Pour son second long-métrage, Cristian Mungiu nous fait revivre le communisme des années 80, en pleine Roumanie, celle de Ceaucescu. Le film démarre dans la chambre de deux étudiantes, elle termine leur conversation. On ne sait pas de quoi il s’agit (sauf après lecture du synopsis). Dès le début du film, on est happé par leur discutions, leurs occupations et leurs préoccupations. On se demande ce qu’elles peuvent bien préparer. Le réalisateur laisse volontairement planer le mystère, tant le thème principal est tellement inacceptable (pour l’époque !). La camera s’évade, suit l’une des deux filles rencontrée un peu plutôt. On découvre une Roumanie vieillie, usée, sale, glauque et où la liberté est quasi interdite. Plus tard, on les retrouve dans un hôtel accompagnée d’un médecin. Que mijotent-elles ? L’une d’elle est là pour se faire avorter. Un acte répréhensible d’une lourde peine de prison. Pourtant, elles braveront les interdits et les dangers qui les guettent, afin de parvenir à leurs fins. Cristian Mungiu signe ici une œuvre qui vous glace le sang, il retranscrit à merveille une époque où la notion de liberté n’existe pas. A l’aide de longs plans séquences, d’un scénario brillant et des actrices vibrantes, il nous prouve une seule chose, que le cinéma Roumain est bel et bien entrain de renaître de ces cendres (après quelques années noires), et remporte haut la main la Palme d’Or de ce 60ème Festival de Cannes !
Tout simplement grandiose!Un film noir qui pointe du doigt les risques d'un avortement prononcé dans l'illégalite!Un film, parfois peu nuancé surtout pour l'image donnée aux hommes, mais dont la portée est unniverselle.En effet,il s'adresse à tous et heurte profondément le spectateur qui assiste impuissant aux abus d'un homme sur des femmes en détresse fuyant clandestinement la honte.Les jeunes actrices nous offrent une interpretation splendide des personnages,entre courage et fragilité,panique et inconscience,un jeu fin et poignant,une souffrance mesurée,les actrices victimes de la tragédie de leur condition féminine dans un monde où elles n'ont jamais eu si peu de place.Ainsi,le réalisateur plonge le spectateur dans l'unnivers noir d'une société sans droit où la clandestinité conduit aux faits les plus sordides,le malaise dure presque deux heures,un crescendo impitoyable toisé de plans fixes et longs qui s'aggrippent aux maux des personnages,une caméra qui cible le mal et qui finit par distinguer le monde des femmes et le monde des hommes,des dialogues brisants ramenés sous forme de monologues avec une caméra qui ne cible qu'un personnage sur les deux qui parlent invitant le spectateur à s'introdure dans cette histoire sordide,voyeur de la solitude de chaque personnage enfermé dans son désespoir.Un silence accablant dans un décors chaotique qui met en scène le secret de la honte entre deux amies.A noter le clin d'oeil à bergman dans la scène finale.Une palme d'or amplement méritée!
Attendez vous à ne pas resortir tous joyeux de la salle voila ce qu'on m'avait annoncé et bein franchement en sortant j'ai rigolée avec mes amis car c'est le film le plus nul que j'ai vu au cinéma...je comprend pour pourquoi ce film a eu la palme d'or franchement faudrait m'expliquer !!!!!!!Je ne conseille pas de le voir
C'est un film sur une fille un peu cruche qui veut avorter dans la Roumanie de Ceaucescu. Malheureusement, une fois qu'on a dit ça, il n'y a pas grand'chose à rajouter pour avoir l'intégralité de l'intrigue jusque dans ses détails... Ambiance tendue bien rendue quand même, la Roumanie des années 80 est présentée de manière on-ne-peut-plus sordide, d'ailleurs il n'y a jamais un rayon de soleil sur Bucarest... Cette tension ne passe pas la moitié du flim, hélas... un peu décevant pour une palme d'or.
Partagé...partagé par ce film qui ne laisse pas indiférent et dont les qualités en sont aussi les défauts à mon gout. Certes la réalisation en (presque ) temps réel à l'avantage de retranscrire au plus prés l'émotion, le malaise et la tension qui traverse le film. Mais les plans fixes finissent par êtres longs et le film en devient trop épuré.
Récemment j'ai vu "Caramel"...1er constat: il est aussi difficile pour une chrétienne libanaise de réserver une chambre d'hotel de nos jours , que pour une étudiante roumaine il y a vingt ans sous Ceaucescu. j'ai vu aussi "12h08 à l'est de Bucarest"...2ème constat : question environnement urbain ,ça s'est pas arrangé en Roumanie.. Mr Bébé : plus bizarre que sordide..
