Si Johnnie To reste fidèle à sa pâte, à son image chiadée, à une réalisation tout en ombre et lumière, à sa mise en scène inspirée polar 60-70's à la française (Melville en point de mire) et western spaghetti (Leone, Corbucci en références), à ses thèmes de prédilection (l'honneur, les codes, l'amitié, notre rôle ici-bas), le choix de son acteur principal a modifié la donne de départ.
En effet, Delon normalement du projet est remplacé par un Johnny Hallyday bien terne. Les dialogues ont été réduits au strict minimum et pourtant c'est encore trop. Rien, aucun ton ne sort de sa voix, et ça, ça pardonne pas. Malheureusement il y a un Johnny de trop. Heureusement, après 10 minutes de dialogues s'en suivent près de 45 sans, et là le film peut commencer, reprendre du poil de la bête, pour de nouveau nous éreinter lorsque son protagoniste reprend la parole. Même Simon Yam en a l'air dépité. UN sentiment comme si l'acteur principal avait bloqué les possibilités du réalisateur qui du coup n'a pas pu faire ce qu'il voulait avec ce qu'on lui avait imposé. Par ailleurs, les autres interprétations sont excellentes (toujours).
Les gunfights sont de moins bonne facture que dans les précédents opus de Johnnie To (Exilé, The Mission), mais les idées, le cadrage et l'image sont toujours au rendez-vous.
Si vous ne connaissez pas ce réalisateur, quitte à voir du Johnnie To pour la première fois, il est conseillé de passer votre chemin et de vous louer à la place un très bon Exilé (pour son exubérance et ses Gunfights fabuleux) et Election 1&2 (pour leur noirceur et leur récit tout en retenue et en interprétation magistrale). Les acteurs sont les mêmes, mais sans JH (ouf!). Pour ceux qui ont vu Vengeance, ne bannissez pas Johnnie To et essayez plutôt ses précédents films.