Vive la baleine
Note moyenne
3,4
10 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

2 critiques spectateurs

5
1 critique
4
1 critique
3
0 critique
2
0 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
gimliamideselfes
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 octobre 2017
Cet excellent documentaire de Chris Marker et Mario Ruspoli (que je ne connais pas) traite de la chasse à la baleine, mais contrairement à beaucoup de documentaires moralisateurs sur la chasse aux espèces en voie de disparition, elle arrive à faire mouche. En effet Marker n'est pas un moralisateur, c'est un artiste, un poète, ce que vous voulez, mais son film est éminemment beau. On a donc une femme qui parle aux baleines qui se font tuer de manière de plus en plus industrielles, aux baleines qui passent de vitamines pour les esquimaux à une ressource naturelle comme le pétrole.

Leur histoire est belle et on ne peut plus tragique. Et surtout la forme du film renforce le tragique puisque l'on voit au travers de nombreuses illustrations (le film est quasiment uniquement composé de commentaires hors champ et d'illustrations, il y a très peu de "film vidéo" et uniquement des images d'archives, Marker n'a rien dû tourner lui-même) l'évolution de la chasse, comment on passe des premières chasses, à quelque chose de tout de suite plus industriel au Japon (où à ce qu'il paraît ils sont très forts pour dépecer des trucs) avant de voir le harpon monté directement sur le bateau pour rendre la chasse "plus humaine". On peut donc en tuer beaucoup plus beaucoup plus vite.

C'est vraiment touchant parce qu'on sent que ces bêtes sont estimées, magnifiées dans leurs représentations ce qui rend leur dépeçage bien plus atroce, sans être gore, mais juste parce que l'on met à mort un animal majestueux.

Bref, le film arrive à dénoncer en étant d'une grande intelligence, en dénonçant plus l'industrialisation que l'utilisation qu'en faisait les esquimaux pour survivre.

Il faut noter que la nature humaine choisit systématiquement, comme le précise le film, l'hécatombe plutôt que de changer de ressource nature un peu avant la pénurie de celle-ci. On attend le dernier moment. Ce qui ne fait que renforcer le destin tragique de ces monstres des mers.
p0lisson
p0lisson

27 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2022
Vive la baleine est un cri d'alarme poétique. Marker se refuse à réciter bêtement la vulgate écologique, teintée de sermons larmoyants, cette démarche pouvant seoir à des militants, sûrement pas à des artistes. Sa défense des baleines et des écosystèmes qui en dépendent passe au contraire par une prose divine, dans laquelle le cétacé y est sublimé, presque déifié. Ennemis éternels, liés par le sang : sous l'œil de l'auteur, la relation qu'entretient l'homme avec cet animal majestueux prend les atours d'une tragédie antique, dans laquelle le salut du premier repose dans la survivance du second.