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al111
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5,0
Publiée le 1 septembre 2007
A défaut d’école roumaine de cinéma, ou de nouvelle vague venue de l’est, il y a bien du côté de Bucarest, une inspiration commune qui puise ses sujets dans la misère sociale. Entre cette hallucinante description du calvaire de deux jeunes filles pour que l’une d’elle puisse avorter, et le non moins hallucinant voyage de Dante Lazarescu vers sa mort programmée, il y a eu la révolution contre le régime de Ceausescu. Celle-ci paraît avoir apporté un indéniable progrès matériel, mais en ce qui concerne les rapports humains, rien ne semble avoir changé. Pour parler du film de Mungiu, palme d’or à Cannes, il faut réussir à prendre un certain recul, un peu de détachement. La force profonde du film le permet difficilement. Techniquement, c’est d’une très grande précision, cadré en CinémaScope, permettant des plans larges immobiles ou presque, d’une froideur grise oppressante, alternant avec des instants caméra à l’épaule qui donnent une impression d’urgence, d'affolement, de nervosité extrême. Les longs plans-séquences, virtuoses, enferment le spectateur dans l’action, on ne peut qu’être happé par le récit. Le personnage d’Ottila, littéralement habité par l’actrice Anamaria Marinca, présente à l’image presque de façon continuelle, est absolument hypnotisant. On a peur comme elle, on court, on marche, on souffre comme elle, on finit par respirer comme elle. Ce personnage, fort et fragile, splendide d’obstination et de volonté, parvient à rendre le film universel, ce n’est plus seulement une histoire roumaine du temps de la dictature, c’est aussi celle d’une lutte constante et désespérée de la part d’une jeune fille à l'intérieur de la société des hommes. Lourde, dense, marquante, 4 mois, 3 semaines, 2 jours est l’une de ces oeuvres qui vous laisse sans voix, comme anéanti. Le cinéma, lorsqu’il est porté par une telle force, a le pouvoir de changer (un peu) le monde. Longue vie à Ottila...
Au delà de son sujet sensible, un avortement clandestin dans la Roumanie privée de liberté de Ceausescu, le film de Christian Mungiu est avant tout une remarquable réussite formelle. Il allie de longs plans fixes, dont le plus symptomatique est à mon avis celui de la jeune fille attablée chez la famille de son fiancé, à des scènes beaucoup plus hachées, souvent situées en exterieur, à chaque fois qu'un certain danger se fait sentir. Au jeu parfait des deux actrices principales de cette sombre histoire, il faut ajouter un scénario qui évite toute scène inutile et qui est suffisemment bien ordonné pour qu'aucune longeur ne vienne s'y insérer. Toute scène inutile, oui, toute scène qui par exemple ferait tomber le film dans le pathos. Par ailleurs, la scène finale est particulièrement réussie. Pour exprimer la détresse, le bref regard caméra de celle que nous avons vu subir des moments particulièrement difficiles, de fortes tensions, est coupé net par le générique final. Cette astuce permet d'ancrer ce scénario fictif dans la réalité roumaine pas si lointaine et a force de témoignage.
4 mois, 3 semaines, 2 jours raconte l’histoire d’un avortement clandestin en Roumanie à la fin du régime Ceausescu, période où cet acte était interdit. Une jeune étudiante Gabita, soutenue par son amie Ottila fait appel à un avorteur pour mettre à terme une grossesse qu’elle n’a pas désirée mais l’homme abusera d’Ottila avant d’accomplir sa besogne. Les 2 jeunes femmes en sortiront profondément traumatisées. Plutôt un plaidoyer pour un avortement légal et médicalisé, le film laisse un champ ouvert sur la question et va jusqu’au bout de son sujet avec des séquences difficiles à soutenir. La tension du récit, le désespoir et la force du lien des 2 jeunes femmes sont très bien retranscris dans un monde totalitaire où la gente masculine apparaît comme très conne. Nul doute, 4 mois, 3 semaines, 2 jours peut déranger mais le choix radical du réalisateur a payé puisque le film à juste titre s’est hissé à la première place du palmarès cannois.
J'ai été le voir hier et concernant la palme d'or je m'attendait à une presque perfection, ce qui n'ai pas le cas. Je mets 3 étoiles car ce film est très très bien réalisé, on ressent vraiment une émotion dans le choix du cadrage (même si le plan où il fait noir sont assez mal utilisés). Le thème peut paraître banal et répétitif mais nul ne l'a aussi bien montré et ce sans tomber dans le pitoyable. Beau, émouvant, a voir, a retenir. Mais d'autres films auraient mérités cette palme.
