Ultra attendu depuis l'annonce de sa mise en chantier, projet casse-gueule ayant vu défilé les acteurs et les réalisateurs, "Ça" débarque enfin dans les salles obscures après un parcours chaotique. Attendu comme le messie et précédé d'un énorme buzz flatteur, qui plus est encensé par un flot de critiques élogieuses, dont celle de Stephen King qui déclarait que l'adaptation dépassait toutes ses attentes, choses d'autant plus rare que l'auteur américain reste très dur vis à vis des productions mettant en scène son imaginaire démesurée. Plus gros succès au box office mondial pour un film d'horreur, "Ça" a donc toutes les cartes en main pour être une adaptation digne de ce nom, car rappelons le adapter du Stephen King n'est pas une chose aisée, tant ses romans insiste sur le développement des personnages, et bon nombre d'adaptations ratées se comptant par dizaines. Ayant lu le premier tome, un pavé de plus de 800 pages et ayant vu le téléfilm de plus de trois heures des années 90, autant vous dire que je connais l'histoire, et chapeau bas aux scénaristes d'avoir su adapter brillamment l'intrigue en deux petites heures, tout en restant fidèle au matériau d'origine. L'idée d'un deuxième opus se centrant sur une trame narrative future, une fois les enfants devenus adultes, reste fortement ingénieuse. Quatre ans après "Mama", Andrés Muschietti renoue avec le film d'épouvante ou tout du moins le film fantastique teinté d'horreur, en livrant une réalisation stylisée, avec une mise en scène impeccable où la violence reste avant tout graphique. Les effets spéciaux restent intéressants et à l'aide d'une bande son bien pensée, donnent quelques séquences de suspense agréables. L'argentin parvient à retranscrire convenablement l'imaginaire de Stephen King, avec cette maison hantée, ce puits sans fond, au moyen de décors crades, parfaitement en adéquation avec le thème du film. La multitude de jeunes acteurs sont convaincants, à l'aise dans leur rôle, et chapeau bas à Bill Skarsgård succédant parfaitement à Tim Curry. Ainsi, "Ça" est une adaptation réussite parvenant à détourner la multitude de pièges qui lui était te,dus, mais difficile de mettre une meilleure note que ça dans la mesure où la lecture apporte notre propre vision des choses qui diverge inéluctablement de la vision du réalisateur.