Palme d'or du dernier festival de Cannes, ce film sur un avortement dans la Roumanie du bloc de l'Est est dérangeant car réaliste. Cet avortement étant considéré comme un crime, nous suivons le parcours des deux protagonistes (la jeune fille enceinte et sa meilleure amie) pour réussir cet avortement dans la clandestinité. Nous assistons alors à tout ce que les pays derrière le rideau de fer pouvaient engendrer de pire, corruption, chantage, suspicion, ..., avec en prime, un long plan autour de l'embryon expulsé. Dommage que le rythme soit parfois un peu trop lent (abus de longs silences), car le film est très bien mené et est un bon témoignage de cette époque.
Le film aurait pu être interessant parce que, d'une part, l'avortement est un sujet délicat rarement traité au cinéma, et, d'autre part, c'est l'occasion de découvrir (ou peut-être redécouvrir?) le septième art roumain très peu diffusé dans nos salles obscures. En fin de compte, le seul atout de 4 MOIS 3 SEMAINES ET 2 JOURS est l'interprétation de ses deux actrices principales. Suite à une première partie captivante(même si l'on sait déjà ce qui s'y prépare), notamment grâce au "face à face" entre les deux étudiantes et cette pourriture de Mr Bébé, le spectateur voit défiler sous ses yeux une deuxième partie (à partir du dîner chez les parents du copain d'une des filles) ennuyeuse, lente et perdant du rythme; même l'image du foetus n'est pas assez frappante (en tout cas, pour un garçon ; ce qui est sans doute normal). De plus, il est regrettable que Cristian Miungu ne montre pas du tout les répercussions de cet avortement sur la vie de ces deux jeunes femmes, voire sur celle de l'"avorteur": c'est-à-dire que, ça y est, l'avortement étant terminé et les deux héroïnes décidant de ne plus parler de cette effroyable expérience, le générique de fin arrive et le film s'arrête là. La palme d'or semble avoir été volée ; Stephen Frears et son jury aurait pu l'offrir à des films comme PERSEPOLIS, par exemple.
Presque documentaire on ne peut nier le réalisme et le talent de l'équipe. Un film dure et bien tourné dans l'ensemble mais avec pas mal de petites erreurs... Le plan sur le foetus est d'un voyeurisme gratuit et inutile, le père est une vraie relation ou un violeur, l'oublie des papiers par "M. Bébé" n'est pas exploité et aurait-il du l'oublié ?!... L'émergence du cinéma roumain et le thème ont développé un politiquement correcte qui lui a offert une palme d'or non méritée. Les actrices sont parfaites et leurs jeux restent le vrai point fort du film.
Quelle déception que cette Palme d'Or ! Ca a été pour moi quasiment 2h de plein ennui, à remuer sur mon siège en attendant que cela se finisse. Des plans trop longs, une histoire peu approfondie, des personnages auxquels il est difficile de s'attacher... J'en suis ressortie avec l'impression d'avoir perdu mon temps... et mon argent...
Un très beau film avant tout sur l’amitié de deux étudiantes dans la Roumanie dictatoriale de la fin des années 80. Le sujet est fort, à la limite de l’insoutenable. La prise de position du cinéaste sur le sujet est claire. Ce qui pêche, c’est la mise en scène parfois prétentieuse qui essaie d’atteindre les frères Dardenne sans en avoir la grâce. On sort tout de même ému par ce film fort et dur.
Ce film nous prend aux trippes comme jamais, l'ambiance retranscrise est pesante, oppressante, stressante bref le film est quand même magnifique mais trés dur psychologiquement!
L'actrice principale (Anamaria Marinca) est excellente on vit ce drame avec elle, on à l'impression d'y être vraiment c'est ça qui fais que le film est totalement maitrisé.
Bref je pourrais encore continuer longtemps comme ça. En tout cas la palme d'or est merité bien que je n'ai pas vu tout les films en compétition...
Je m'attendait à un film plus pessimiste. Atention se film n'est cependant pas trés joyeux(à par peut étre la musique du générique de fin -seul musique du film- qui contraste bizarement, comme pour nous dire que ce que l'on a vue, ce n'est qu'un film. Réalisme pousser a l'extremme presque étouffant, de par la composition des plans o les bruitage, 4 mois, 3 semaines, 2 jours est une chronique de vie, oula caméras semble avoir été oublié par un voyeur, montrant des actrice qui joue si bien, que l'on n'oublie leur statue d'actrices justement. Une palme d'or méritée.
J’ai enfin réussi à voir le film du réalisateur roumain Cristian Mungiu. Dimanche après-midi, le crachin tombait dru sur Quimper : un temps idéal pour s’enfermer dans une salle obscure.
