Toute l’inventivité d’un jeune sud-africain aux services du modèle qu’est devenu Peter Jackson depuis le succès fulgurant de l’on sait quoi. District 9, donc, version longue d’Alive in Joburg, du même Neill Blomkamp, traitant sous un aspect SF une vision post moderniste de l’Apartheid. Un projet de Science-fiction d’emblée originale, singulier et rudement convainquant naissant d’une réticence des studios à laisser Jackson mettre en scène le succès de Microsoft, Halo. Ce même Jackson se tourne dès lors, 30 millions en poche, vers Blomkamp et tous deux décident de bâtir District 9, avec le succès qu’on lui connaît. En somme, un film de SF puissant, inspiré de l’univers du jeu vidéo, compostant les traumas sud-africains pour un rendu bruyant, subtil et amusant.
Neill Blomkamp, donc, réalise un rêve de gosse, tournant tambour battant le film qui le fera entrer dans le cour des grands, comptant plus que jamais, et à raison, sur son acteur, Sharlto Copley, exceptionnel. Tout commence, à l’image d’Alive in Joburg, par des scènes de type documentarisées, des scènes présentes tout au long du film mais qui laisseront place à une réalisation plus traditionnelle lorsqu’il s’agira de filmer l’action et autres effets visuels ici franchement saisissants. District 9 est donc un condensé de docu-fiction, de Science-fiction brute et de drame, les péripéties du personnage principal, franchement malmené sur le papier, s’avère plutôt douloureuses.
En fait, le budget relativement mince, n’est aucunement le reflet de la qualité du film, visuellement parlant. Oui, les images sont splendides, les costumes, véhicules, extraterrestres, remarquables et l’environnement dans lequel tout fut tourné, un Township de Soweto, osé et original. Bref, même si District 9 n’est pas dénué de détracteurs, difficile de faire mieux avec aussi peu de moyens, un manque de moyens ne se ressentant par ailleurs pas du tout, le film étant meilleur visuellement que certains blockbusters américains pur jus doté d’un budget à 9 chiffres. Vous l’aurez compris, District 9 est pour moi une pépite d’or, dynamique, osé, puissant, à l’heure où l’on n’invente plus mais où l’on recycle.
Sur ce, reste à patienter sagement, en attendant l’arrivée de Elysium, la consécration de Neill Blomkamp, travaillant pour le coup avec des moyens trois fois supérieurs, des acteurs connus de part et d’autres et ayant une réputation à faire valoir. Pour moi, même si Peter Jackson se cache là derrière, Blomkamp pourrait bien être le nouveau messie de film fantastique, apportant avec lui des idées novatrices lointaines des standards hollywoodiens semble-t-il figés. District 9, un film à voir et à revoir. 18/20