Après le banal « le vent se lève » on pouvait légitimement craindre que la palme d’or ne soit plus synonyme d’originalité mais de conformisme. Et cette histoire d’avortement dans la roumanie de Ceaucescu était la porte ouverte à n’importe quel film, d’emblée on savait donc que le traitement serait la clé de sa réussite, ou pas. En privilégiant le drame à la pompeuse leçon d’histoire Cristian Mungiu ne sait pas trompé car il pouvait représenter en fond la répression et la misère tout en créant une véritable intensité vis-à-vis a de ses personnages. La tension monte crecsendo jusqu’au final tellement immersif que les émotions de l’héroïne sont palpables (en partie grâce au jeu habité de l’actrice Anamaria Marinca). L’ambiance est aussi poisseuse qu’ irréelle, flirtant par moment presque avec le fantastique, créé par une mise en scène réellement inspirée. Si certains détails du scénario peuvent agacer (féminisme rampant) il n’en demeure pas moins juste (scène du dîner et on peut sans problème parler de révélation.
Je ne comprends pas ceux qui ont donné la palme d'or à ce film. Il ne présente absolument aucun intérêt si ce n'est de montrer le retard qu'avait la Roumanie en 1987. A part ça ? Absolument rien, excepté des plans séquence de 4 minutes avec quelqu'un qui gravit des marches dans le noir, des plans fixes de 5 minutes sur une chambre d'hôtel glauque ou sur les deux protagonistes qui se regardent dans le blanc des yeux en attendant leur repas. Le scénario tient sur un ticket de métro, le jeu des acteurs est faible, l'ambiance affreuse (mais c'est normal vu le scénario), enfin bref un des pires films de toute ma vie. J'ai perdu 1h30 de ma vie.
La Palme d'Or du 60 ème Festival de Cannes semble au départ nous renvoyer aux victoires consécutives des films sur les malheurs de la vie des pauvres qui font frémir les riches stars, dont les Dardenne ou Brunot Dumont se font les pourvoyeurs. Pourtant, 4 mois, 3 semaines et 2 jours se veut radicalement différent, aussi bien dans l'approche de son sujet que sur sa forme cinématographique. La mise en scène de Cristian Mingiu, par ces très longs plans séquences, instaure un malaise continu dans cette Roumanie d'il y a vingt sans étrangement familière et pourtant si étrangère. L'angoisse monte peu à peu et attend son comble dans la séquence pré-finale où Otilia cherche désespérement un endroit où jeter le foetus. Aucun moment d'apaisement, même quand Otilia va retrouver son petit ami et sa famille, séquences qui se devraient d'être rassurantes et qui ne font qu'accentuer le malaise de la jeune étudiante qui s'inquiète pour son amie, enfermée seule dans une chambre d'hôtel avec le risque de fort saignements meurtriers. La photographie est beaucoup plus travaillée qu'au premier abord (les nuances sur les couleurs vives au départ, le noir très esthétique de la fin) et l'interprétation est sans aucune faille, avec une mention spéciale à la lumineuse Anamaria Marinca. Et pourtant, malgré tout le sordide et la terreur exposés, 4 mois, 3 semaines et 2 jours n'est pas un film pessismiste. Il y a une lueur d'espoir dans ces deux jeunes filles perdues qui ont de la chance, il va sans dire, mais qui sortiront fortifiées de cette douloureuse épreuve. Un film dur et fort, répugnant au départ mais puissamment salvateur, comme un remède nauséabond mais efficace. A voir absolument.
bon la palme d'or de canne a été vu.. pas vraiment satisfait..certains passage du film caméra épaule nous plonge dans le réalisme du film..un film qui porte plus sur la condition de la femme en roumanie plutot que sur l'avortement.. beaucoup de questions peuvent etre posées.. A quoi va servir le couteau? otilia est elle enceinte ? pourquoi la toile ciré ? monsieur bébé ? pourqoi le medecin s'efface du film comme sa ? voila sorti du cinéma très mal a l'aise..dommage.. palme mérité ?
On aimerait que tous les ans la palme d'or soit un chef d'oeuvre.... le meilleur film de l'année. On est déçu cette année encore. Bien sur la caméra de Christian Mungiu sait magnifier ces images d'une époque révolue de la Roumanie communiste. Mais traiter à la fois ce sujet difficile et y ajouter celui de l'avortement n'est il pas risquer un empilement scabreux et peut etre un peu trop haut pour lui ? Malgré 20 ans de recul, l'évocation de la dictature semble demeurer un écueil insurmontable pour le cinéma roumain. Quant à l'avortement.... Mungiu revendique un film qui invite à réfléchir sur une époque où avorter était un acte politique... Oui mais, la désormais célèbre scène du foetus appuie douloureusement la où cela fait mal, et le propos du cinéaste en sortirait peut-être grandi s'il n'était pas lui même ouvertement anti-avortement. Un film courageux... à voir si on a du courage.
Un film d'une honnête et authentique neutralité, qui soulève des questions aussi graves que peut le suggérer l'atmosphère tendues de ces deux heures d'angoisse.