« The Danish Girl » est – comme doivent l’être les mélos aujourd’hui – inspiré d’une histoire vraie : en 1930, le peintre danois Einar Wegener fut le premier à subir une opération de « réattribution sexuelle ».
La fille danoise, c’est Eddie Redmayne dans le rôle de Einar Wegener dont le film raconte la lente prise de conscience de son transgénérisme. Mais la fille danoise, c’est aussi – comme en témoigne l’affiche du film – son épouse, Gerda, aimante et compréhensive qui l’accompagnera, quoi qu’il lui en coûtera, dans cette démarche douloureuse.
Comme « Philadelphia » pour le sida, « Kramer vs. Kramer » pour le divorce et « Rain man » pour l’autisme, « The Danish Girl » sera le film de la transidentité voué dès sa sortie à un classicisme qui sent déjà la naphtaline. Le sujet est présenté avec l’académisme le plus convenu, suivant pas à pas les étapes balisées de la transsexualité : les excitations des premières transgressions, la sophistication et l’élégance des travestissements, le désarroi identitaire, la réprobation sociale, l’hostilité du corps médical… Tom Hooper cède à un esthétisme qui nuit à la crédibilité de son propos : Eddie Redmayne est une ravissante jeune femme qui porte des toilettes de rêve – alors que la vraie Lili Elbe était semble-t-il une quinquagénaire hommasse quand elle changea de sexe.
Je n’ai à aucun moment été touché par ce personnage. Est-ce faute d’avoir porté les soutiens-gorge de mes cousines quand j’étais plus jeune ? ou d’être un peu trop velu pour faire aujourd’hui un travesti aussi séduisant qu’Eddie Redmayne dans le rôle de Einar/Lili ?
Plus sérieusement, l’évolution du personnage m’est restée incompréhensible. Au début du film, c’est un homme heureux en ménage qui épice son érotisme en se travestissant avec la complicité de son épouse. Jusque-là, oserais-je dire, tout va bien. Puis, sans qu’aucune cause extérieure ne le provoque, ni qu’aucune cause intérieure ne l’explique, ces fantaisies deviennent des addictions. Einar ne peut plus quitter les robes de Lili. Il vit en femme et ne peut plus se penser autrement. Le scénario explique cette transformation en mettant en tension Einar (l’homme) et Lili (la femme) nourrissant la thèse de la schizophrénie, alors que les progrès de la médecine ont montré que les troubles de l’identité sexuelle n’étaient pas assimilables à des troubles psychiques.
Les critiques sont quasi unanimes à chanter les louanges de la prestation de Eddie Redmayne, déjà récompensé l’an passé aux Oscars pour son rôle dans « Une merveilleuse histoire du temps ». Il est encore nominé cette année et pourrait, s’il l’emportait, rejoindre dans la légende Tom Hanks couronné deux ans de suite en 1994 pour Philadelphia et 1995 pour Forrest Gump. ce serait peut-être lui faire un trop grand honneur. Car ses minauderies et ses poses efféminées m’ont semblé plus ridicules que bouleversantes. En revanche, j’ai été beaucoup plus convaincu par Alicia Vikander dans le rôle de Gerda. Elle aime son époux d’un amour si grand qu’elle acceptera de le perdre.
Loin d'être un biopic très pointu le réalisateur s'attache surtout à décrire le lien qui unit Einar/Lili à Gerda et, plus que la transformation physique, on reste ému par les difficultés à s'aimer dans un tel conflit d'intérêt émotionnel. Le scénario est écrit de telle façon que les ellipses se soient que secondaires et donc quasi invisibles pour un rythme plus soutenu et une tension tragique toujours maintenue sans jamais tomber dans le pathos. Ca reste un drame qui foudroie, les performances de Redmayne et Vikander n'y est assurément pas pour rien.
