En toute honnêteté, j'ai du mal à voir par quel bout prendre ce film ; à plus forte raison sa critique. C'est pour une bonne raison, c'est un film à propos. Les films dont la raison d'être, c'est le fond du propos, il y en a de touts les genres, toutes les époques, touts les propos même, mais pour autant, j'ai toujours du mal à savoir quoi en penser. En effet, quand tout les choix de scénario, de mise en scène, de direction d'acteur, sont justifiés par des enjeux externes à la strictes pensée cinématographique, déjà ça sort de mon champ de compétence, et en plus j'ai beaucoup de mal à dissocier mon opinion sur le film de mon opinion sur le propos. Mais enfin, comme c'est une caractéristique assez courantes des films d'horreur - qui ont souvent beaucoup de chose à dire sur leur société respective - ça me paraît quand même enrichissant de voir en quoi la vision du monde des artistes à l'origine de la création de Ça influence leur œuvre.
Le scénario, adaptation de King oblige, est très bon. Il alterne les scènes d'enquête, les scènes de développement des personnages plus touchantes et les scènes d'épouvante avec une parfaite maîtrise du rythme qui permet de toucher le spectateur à la fois à la tête, par la construction son propos, au cœur avec ses personnages vrais et touchants, et aux tripes, avec ses scènes d'épouvante suffocant d'autant plus le spectateur qu'elle sont courte et rare, jusqu'à arriver à un climax très bien amené et préparé.
Petit bémol sur l'enquête de Ben sur les massacres à Derry, un petit peu trop facile et moins crédible que l'ambiance globale du film, mais ce n'est pas vraiment pour ça qu'on regarde
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En plus, les acteurs sont vraiment toujours dans le bon ton, ce qui est dur quand on est jeune, plus dur quand on est dans un film d'horreur, et encore bien plus dur quand c'est un film d'horreur où on doit alterner en permanence inquiétude, compassion et terreur. Leur peur dans les scènes d'horreur sonne plus vrai que nature, ce qui amplifie leur effet ; leur inquiétude dans les moments de calme avant la tempête rendent ces passage encore plus suffocant qu'ils ne le sont déjà ; et on peut tout autant saluer leur représentation très juste dans les rapports humains dans un groupe d'ado, amitié, amour, empathie. Que ce soit dans les moments agréable ou horrible, dans la vie de tout les jours ou l'horreur de la science fiction, on s'identifie à eux, on ressent ce qu'ils ressentent, c'est une grande force du film.
Concernant l'horreur elle même, j'aurai déjà beaucoup plus de mal à être aussi dithyrambique que sur les deux points précédents. Certes, la représentation des peurs des personnages et du publics se développe à un bon rythme, certes elle est assez créative, certes, la première scène dans la maison abandonnée est clairement la meilleure du film. Néanmoins, la à part dans ladite scène, je trouve la mise en scène de l'horreur aussi basique et molle que possible, et surtout, la scène d'horreur finale n'est pas inquiétante du tout, n'exerce en comparaison au reste du film aucune pression sur le spectateur, ce qui s'explique par le choix incongrues de verser pas tant dans l'horreur que dans une espèce de scène d'action.
Mais le plus gros défaut de ce film, c'est la représentation du cadre dans lequel le film est supposé se passer. Une espèce de parodie de midwest américain, où si ce n'est les héros très gentils, tout le monde est très méchants (et quand je dis très méchants, je veux dire malade mentaux pédophile incestueux meurtrier et tortureur d'enfant !!! moins subtil que ça tu meurs), et je me permet d'ailleurs de rappeler que l'arc avec le pré-redneck, est lourdingue, mal développé, mal conclu, et qu'il aurait été préférable pour les créateurs de faire une croix dessus. On dirait que pour le cadre, on a pris des fictions avec des ados qui lambinent dans le midwest, qu'on a pris des fictions sur le milieu réactionnaire des petites bourgades américaine, et qu'on en a fait une espèce de parodie lourde.
Et c'est d'autant plus dommageables que l'inadaptation des héros dans leur cadre de vie, c'est une des piliers centrales du propos, à savoir le choix de l'ouverture et du cosmopolitisme plutôt que du repli sur soi des campagnes (enfin, les campagnes comme on les voit dans le film quoi) ; en soi, je suis d'accord avec ce message, mais il est asséné avec tellement de binarité, tellement d'acharnement, tellement d'homme de paille, que de par son importance primordiale dans le film, cela influence sensiblement son impact.
Je résumé donc, un film très bien écrit, avec un très bon rythme, des acteurs plus que convaincant, une horreur qui progresse bien, mais un climax assez décevant, un cadre tellement peu subtil que ça me sort du film, certain élément scénaristique en trop, et une ambiance générale et un propos trop lourd. Bref, 6/10