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Un visiteur
3,0
Publiée le 31 décembre 2012
Le trio Viard-Luchini-Aumont fonctionne très bien et je m'en réjouis car j'avais des craintes avant de voir le film. L'histoire traité sur un ton léger, cache un véritable de société. A voir.
Avec « les invités de mon père » Anne Le Ny constate, sans juger, les failles de notre morale; elle démontre - à travers l'histoire d'une famille d'intellectuel « de gauche » confrontée à l'entrée bouleversante d'une réfugiée moldave dans le noyau familial - que l'on s'ignore quelque fois soi même, et qu'en grattant la croûte urbaine de nos personnalités l'on trouve bien quelques préjugés, quelques peurs envers ceux qui ont l'esprit fait d'une autre manière que le nôtre,...Je le prends comme une invite à ajuster son jugement, plutôt qu'à le maintenir dans l'entrave des habitudes. Le casting est excellent, c'est bien rythmé, bref,...C'est un bon film !
Par la situation originale, quelques répliques fulgurantes et la tête ahurie de Karine Viard quand elle apprend que son père la déshérite, la bande-annonce du deuxième film d'Anne Le Ny m'avait alléché, tout en me faisant redouter une caricature un peu appuyée des bourgeois-bohêmes tendance gauche caviar. Tous ces éléments sont bien présents, y compris la satire des assujettis à l'I.S.F. bien-pensants fêtant par un repas de famille l'arrivée des réfugiées, à qui ils offrent les vieux vêtements qu'ils n'ont pas encore donnés à la Croix-Rouge.
Mais très vite, on se rend compte que cette dimension politico-humanitaire ne représente qu'un des sujets du film, finalement rendu plus complexe et plus subtil par la personnalité de celle que Arnaud définit comme "une bombe avec l'idéologie de Milosevic", et qui se félicite que dans le collège de sa fille il n'y ait pas trop de Noirs et d'Arabes. Tatiana ne cache pas son objectif et ses ambitions, et quand pour plaire à sa fille, le fils d'Arnaud se prend un carton rouge après un tacle à la carotide, Karine a beau jeu de s'interroger sur "l'impact des Moldaves sur les hommes de la famille".
Car c'est une vraie qualité du film, soulignée par la critique, que l'absence de jugement. Tatiana peut légitimement apparaître comme une détourneuse d'héritage, mais elle est prête à bien des humiliations pour le bonheur de sa fille. Lucien peut paraître pathétique par ses compromissions avec les valeurs qu'il a professées toute sa vie et son aveuglement devant les manigances de Tatiana, mais n'a-t-il pas le droit de revendiquer cette dernière histoire d'amour ? Karine va commettre un acte moralement condamnable, mais ne manifeste-t-elle pas là un courage qui manque à son mari et à sa belle-soeur en accomplissant l'acte qui les libèrent ?
Et puis, l'irruption de Tatiana et de sa fille va servir de révélateur pour Arnaud et Babette de tous ces non-dits, tous ces vieux dossiers jamais apurés dans leur relation entre eux et surtout dans leur rapport à ce père, "un homme remarquable" dont la personnalité écrasante a provoqué chez sa fille le désir de se conformer au modèle paternel au mépris de ses propres envies, et la révolte néo-libérale chez le fils qui ne se sentait pas capable d'être à la hauteur.
La relation entre le frère et la soeur est au coeur du scénario d'Anne Le Ny et de Luc Béraud, qui participa à l'écriture de "L'Effrontée" et de "La Petite Voleuse". Elle est portée par le jeu des deux acteurs : Fabrice Luchini, remarquablement sobre, et Karine Viard, qui anime les plus beaux silences vu depuis longtemps dans le cinéma français pour donner vie à cette remise en cause libératoire et douloureuse de toute une éducation ("Je me suis construite sur un mensonge"). L'un et l'autre apportent leur intensité pour rendre crédible ce basculement permanent entre rire et émotion qui constitue une des grandes forces de ce film.
Les dialogues savoureux ("C'était pour une ration de blinis en plus, pas pour une relation incestueuse avec des échangistes", "Je travaille pas pour la Stasi") ne donne pas cette impression trop littéraire de bien des films d'auteur à la française ; ils s'intégrent dans le récit, cohérents avec la personnalité de ceux qui les prononcent. Cet ensemble de qualités : absence de manichéisme, subtilité du traitement de situations complexes, qualité de l'interprétation, fait de "Les Invités de mon père" une des bonnes surprises de ce début d'année du cinéma français. http://www.critiquesclunysiennes.com
Des enfants d'un gauchiste en lutte contre leurs problèmes de famille et une dame des pays de l'Est assez imposante.Des mots crus comme pute et chier qui font sourire.Bonne mise en scène.
Une gentille comédie de moeurs, pas si féroce que ce à quoi on pouvait s'attendre. Les acteurs sont parfaits, portant le film à bout de bras. Le duo formé par Luchini et Viard se distingue notamment, la complicité entre les deux étant évidente. L'arrière-fond politique n'est pas forcément évident, Anne Le Ny semblant présenter sur un même pied d'égalité les deux points-de-vue quant à l'arrivée de l'intruse. Sympathique, mais sans plus.
Un film qui aborde un thème de société actuelle avec le grand mérite de ne pas être manichéen et qui bénéficie d'une bonne interprétation, en particulier Fabrice Luchini et Karin Viard. Dommage que le rythme ne soit pas à la hauteur ainsi que pour le scénario qui perd très vite de son côté léger alors qu'il aurait pu être maintenu jusqu'au bout sans perdre pour autant de son intérêt, au contraire il aurait même fortement gagné en fluidité.
Les invités de mon père est un film qui sonne creux.Creux dans un contenu,au traitement pataud et d'aucune finesse.En plus de ça tout et gris et moche dans les plans et les cadrages.Luchini arrive parfois a magnifier quelques dialogues,mais sorti de là c'est le néant absolut.
Je n'ai pas vu ce film en salle et je l'ai découvert dimanche dernier sur FR2. A priori c'est une comédie, avec de très bons acteurs, puis de scènes en scènes la fable morale se met en place et nous interpelle fortement. Ce serait assez long d'énumérer tous les thèmes psychologiques et les faits de société que l'auteur du film met en scène. Un sujet qui est mis en avant et qui s'attaque à des tabous bien ancrés: la personne âgée (pas le vieux ou la vielle) peut-elle à 80 ans attendre de ses enfants le respect de sa vie sentimentale? En fait je crois que dans ce film ce sont les deux enfants, qui dans leur innocence s'en sortent les mieux de cette histoire d'adultes un peu déboussolés.Après toutes les ruptures vécues c'est le petit mot sur la carte postale reçue par Simon qui redresse la barre "J'aimerais bien qu'on se revoit. Sorina"
Après le très bon « Ceux qui restent », Anne Le Ny nous livre une comédie dramatique de bonne facture. Elle nous raconte l’histoire d’un mariage blanc entre un retraité et une immigrée moldave sans papier. Les relations amoureuses et familiales vont s’en trouver fortement perturbées. Luchini et Karine Viard s’en donnent à cœur joie et sont parfait dans leur rôle respectif. La réalisation est maitrisée bref on passe un agréable moment même si le traitement peut paraître quelque fois superficiel.
Une bonne comédie familiale avec de bons acteurs français. Seulement, le thème de l'histoire et certains points n'ont, pour moi, pas était assez approfondi ! dommage, cette comédie partait d'un bon pied. Mais bon, la rigolade est là et l'on passe un bon moment.