Très bon film, réalisé par Sedgwick mais surtout par l'incontournable Buster Keaton, dont le talent éclate à chacun des plans. Film touchant mais également intelligent (et qui pratique son intelligence d'une manière très astucieuse et très subtile) portant sur de nombreux thèmes tels que l'amour, l'art ou la société. Un film qui fait rire, mais comme le suggérer Henri Bergson ou même d'autres philosophes, l'intêret est de comprendre pourquoi on rit. On se rend rapidement compte que c'est l'innoncence de Buster Keaton qui est la source des rires. Rire de l'innocence. Cela nous montre bien à quel point nous sommes aliénés par cette société devenue complètement folle. Au final, n'est ce pas Buster le seul individu à ne pas être fou? C'est l'innocence de Keaton qui fait de lui un être supérieur, à la recherche de l'amour et non de la vulgaire sexualité comme tous ces hommes accourant auprès de Marceline Day dans la piscine. C'est l'innocence de Keaton qui le pousse à parcourir la ville, muni de sa caméra, pour filmer la guerre comme si elle n'était qu'une plaisanterie. L'innocence est supérieure à ce monde aliénié qui court inévitablement à sa propre destruction, oubliant la valeur de l'amour et de l'amitié. Ainsi Buster Keaton n'a rien de drôle, c'est nous qui sommes drôles. Pour continuer sur le scénario, on pourrait donner un exemple de sa finesse et de sa subtilité que nous evoquions tout à l'heure. A la fin du film, c'est le petit film filmé par le singe qui va permettre de dévoiler la vérité. Tout simple, vu comme cela. Mais lorsque l'on y réfléchit, ce qui est implicite ici c'est que c'est justement l'art qui nous rapproche de la vérité; et non seulement les simples reportages journalistiques. Concernant la mise en scène du film, elle est d'une qualité incontestable. Qualité dans les plans, dans la gestion du mouvement, dans la musique et son utilisation puis bien-sûr dans le jeu des acteurs. Excellent film. A ne pas manquer pour tout public!
Excellente comédie burlesque qui démontre bien le style de film auquel adhérai Keaton. On assiste ici à une comédie parfois inégale (scène de la piscine trop longue et que l'on peut trouver un peu "lourde") mais précurseur d'une époque à venir (la scène où Keaton filme la révolution chinoise est saisissante, on y voit la toutes les techniques de film déjà connues à l'époque (variations gros plan-plan général, travelling...) à travers la caméra de Keaton qui lui-même apprend à filmer dans "Le caméraman").
C'est aussi là que l'on comprend que Keaton n'ait pas "survécu" au parlant quelques années plus tard. Le style de Keaton est intimement lié au muet, il ne fait pas rire par la voix mais par ses gestes, ses attitudes, sa façon de penser, de bouger, de concevoir les choses, d'aller del'avant... Car oui Keaton est en perpetuel mouvement dans ses films, il a besoin de tenter des choses, d'aller de l'avant quitte à être ridicule, ce qui nous nous amuse. Il y a la une bonne morale, le refus de l'immobilisme.
A voir et revoir! Au même titre que "Le mécano de la Général" :)
Comédie burlesque de 1928 avec en vedette Buster Keaton.
Le film met en scène un photographe un peu maladroit et amoureux d'une femme qu'il convoite désespérément.
Afin de la séduire il s'achète une caméra et part sur le terrain pour filmé le moindre scoop.
Un film culte du cinéma Américain qui n'a pourtant rien d'extraordinaire si ce n'est d'offrir un divertissement honorable, mais très loin de la qualité des films de Chaplin ou Laurel et Hardy qui sont nettement plus drôles et ingénieux dans leurs trouvailles comiques.
(Oui je ne peux pas m'empêcher de comparer)
Niveau mise en scène pour l'époque j'ai vu mieux et la musique est chiante.
Beaucoup de longueurs dans les gags, comme par exemple la scène ou un homme vient s'incruster dans une cabine ou keaton se déshabille, ou bien quand il est stade de base ball des yankee en train d'imiter les mouvements des joueurs.
