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cristal
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1,0
Publiée le 4 septembre 2008
Qu'est-ce qui peut bien animer Manoel De Oliveira? Dans cette histoire nébuleuse à travers les âges d'un mythe invisible, le cadre dominant ne semble répondre qu'à une seule chose : l'architecture. Parsemé de courbes, d'éclairages en symétrie, de décors ou de détails qui forment l'unité du temps et de la séquence, le cinéaste portugais mène ses personnages au bord d'un timing étroit, répondant aux strictes normes de la construction en reflets. La symétrie se joue à la fois physiquement et cérébralement, puisque l'assemblage de plans eux-mêmes finissent par se compléter. Mais à partir de cette mise en scène, était-il vraiment nécessaire de perdre le spectateur dans des dédales d'instants dont on ne sait jamais s'ils creusent l'infini ou l'infime? A partir de l'immobilité de la caméra, Oliveira condamne ses personnages à ne pas vivre. Le montage insisté et hiératique imprime un hors-temps trouble et fascinant, quoique figeant souvent le film à une simple photo nostalgique tant les parti pris radicaux (dont l'apparition inattendue et binaire d'une femme vêtue des couleurs du drapeau portugais) alourdissent toute tentative d'intériorisation émotionnelle. En résulte une oeuvre mystique, au fond des temps, marquée par des empreintes d'amour. C'est la beauté du film : retranscrire l'attachement que l'on porte à un pays. Sa faiblesse, par contre, est d'avoir voulu l'abstraire pour lui donner une complexité qui, finalement, ne s'élève pas plus haut qu'une douce naïveté de cinéma.