Tout au long du film, aussi, il y aura du gris. Gris plombé du ciel d'hiver qui enveloppe une Bucarest humide. Gris terne du quotidien de deux jeunes étudiantes qui partagent une chambre dans une cité universitaire. Gris pesant du régime Ceaucescu qui, avec sa bureaucratie omniprésente et sa corruption institutionnalisée, empoisonne la société roumaine. Gris sale des lâchetés masculines.
Le réalisme social de C. Mungiu est dans la veine des films du Décalogue de Kieslowski : rude et sans concession, jamais manichéen. Une caméra nerveuse et précise, des cadrages serrés souvent oppressants, une lumière naturelle rappellent le cinéma de Lars Von Trier, l'onirisme en moins. Mais c’est le jeu des acteurs (longs plans séquence) d'une humanité bouleversante qui donne son souffle au film. L'acariâtre réceptionniste d’hôtel, la contrôleuse de bus au regard suspicieux, les deux étudiantes, l'homme sans scrupules ... chaque personnage possède une étoffe tissée avec soin et précision par C. Mungiu. L'histoire simple et prenante est une fable amère et lucide sur la condition des femmes. Elle se passe dans la Roumanie de Ceaucescu en 1987, mais elle a, hélas, une portée universelle.
"4 mois, 3 semaines, 2 jours" est une Palme d'or d'un grand cru.
Magnifique. Ce film mérité sa palme d’or. Le scénario est de qualité et la longueur des plans permettent aux spectateurs de vivre les événements des personnages comme s’ils y étaient, en effet, la caméra est quasiment fixe tout le long du film, il n’y a aucun plan très court : 1 plan = 1 scène. Bravo au réalisateur pour ce film qui prouve encore une fois qu’un petit budget est possible pour faire un très bon film.
Film très dur autant dans son sujet (avortement illégal) que dans sa mise en scène. Scènes chocs, que du réel, le film fait mal. Avec des acteurs remarquables, 4 MOIS 3 SEMAINES 2 JOURS donne le vertige. Tantôt Caméra à l'épaule (donc maux de tête en sortant!), tantôt caméra posée nous laissant voir, succomber, ou nous écoeurer. Très noir, on sort de là sans trop savoir comment réagir, comment faire. Pas de moral (ce qui est assez troublant!); on a juste assisté à un instant d'une vie, vie qu'on veut aider mais que l'on voit passer. Le film fait travailler bien après sa fin. Déconseiller aux âmes sensibles.
Il y a quelquefois des Palmes d'Or chiantes. Il y a des Palmes d'Or grand public pleines de bons sentiments. Et il y a aussi des Palmes d'Or incontestées. C'est le cas de ce film roumain pour lequel la critique est unanime.
Ça se passe en 1987, deux ans avant la chute du mur de Berlin, et par voie de conséquence, celle de Ceaucescu. L'avortement est interdit, non pas sur des critères moraux, mais parce que le pays a besoin de main d'œuvre… Le recourt à l'avortement en est presque un acte de rébellion et de liberté face à la dictature.
Ça commence par une scène qui semble banale entre deux étudiantes dans un foyer. On devine que quelque chose se prépare et qu'elles vont devoir s'absenter quelques jours. La question est "le poisson rouge va-t-il tenir sans manger ?"
On comprend vite que la petite brune à l'allure presque enfantine, Gabita, va se faire avorter, et que la blonde un peu plus masculine, Ottila, va l'aider et la soutenir dans cette épreuve. Elles vont rencontrer Monsieur Bebe, conseillé par une copine…
C'est un film âpre, difficile, sans esbrouffe, sans fioriture. On est à 100.000 lieux d'hollywood, davantage dans le néo-réalisme italien que dans le sirupeux.
Tourné en longs plans séquences, quasiment en temps réel, sans musique, dans une lumière grise, le film nous plonge avec ses héroïnes dans une existence du chacun pour soi, de démerde, de corruption. L'absence de liberté vous oblige à agir seul lorsqu'il s'agit de prendre des décisions graves.
C'est un film sur l'engagement, l'amitié, la fidélité. Ottila a décidé d'aider Gabita. Elle fera tout ce qu'il faut faire pour respecter sa parole, même ce qu'elle n'aurait jamais pu imaginer.
C'est aussi un film sur les petits, ceux qui ne sont rien ou qui sont fragilisés par telle ou telle situation. Un film sur ceux qui ont le pouvoir sur ces petits (qui sont d'ailleurs bien souvent juste au-dessus et petits eux-mêmes).
Un très beau film donc, difficile mais puissant, avec deux a