En revanche, heureusement la fin ce conclue d'une belle manière. Un joli hommage au caméraman de l'époque tout de même.
Vous avez dit hilarant et émouvant et bien moi je n'ai pas du tout ressentie cela.
Juste avant l’arrivé du parlant, est sorti ce film, une des meilleures comédies muettes, au moins aussi drôle que Le mécano de la General, l’autre chef d’œuvre de Buster Keaton. Sa qualité est avant tout liée au jeu extrêmement sobre qu’il parvient à garder aussi bien au cœur d’une explosion de situations burlesques et de cascades amusantes que dans ses scènes de charme à la belle secrétaire, le tout étant parfaitement rythmé. C’est également une déclaration de respect pleine d’émotions faite à tous ces reporters, pionniers dans le maniements de la caméra, capables de risquer leur vie pour informer leurs contemporains des actualités les plus farouches. L’autre star du film est cet inoubliable petit singe dont les mimiques sont purement jubilatoires.
Ca doit faire un peu plus de deux semaines que je l'ai vu mais ce film reste encore frais dans mon esprit et pour cause, c'est sûrement un des meilleurs muets que j'ai vu. Ce qui est génial dans ce film c'est son pur mélange d'émotions à l'état brut. On y suit l'histoire de ce jeune homme qui rêve de devenir reporter pour une grande compagnie de presse. Il rencontrera d'ailleurs une secrétaire de cette compagnie dont il tombera amoureux. Mais hélàs son amour n'a d'égal que sa maladresse, et c'est ça qui le rend attachant. Sedgwick et Keaton à la réalisation nous offre un film qui dépasse le simple cadre du burlesque. C'est méchamment drôle et certaines séquences bénéficient d'une mise en scène incroyable, je pense à ce passage des escaliers hallucinant et tellement amusant. Keaton prouve qu'un acteur de muet peut adopter un jeu totalement sobre et véhiculer un tas d'émotions, pour cela il est à l'opposé de Chaplin mais pourtant j'adore les deux (enfin Keaton ça fait seulement le deuxième film dans lequel je le vois mais il marque!).
Le scenario est également fort sympathique mais si plutôt léger sur le papier. Mais comme je l'ai sous-entendu c'est l'émotion qui prend le pas sur l'histoire (sans que celle-ci soit nulle) et honnêtement je trouve que c'est une bonne chose. Le cinéma muet avait cette grande particularité de nous exposer ces émotions pures dûes à l'absence de dialogues parlés. Plusieurs cinéastes (je pense à Bergman) ont su garder cette influence du muet pour imposer des séquences incroyables, même si chez Bergman c'est plus froid et saisissant que chez Keaton. Ici on a plus affaire à de la poésie cinématographique, un personnage perdu dans cette jungle impitoyable mais qui plane au-dessus de celle-ci grâce à l'amour qu'il porte pour une femme. C'est beau et irresistible, un film drôle et touchant.
Le dernier grand film de Keaton, le premier qu'il a fait pour la MGM, et le seul qu'il a vraiment pu maîtriser chez le célèbre studio hollywoodien, encore qu'il n'est même pas crédité comme réalisateur, au profit d'Edward Sedgwick. Keaton demeure pour la dernière fois le maître à bord, et bien que "Le Cameraman" n'atteint pas le niveau d'un "Navigator" ou d'un "General", il possède au moins deux séquences cultes : celle de la piscine, hilarante, notamment lors du long plan-séquence où Buster partage difficilement une cabine dans les vestiaires avec un homme plus grand et fort que lui ; celle de la guerre entre Chinois, impressionnante (d'autant plus que la prise dépendait également du comportement d'un petit figurant peu ordinaire : un ouistiti). Assez bizarrement, Keaton ne porte pas son "pork pie hat" si célèbre. En revanche, on ne peut que se montrer admiratif devant son talent d'acteur : si, contrairement à ses films précédents, il y a peu de cascades, il parvient en revanche magnifiquement à rendre les émotions grâce à son visage plus expressif qu'on ne pourrait le penser un peu bêtement à cause de sa réputation d'homme qui ne sourit jamais. Le dernier chef d'oeuvre de Keaton, donc. Entre 1923 et 1928, il en a fait une petite dizaine. On attend toujours de trouver quelqu'un qui puisse faire mieux, dans quelque genre que ce soit.