Faire un biopic est déjà risqué en soit, mais quand en plus, on choisit de traiter d’une personne transgenre, cela devient brusquement périlleux. Tom Hooper s’en sort plutôt bien avec « The danish girl » malgré un académisme prononcé et une façon de filmer pas toujours précise. Heureusement, les acteurs sont tous impeccables avec une mention très bien pour la prestation d’Eddie Redmayne qui parvient à ne pas être constamment maniéré et donc l’androgynie permet de croire à la dualité du personnage. La reconstitution d’époque est l’autre point fort du film et on plonge dans les délices des années 20/30 avec des lieux à l’architecture Art-Déco absolument magnifiques, des costumes remarquables et une ambiance très crédible. Au final, n’oublions pas le courage du docteur ayant accepté la première chirurgie de réattribution sexuelle dans un contexte où cela était totalement inconcevable. Enfin, on mesure le chemin qu’il reste à faire pour accepter les transgenres en 2016. En espérant que ce film touchera ceux qui n’acceptent pas.
Excellent film. les acteurs principaux Alicia Vikander et Eddie Redmayne sont remarquables. Beaucoup d'émotion dans ce film. Beaucoup d'amour. Et une photo majestueuse. Je vous encourage vivement à aller voir cette production.
Sortie cinéma de ce merveilleux acteur attendue pour ma part depuis bientôt un an... Et un tantinet déçue
Après quelques longueurs que l'on aurait peut être pu éviter, la fin arrive, en désaccord avec la vie réelle de ce personnage de l'histoire (spoiler: étant décédée 3 mois après sa dernière opération, qui consistait en la mise en place d'un utérus pour son désir de plus en plus important d'enfants; 5 ème et dernière opération donc et non pas la deuxième comme on le comprend dans le film).
Très belle performance tout de même et film intéressant à regarder
l émotion est au rendez vous. Les images sont belles, les transitions, les sous entendus, on sent que le moindre détail est travaillé avec une justesse rare. Les acteurs sont magnifiques, c'est un grand oui sur un sujet aussi beau que terrible, une très belle réalisation !
Un film sur l'identité sexuelle et la difficulté d'être homme quand on se sent femme. Voilà un sujet un peu racoleur et très politiquement correct. Au vu de la réalisation conventionnelle, très soignée dans l'image, à la limite du maniérisme, on pouvait craindre un film sans âme, si ce n'est de soutenir lourdement la cause transexuelle. Mais rien de tout cela... Le film est d'abord l'histoire d'un couple heureux qui, à la suite d'un simple jeu de déguisement, va voir l'homme dériver lentement vers une négation de soi pour s'accrocher au rêve de devenir un autre. Ou une autre devrait-on dire. Cette évolution est d'autant plus crédible que l'acteur, Eddie Redmayne est absolument parfait, avec un jeu fiévreux, éclatant, une ambiguïté troublante dans ses habits d'homme et un charme fou dans ses voiles de femme. Même le spectateur se laisse prendre à ce jeu d'ombres et de miroirs. C'est bien sûr un drame pour la femme qui voit son mari lui échapper pour devenir, au fil du temps, une bonne copine. La ficelle est un peu grosse, me direz-vous. Peut-être, mais l'émotion est au rendez-vous car le film a le bon goût de se situer au milieu des années 20 à une époque où ce genre de dérive conduisait tout droit à l'hôpital psychiatrique. Mais aussi et surtout, l'acteur Eddie Redmayne traduit bien dans son visage et dans ses yeux, le plaisir infini qu'il prend au contact d'une pièce de dentelle; puis plus tard, la détresse sauvage qu'il ressent au spectacle de la douleur qu'il cause à sa femme. C'est un film qui vous touche car la négation de sa propre sexualité y apparaît pour ce qu'elle est, à savoir une des pires épreuves d'une vie d'homme. On peut, certes, reprocher au parcours de cette fille danoise d'être un peu trop lisse. Le film n'en reste pas moins un beau moment de cinéma.
