire (ou plutôt ses histoires) à Milan, haut lieu de la banque et de la finance italiennes, pour mieux dépeindre une société gangrenée par l'argent roi. Des collusions entre homme d'affaires, politicien, oligarque et proxénète jusqu'aux problèmes concrets et quotidiens de citoyens lambda, elle évoque les tenants et aboutissants de pratiques financières peu orthodoxes, d'une course folle au profit, déshumanisante et sans morale. La réalisatrice italienne orchestre tout cela sur le mode du chassé-croisé de personnages, très à la mode dans les années 2000 (Iñárritu, Akin, Téchiné, Resnais...). En termes de style comme de considération sociopolitique, elle ne révolutionne pas grand-chose, mais son travail appliqué est assez convaincant et pas désagréable à regarder.
Ces dernières années, la mode est aux histoires imbriquées ; "Trois Enterrements", "Collision" ou "Babel" en sont les derniers exemples. Là où Gonzales Inarritu choisit de jouer sur le décalage dans le temps et l'espace, Francesca Comencini opte pour le déroulement chronologique et l'unité de lieu, dans un Milan qui nous est montré sous tous ses aspects, depuis les salons cossus et les boutiques de luxe jusqu'aux HLM et aux entrepôts périphériques.
Le principe narratif trouve ses limites dans la scène finale sur le parking de l'hôpital, où tous les protagonistes se retrouvent par un effet du hasard scénaristique bien peu crédible. En effet la faiblesse du film réside dans son scénario, plein de clichés et de personnages caricaturaux, dignes de "L'Instit" ou de "Joséphine Ange Gardien" : mafioso (russe, bien sûr), prostituée au grand coeur, brave père de famille dévoyé par l'argent facile : pas étonnant que Francesca Comencini fasse appel à Guiseppe Verdi, et particulièrement à La Traviata pour l'illustration musicale.
Le témoin que se passe tous ces relayeurs, c'est l'argent, sous toutes ses formes, pour tout acheter : l'exemplaire de Verdi de Vingt ans après, le silence d'un sous-fifre, même un bébé. Francesca Commencini a expliqué : "La question de départ (...) est : "quelle est la valeur de la vie dans un monde où le profit est l'unique moteur ?" (...) Cette question est nécessaire et inévitable car aujourd'hui comme jamais dans l'histoire des hommes, la pure et simple recherche du gain n'a été autant le moteur des actions humaines. Je trouve que c'est une situation qui fait peur, il est important d'y faire face. Je ne souhaite, ni à nous ni à nos enfants, de se retrouver dans un monde pareil."
L'intention est sympathique, renforcée par le choix de la ville de Berlusconi comme toile de fond, et parfois la réalisatrice touche juste. Mais souvent cela paraît assez superficiel. La faute peut-être au rythme du montage qui en tronçonnant l'action à l'excès ne lui laisse pas le temps de s'installer ; à moins que ce ne soit un effet pervers de la superbe photographie de Luca Bigazzi, le directeur de la photo de Giani Amelo et de Michele Placido ("Romanzo Criminale") dont la froideur des teintes renvoie trop à la sécheresse du traitement de l'histoire.
Francesca Comencini a abordé de nombreux sujets sur la société italienne contemporaine au travers de documentaires ; étonnamment, c'est un abus de construction fictionnelle qui brouille son propos, et qui empêche "A Casa Nostra" de figurer dans les réussites d'un cinéma transalpin en plein renouveau.
La fille du grand Luigi tourne peu. Essentiellement des documentaires. Et il y a incontestablement dans A Casa Nostra un aspect documentaire. A travers les parcours croisés d'une dizaine de personnages, elle dresse un constat implacable de ce qu'est devenue l'Italie : un pays où la corruption fait loi, où l'argent domine tous les échanges. On a parfois du mal à suivre toutes ces histoires (surtout au début où chaque séquence nous présente de nouveaux personnages, de nouvelles situations) et l'imbrication de ces destins individuels a un côté naturellement factice (mais nous sommes au cinéma, non ?) mais l'ensemble dégage une certaine force.
Ce n'est pas une histoire, mais des petites histoires avec des personnages dont les vies se croisent. Les acteurs jouent "vrai" et sans esbrouffe. Un très bon moment de cinéma...
Un film comme les italiens savent les faire : la vie, l'amour, la mort, en 1h40, avec ici un ingrédient supplémentaire : l'argent, principale obsession de tous les protagonistes dont on suit séparément les destins avant qu'ils ne se rejoignent dans une scène finale trop attendue et pas vraiment réussie. C'est un curieux film, on le suit d'un bout à l'autre avec plaisir, pourtant on attend toujours un petit quelque chose, un déclic...qui ne vient pas. "A Casa nostra" reste cependant très intéressant, peu flatteur pour l' Italie de et post-Berlusconi, et révèle notamment la splendide Laura Chiatti.
Un très bon film sans prétention qui nous plonge dans le destin de plusieurs personnes dont les routes se croisent et se recroisent. On suit volontiers nos personnages dans leur vie de tous les jours mais en même temps se dessine une enquête sur des affaires assez louches. Un film touchant, des acteurs très bons, un bon film sur la société italienne que j'ai adoréee!!!
Mal joué, mal réalisé, effets faciles, intrigues multiples au sens des non sens (sic), rien ne sauve ce film de la chute qu'il entreprend dès les premiers plans. Un téléfilm et encore...Dommage la base aurait pu être un socle solide mais tout du fond à la forme est neutre et abyssal dans cette oeuvre...
Après l'excellent "J'aime travailler", j'attendais beaucoup de ce nouveau film de Francesca Comencini. Cela suffit à expliquer une certaine déception face à un film dont le principal défaut réside dans la complexité du scénario, son côté confus. Comme toujours chez Francesca, la thèse est politique : partout, l'argent conduit le bal, la corruption règne. Seuls, quelques individus résistent, difficilement. Francesca Comencini a été profondément marquée par la période Berlusconi et le très léger mieux que connait actuellement l'Italie ne suffit pas, manifestement, à la rasséréner.