Roumanie 1987 -chaucsheschu.Une fille,Gabita,a fait des bétises.Elle est enceinte.Elle demande à sa copine de l'aider.Cette dernière accepte...Ca dure deux heures. Au bout d'une heure, les deux filles sont dans une chambre avec le mec qui va faire avorter.On apprend que Gabita a menti sur sa grosesse et sur beaucoup d'autres choses.Donc, le médecin pas content précise qu'il a une femme et des enfants mais il va les aider que si la copine de gabita baise à défaut d'argent de ses dernières(logique). A part ça, on a aussi le droit à un gros plan sur le foetus à la fin,la caméra bouge dans tous les sens, c'est filmé dans le noir. Il s'ensuit que le film choque et fais flippé plus qu'il instruit sans oublier la fin qui laisse vraiment à désirer et les longs arrêts sur images. Dommage ça partez d'une bonne idée. Palme d'or mes fesses.Quel joli choix Stefen Frears.
Forcément, une palme d'or, on en attends un peu plus que de n'importe quel film (sauf quand il s'agit de palmes de copinage ou autre à la Fahrenheit, mais c'est une autre histoire...). Et bien l'attente était tout à fait justifiée pour ce film de Cristian Mungiu. Le film nous présente deux amis, Otilia et Gabita, dans la Roumanie de Ceauşescu alors que l'une des deux, Gabita, veux se faire avorter. Le film ne vas pas suivre Gabita mais Otilia, qui va s'occuper de tout pour l'avortement, avortement interdit dans la Roumanie communiste. Bien loin de prendre parti pour ou contre l'avortement, Mungiu présente la difficulté de pouvoir se faire avorter, et ce en filmant entièrement en steady cam dans une ambiance particulièrement oppressante. Tout au long du film, Otilia va aller de difficultés en difficultés pour que l'avortement de Gabita s'effectue, alors que cette dernière se révèle pour le moins passive. Filmé avec une très grande force, le film est très dur, dans le thème évidemment mais également dans les images. La scène, d'une quarantaine de seconde est dur, mais c'est surtout les courses de Otilia en pleine nuit dans les rues Roumaine, avec une caméra tremblante, qui sont très dur. On a également droit à un plan séquence d'à peine moins de 10 minutes (!) lors d'un repas d'Otilia chez ses beaux parents très intense, et montrant bien la lutte des générations roumaine. Le film nous présente la vue du réalisateur sur la Roumanie de cette époque, un peu à la manière de 12h08 à l'est de Bucarest de façon très dure, mais particulièrement réussie. Une palme d'or à ajouter à sa vidéothèque sans aucun doutes.
bon film, je lui met 3 étoiles car pour un film de ce genre, il pourrait être mieux. il y a des magnifiques plans, on ressent très bien le côté glauque du contexte et de chaque situation, mais il manque quelque chose. je reste sur ma fin, je m'attendais à mieux, cela reste plat. je n'aurais pas donné la palme d'or, d'autres le méritent surement plus, malgré l'importance du sujet traité. j'ai par ailleurs adoré la manière dont le film se termine, je trouve quelle fonctionne bien avec le film.
Tout est si brutal, choquant, prenant, mais pourtant frappant de lucidité et de simplicité...Les plans parfaits qui donnent l'impression d'etre dans la piece et dans les pensées des antagonistes, le choc des pensées plutot que des images. C'est comme si rien ne s'interposait plus entre le spectateur et la situation qui parait tellement reelle.
Comment lutter contre la vindict populaire? Chef d'oeuvre aux yeux de bons nombres avant même sa sorties, auréolé d'une palme d'or, la négation ou la remise en cause des qualités du films apparaîssent soudain comme une mauvaises plaisanterie. En lui même, bien sur que le film est important, au sujet loin d'être banal puisque si la loi protège aujourd'hui les femmes, rien ne protège la loi. Mais on ne peut s'empêcher de regretter la tendance parfois caricaturale des films d'auteurs, à filmer l'intime de manière minimaliste et pour ainsi dire ennuyeuse. L'art du plan séquence n'en est plus un lorsque la caméra se pose. La réalisation cède sa place à la mise en scène et à la virtuosité d'écriture. Seulement voilà, le recours récurent à cet artifice, affaiblis le propos, comme l'image et surtout renvoie trop souvent à un cinéma héritié des Pialats ou d'une nouvelle vague épuisée. Pourtant, la récompense n'est pas surprenante, ni volée, elle est simplement regretable car au final, c'est bel et bien un cinéma académique et passé qu'on salut, au détriments de la nouveauté et des chansons d'amour de Christophe Honoré.