Buster Keaton, le roi du gag, signe ici un film irrésistible, tant son humour est jovial, dynamisant, et subtil. On se fend la poire toutes les trente secondes, car l'art du cinéma muet comique est parfaitement maîtrisé, et malgré peut-être deux ou trois petites longueurs, c'est avec beaucoup de plaisir et d'impatience qu'on attend un nouveau gag, surtout si ceux-ci sont de plus en plus surprenants, et de plus en plus drôles. En plus du rire, Keaton parvient à nous émouvoir grâce à quelques séquences très touchantes, ainsi que très pudiques. Il manque finalement à ce "Cameraman" ce petit grain de sel qui fait qu'on passe du statut de grand film à celui de chef-d'œuvre.
Grosse super-production de l'époque, l'histoire est plaisante et les prouesses de Buster Keaton sont là, mais sans plus. Le film est aussi intéressant pour ses images des états-unis de la fin des années 20. A voir
Un tres tres beau burlesque muet avec Buster Keaton... Une des référence en la matière, bien dans les règles de l'art, un mélange subtil d'humour et d'émotions, le jeu d'acteur, et notamment du rôle central, par le légendaire Buster Keaton, est parfait... Et Edward Sedgwick met tout cela en scene de manière exceptionnelle, les plans sont beaux, intéressants, amusants même, et un tres gros atout de cette oeuvre, c'est sa bande-originale, sincerement brillante ! Excellent.
Un must du genre. Buster Keaton maitrise tous l'art du comique muet avec en plus une condition physique exceptionnelle.Du grand art, il a inspire tout une génération et notamment Chaplin.
Malgré son âge, "The cameraman" se laisse suivre avec beaucoup de plaisir, grâce à sa mise en scène inspirée (la scène des escaliers dans l'immeuble par ex) et bien sûr au jeu très attachant de Buster Keaton. On obtient ainsi nombre de situations burlesques très bien trouvées et parfaitement huilées. Plusieurs plans-séquence en témoignent pas ailleurs. Un classique.
C’est le symbole du cinéma de Buster Keaton m’avait-on dit. Cela tombe bien puisque c’est le seul de ses films que j’ai vu. J’avoue qu’au départ l’ennui m’envahissait déjà profondément, ne comprenant pas le « génie » de cet auteur. Alors certes, beaucoup pourront vous bassiner sur le discours formaliste qui est tenu par ce film. Personnellement, je m’en fous presque à moitié. Ce que j’ai surtout retenu de positif, c’est ces quelques scènes burlesques de la seconde moitié, que ce soit aussi bien dans la piscine que dans le quartier chinois. Pour le coup on rejoint le comique de geste à la Chaplin et donc aussi le plaisir que ce type de cinéma m’apporte. Comme souvent quand il s’agit d’un muet, je ne regarderais sûrement pas ce film une deuxième fois, mais au moins pourrais-je louer ce « Caméraman » pour ne pas m’avoir trop ennuyé la première.
Buster Keaton inexpressif ? Regardez ce film et vous verrez qu'il exprime toute la gamme des sentiments humains, par son visage, même s'il ne sourit ni ne rit jamais ; mieux, il se sert du gag non seulement pour faire rire, mais pour exprimer par le gag même toute la psychologie du personnage ; regardez ce film et vous verrez à quel point Buster à poussé l'art du cinéma que l'on a dit muet parce qu'il n'y a pas de dialogue ; et parce qu'il n'y a pas de dialogue, il est d'autant plus apte à transmettre des émotions à l'état pur.