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lucile75
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1,0
Publiée le 8 février 2009
Un peu ennuyeux à la longue, toujours un peu la même chose, mais assez émouvant tout de même. Est-ce-que ça vaut vraiment le coup d'aller au cinéma pour voir ce documentaire? Telle est la question!
On ressent quelquechose de malsain pendant la projetion de ce film de S.Bonnaire sur sa soeur S.Bonnaire, sans qu'il y ait pour antant de réelle puissance émotive. Le sujet aurait pu être beaucoup mieux traité.
Une terrible histoire, qui malheureusement peut être commune. Basée sur deux moments : avant l'hospitalisation en psychiatrie, Sabine est une jeune fille vive, éveillée, certes à problèmes (c'est ce qui est dit mais ne se voit pas tant à l'image), et après le traitement psychiatrique, une jeune femme aux facultés profondément altérées, encore assommée par une administration massive de tranquilisants. Même si l'environnement est très différent de celui, carcéral, du milieu psychiatrique, elle ne revient pas à un état comme avant. Pourtant, quand elle regarde les images de son voyage aux USA, elle pleure, de joie dit-elle, devant ces souvenirs d'un temps révolu. Elle est encore celle qu'elle fut, tout n'est pas perdu. Peut-être en évoquant le lien avec sa personnalité d'avant, par le rappel de souvenirs de bons moments auxquels elle semble être sensible, elle peut reprendre une réalité qui semblait perdue. Ceux qui sont atteint de ce problème vivent avec un sentiment d'insécurité prononcée. Pas très différent de nous tous, on a tous peur de perdre ceux qu'on aime, une perte peut faire perdre tous ses repères à n'importe qui. Et assommer quelqu'un avec des médicaments, l'attacher comme une bête, ne peut qu'en faire une bête. Et pourtant Sabine est restée humaine. Mais pourquoi l'avoir laissée 5 ans ? A-t-il fallu 5 ans pour se rendre compte qu'elle se dégradait ? Et je ne ne parle pas des médecins qui l'ont traitée. Ils se gardent bien d'apparaître. Le psychanalyste Bruno Bettelheim disait de l'institution psychiatrique qu'elle était la honte de l'humanité et la comparait à l'univers concentrationnaire. Et merci pour ce film, peut-être aidera-t-il à vaincre cette barbarie tapie, cet ogre qui attend ceux qui dérapent.
Un documentaire poignant que j'ai suivi les yeux embués de larmes. Sandrine témoigne à coeur ouvert avec nostalgie de l'image de sa soeur Sabine, avant et après, son internement en hopital psychiatrique. La beauté et les aptitudes de sa soeur qui ont été altérés par les traitements abusifs de psychotropes et autres méthodes inhumaines. Comment peut-on, aujourd'hui, trahir les gens et les transformer d'un être humain avec un problème en un zombi qui s'abreuve de médocs. Le courage, le cran et surtout l'amour de Sandrine pour sa soeur Sabine traverse la pellicule avec beucoup de pudeur. Bravo !!! merci.
Un documentaire parfait sur tous les points. Sandrine Bonnaire maitrise les codes du cinéma et manie la caméra à la perfection, elle joue sur la corde sensible sans jamais chercher à faire "pleurer la ménagère". Elle ponctue son récit poignant d'interventions de spécialistes, ça aurait pu être un banal docu sur la vie d'une autiste mais c'est plus que ça, elle humanise sa soeur, elle laisse le spectateur pantois. A voir absolument !
Bouleversant. Un cri d'amour qui vous prend aux tripes, et d'une émotion vraie. Formellement, c'est l'un des plus beaux documentaires intimistes du cinéma. Bravo !
Grâce à "Elle s'appelle Sabine", le documentaire retrouve une beauté qui jusque-là disparaissait peu à peu. Ici, la Sabine du titre est une autiste, soeur de Sandrine Bonnaire, qui, courageusement, la filme aujourd'hui et hier pour montrer la destruction qu'une structure inadaptée aux personnes comprenant des handicaps mentaux a engendrée. "Elle s'appelle Sabine" est tordant, bouleversant, proche de la perfection quand, en une image d'archive, il (elle) nous montre une jeune fille belle, vivante, pleinement consciente, savourant encore les bienfaits de la jeunesse. Alors qu'une minute après, Sandrine Bonnaire nous montre de face une femme métamorphosée, presque droguée de médicaments qui pourtant la soulage, marquée par les années d'effondrement psychologique et physique. Dans un corps qu'elle semble refuser, qui ne semble même pas lui appartenir, Sabine crie son amour pour sa soeur, notamment lors de ses quasi-obsessionnels : "Sandrine, c'est promis, tu viendras me voir demain?". Ce lien indestructible de l'amour entre une soeur emprisonnée et une soeur témoin, Sandrine Bonnaire essaye de le transmettre avec pureté à l'écran, et surtout, accuse les structures médicales et l'absurdité de leurs traitements miracles. Alors oui, le projet est noble et beau, mais malheureusement, au-delà de quatre images d'archives qui de leur brillance humaine font saturer la pellicule, "Elle s'appelle Sabine" peine à convaincre. Et cela pour deux raisons : la première, c'est qu'à vouloir parler d'une page personnelle tout en visant l'universel (le film ne se focalise pas toujours sur Sandrine, mais aussi sur d'autres victimes d'handicaps vivant dans la même structure que Sabine), Sandrine Bonnaire oublie de tutoyer le public : oublie de nous transmettre, au-delà de l'amour qu'elle porte à sa soeur et que l'on devine aisément, les raisons profondes d'un tel désastre, et ralentit, à cause d'une construction temporelle un peu bancale (passé/présent), la rythmique si admirable de l'image.