Un film fort qui relève, par moment du documentaire. Les quelques longueurs ne gâchent pas l'émotion du spectateur, témoin voyeur et incrédule de la vie ou survie de ces deux jeunes femmes dans la Roumanie de la fin du vingtième siècle. Une curiosité cinématographique...
Longtemps après sa vision, ce film continue de nous hanter. C'est cela le cinéma... il nous imprègne de façon indélébile. Et ce film me marquera longtemps, très longtemps...
je viens de faire 3/4 d'heure de route, plus le parking et l'autoroute pour voir ce film
Sincèrement, je ne comprends pas sur quoi se base le jury des prix pour décerner un titre à pareille déchet. Désolé, je trouve cela très très mauvais. Pas de dialogues, pas d'histoires, pas de tensions, pas d'émotions, rien !! Vous resortez du ciné les yeux vides, et aussi pauvre qu'à votre arrivée
la forme : cette façon de filmer a déjà été récompensée plusieurs fois à Cannes par une palme d'Or (Elephant, Rosetta, L'Enfant). Le fond : Le sujet (avortement clandestin) a déjà été traité plusieurs fois au cinéma (Une affaire de femme, Vera Drake). Et le lieu et l'époque choisis (1987 en Roumanie) n'apportent rien de nouveau. Au final : un film où, malgré tout, le suspens demeure jusqu'au bout. Et la psychologie du personnage principal est très fouillée.
Ce serait mentir que de dire que "4 mois,3 semaines,2 jours" est en tous points mauvais.Car oui,Anamaria Marinca est grandiose.Oui,le parti pris de mise en scène en plans-séquences donne sa part de réalisme.Et oui,ces plans-séquences sont eux-mêmes magnifiquement réalisés.Il y a un montage tendu aussi,qui confère au film une certaine tension.Mais au-delà de ses qualités techniques et de ses innombrables longueurs dès la deuxième partie (on pourrait délimiter le film en 7 chapitres : mise en place-rencontre-négociation-avortement-attente-invitation-foetus,qui sont les seules scènes-clés du film,pour ne pas dire que le film est constitué en 7 plans-séquences!),le film de Cristian Mungiu pose problème.Prétextant un devoir de mémoire face à ces femmes (mortes par millier),il en tire une oeuvre sèche et franchement aussi douteuse moralement qu'humainement.Etant donné que le sujet touchera un bon nombre de la population (Européenne,et sûrement encore plus roumaine),et que Mungiu s'en doute largement,son film a un aspect presque commercial,qui ne colle absolument pas,et c'est logique,avec son sujet.Pendant 1h50,sa caméra colle au mal-être de ces jeunes femmes,et non pas les femmes en elles-même.Nous ne sommes alors que les témoins d'un drame ordinaire (lors de cette époque du moins),et c'est là que le film bascule dans le voyeurisme.On contemple leur douleur,sans pouvoir s'attacher aux personnages,d'une raideur désincarnée.Liés aux décors grisâtres et aux visages austère d'une Roumanie en pleine destruction,"4 mois,3 semaines,2 jours" vire au glauque.Au malsain.Puis même au misérabilisme,lors de cette scène inconcevable avec monsieur Bébé,dont on sent la domination masculine;les deux jeunes femmes sont alors traitées,filmées comme des potiches irresponsables,alors que,pendant le reste du film,sans homme ou presque,on pourrait à la rigueur s'attacher à leur courage.Dès que l'homme est dans le cadre,les yeux des femmes sont tristes,plaintifs,à l'image d'un film qui,mine de r
le sujet traité est grave et interessant au regard de la période et du contexte dans lesquels se passent les faits racontés. Toutefois j'ai été assez déçu et n'ai pas accroché, trouvant le film lourd voire glauque et ennuyeux. Je ne comprends décidément pas toujours les critères d'attribution des Palmes d'Or de Cannes. J'ai vu des films très nettement supérieurs avec des récompenses moins prestigieuses. Peut-être faut-il être un critique professionnel "averti" pour apprécier ce genre d'exercice cinématographique.