Malgré son sujet qui aurait été scabreux en d'autres mains, tout, dans The Danish Girl, est placé sous le signe de la beauté et du raffinement : les paysages, l'histoire et les personnages qui gravitent autour du couple de peintres Wegener. Une beauté qui se voudrait baudelairienne dans le sens "bizarre" mais qui ne l'est point, lissée par la mise en scène trop propre de Tom Hooper (Le discours d'un roi). L'interprétation d'Eddie Redmayne pose problème : il vise trop ouvertement l'Oscar et de sourires en minauderies, il donne de cet homme qui se sent femme à l'intérieur, une image doucereuse dont les souffrances semblent surjouées. Par bonheur, à ses côtés, Alicia Vikander, la nouvelle pépite du cinéma suédois (on aimerait la voir chez Almodovar ou James Gray), joue juste et permet au film de ne pas rester qu'une simple juxtaposition de jolies vignettes. Idem avec Matthias Schoenaerts qui dans un rôle mineur apparait transfiguré, aminci, et élégant. Au-delà de son thème central, traité avec goût mais sans aspérités, on retient l'histoire d'un couple qui dépasse les préjugés dans l'acceptation des souhaits de l'autre. Une histoire d'amour, en somme. Une belle, cela va sans dire.
On embarque de pleins pieds dans un film qui vogue directement dans la catégorie des films à Oscars. C’est-à-dire pensé pour plaire à la prestigieuse académie et recevoir un maximum de nominations et, forcément, glaner le plus de statuettes dorées possible lors de la cérémonie. Tom Hooper veut semble-t-il nous refaire le coup du surestimé et déjà très académique « Discours d’un roi ». Car « Danish Girl » l’est tout autant si ce n’est plus, académique. Des prestations hautes en couleur en passant par l’histoire bien entendue inspirée de faits réels jusqu’aux décors, tout ici est strictement classique et rien ne dépasse. C’est d’ailleurs ce qui joue en défaveur du film, trop cerclé de ces intentions pour être tout à fait honnête. Les plans sont beaux, on pense parfois à « La jeune fille à la perle » en tout de même moins abouti, mais trop désincarnés pour que ce qui s’y joue parvienne à nous émouvoir. Pourtant cette histoire du premier homme tentant de devenir une femme dans le Danemark des années 20 avait toutes les cartes en main pour faire pleurer dans les chaumières. Pas que ce soit un gage de réussite artistique et d’estime mais « Danish Girl » ne noue jamais la gorge et parvient difficilement à provoquer une quelconque émotion. Un comble au vu de ce qui se joue sous nos yeux. Le film déroule ses belles bobines tel un téléfilm HBO de luxe et nous distrait par la grâce de sa narration fluide, de la reconstitution apprêtée et d’un casting haut de gamme mais il manque quelque chose pour en faire un grand film. La bonne idée du metteur en scène est de préférer se focaliser sur la relation qui unit ce peintre né homme mais se sentant femme à son épouse qui le soutiendra jusqu’au bout. Une relation magnifique et hors normes au vu des règles morales de l’époque. Dans ce rôle Alicia Vikander est celle qui apporte grâce et magie à un film qui en manquait. Cette actrice est encore une fois parfaite et devient incontournable. Si le film devait avoir un Oscar, c’est à elle qu’il devrait échoir. Quant à Eddie Redmayne, si sa prestation reste remarquable, elle vire parfois à l’excès de zèle. Certains moments il en fait trop et ses mimiques oculaires en viennent à agacer. On louera cependant le courage du jeune acteur qui ne recule décidément devant rien. De beaux seconds rôles viennent étoffer ce duo central et pallier à une relative déception devant ce bel objet un peu trop vide à l’intérieur.
Très beau film pour sa qualité visuelle (lumière, décors, costumes) et d'interprétation! Eddie Redmayne, il a une gueule et il sait s'en servir pour tout faire, comme un DiCaprio. Alicia Vikander, terriblement belle et attachante à travers l'amour qu'elle porte à son mari malgré les changements. Une très belle histoire avec un duo qui fonctionne à merveille à travers leur relation artistique/amoureuse. A voir!
