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    At Land
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    3,2
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    1 critique spectateur

    Eldacar
    Eldacar

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    4,0
    Publiée le 22 janvier 2013
    Deuxième film de Maya Deren et premier réalisé par elle seule, "At Land" se situe dans la continuité de "Meshes of the Afternoon" puisqu'il peut lui aussi se comprendre comme une œuvre féministe. Encore une fois, il s'agit de le vie d'une femme interprétée par Deren elle-même. Le film commence par sa naissance, sortant de la mer telle la Vénus de Botticelli, l'eau étant généralement symbole de purification et donc ici de naissance. Elle passe ensuite de la plage à une table autour de laquelle se trouvent attablés des hommes et femmes ne lui prêtant aucune attention. En grimpant sur cette table, elle s'élève littéralement à un autre niveau de son existence, une période de transition entre l'enfance et l'âge adulte (qu'elle n'a pas encore atteint puisque personne, parmi les « grandes personnes », ne la remarque). La pièce du jeu d'échec que Deren tente d'attraper mais qui lui échappe peut représenter la connaissance du monde et d'elle-même, qu'elle n'a pas encore acquise puisque la pièce se dérobe continuellement. Un palier dans l'évolution du personnage est franchi quand un homme lui parle, montrant qu'elle existe désormais dans le monde des adultes. Mais, dans cette société machiste, c'est l'asservissement de la femme qui est suggéré, Deren devant presque courir derrière l'homme pour être à son niveau. Après tout, c'est l'homme qui domine dans un couple. La séquence dans la maison peut être vu comme une autre version de la femme qui s'ennuie dans "Meshes of the Afternoon", l'homme au lit étant le mari dont elle doit prendre soin. Le passage des différentes portes peut se voit comme un équivalent de la scène des pas du film précédent, ou Deren marchait sur différents sols (allant du sable à la moquette), symbolisant l'évolution du personnage qui passe par différentes étapes avant d'atteindre son but : se tuer dans le premier, échapper au mari dans le second. Car après avoir quitté la maison, Deren se retrouve de nouveau sur la plage, ou elle parvient enfin à rattraper la pièce du jeu d'échec et à atteindre par là la connaissance. Alors qu'elle s'enfuit vers l'horizon, étendue mystérieuse représentant la mort comme la mer représentait la naissance, elle « voit sa vie défiler devant ses yeux » à travers les émanations du passé que sont les multiples Deren présentent à l'image.
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