Un film très très juste ... bien des choses ont changé medicalement depuis mais les émotions , les peurs et les déchirures sont toujours les mêmes. Le regard des autres n'a sans doute pas beaucoup changé non plus...
Très beau film, sur un très beau sujet. De beaux plans sur les matières, les textures, sur les visages. On rajoute à cela un casting exceptionnel qui rend le film crédible. Les différents personnages représentent très bien les émotions, les dilemmes auxquels ils font face (dualité avec la société qui est oppressante sur les trans). Tous les ingrédients sont réunis pour que le film soit juste, sans jamais tomber dans l'excès, le ridicule ou le grotesque. Un film percutant surtout pour le combat LGBT et la place des trans, souvent oubliés des grands films. On notera enfin la performance extraordinaire des acteurs, d'une justesse incroyable, qui laisse transparaître leurs émotions. Des acteurs qui pleurent à de nombreuses reprises, un performance assez remarquable.
Un film qu'il est bon de le voir (et de se lever à la fin pour féliciter la beauté du sujet)
Ce qui est fabuleux dans ce film c’est qu’il se torche en moins de 5 minutes, car au delà d’être un étendard de la cause transgenre "The Danish Girl" a pour ambition de raconter une histoire d’amour entre Eignar/Lili et Gerda, et force est de constater qu’on nous la bafoue complètement en les expédiant au plumard, il n’y a aucune passion là dedans, ça me rappelle le traitement de "Serena" avec Lawrence et Cooper. Les ambiguïtés sont trop confuses, partant d’un jeu pour en devenir du mimétisme (quid de son passé ? (à part l’anecdote de Schoenaerts qui tombe un peu comme un cheveux sur la soupe), le jeu de Redmayne est agaçant au possible, soupirant ses répliques avec son sourire figé (même expression durant tout le film, enfin quand il ne chiale pas), celui de Vikander est peu mieux car son personnage décrypte un tantinet la vulnérabilité de celui de son comparse, mais il va vite se retrouver englué dans cette soupe de bons sentiments. C’est en quelque sorte une adaptation de Tellement Vrai au cinéma dans le Danemark des années 30, du piano tire-larmes tout du long avec toujours ce côté prévisible dans les idées posées sur la table, et puis c’est ennuyeux surtout ... la seconde moitié du film est interminable, et à partir du moment où j’avais envie de gifler Redmayne à chacune de ses apparitions l’empathie ne peut être présente, impossible. Et puis la fin fait tellement *allez reprend ton mouchoir !* que là s’en était trop. En gros on veut nous faire connaitre et adhérer une histoire rendue fausse par tous les pores, c’est sur-lissé, sans sentiments, sans pureté, sans subtilité, bref insupportable.
Attention chef-d’œuvre (vu en avant-première sur les champs)!!!!!!!!!! Acteur principal fabuleux (je pense qu’il tient là LE rôle de sa vie tellement il (elle ?) vit et s’identifie à son personnage (c’est tellement criant de vérité qu’on partage ses souffrances et ses bonheurs). Une très belle musique fascinante et envoûtante qui colle parfaitement aux images (ou l’inverse). Une réalisation sur un sujet très « casse- gueule » absolument parfaite et impressionnante (quelle grâce dans la scène du peep-show). Un film qui a le charme, la délicatesse, la justesse et la beauté qui sied à un tel sujet. Et comme tout grand film, il reste à l’esprit bien après le générique du film. Et ce qui ne gâte rien, c'est que le film se passe dans 3 superbes villes que j ‘aime : copenhague, paris (of course) et dresde. J’espère qu’il fera un triomphe car il le mérite. Nous sommes gâtés pour ce début d’année après la sortie de « Carol » qui est aussi un très grand film…. pourvu que l’année dure sur cette lancée. Merci tom hooper.