Que ceux qui attendent de ce film un thriller à la Jason Bourne rebroussent chemin, car nous avons plutôt le droit à un western urbain avec tout les codes du genre : le cavalier solitaire en quête de rédemption et la prostitué de service qui tombent amoureux l'un de l'autre, un méchant qui envoie un tueur éliminé notre héros, le prêtre du village pour seul confident au héros, une ambiance très calme avant la tempête qui menace, la vision de grand paysage, et même pour appuyer le tout un beau clin d'oeil à Sergio Leone. Tout cela servi par un George Clooney impeccable, plein de retenu et de sobriété. Ces adjectifs pourraient tout aussi bien définir la mise en scène très posée et sans effets d'esbrouffes d'Anton Corbijn. Une belle surprise que ce The American.
Derrières ses fausses apparences de thriller et de film d'espionnage, se révèle en fait un grand film à thèmes philosophico-métaphysiques qui développe avec une grande finesse et intelligence une réflexion sur la soltitude, la femme,l'amour, l'érotisme, la quête de soi,. C'est Antonioni qui rencontre à la fois le Melville du Samourai et le Bergman de l'Oeuf du Serpent tout en empruntant un peu du Scorsese. N'oublions pas aussi le clin d'oeil à Sergio Leone, subtilement évoqué dans le film par quelques images qui passent sur un écran et que regarde un peu distraitement Georges Clooney. En poussant plus loin la réflexion, on peut y trouver des références littéraires comme le Désert des Tartares de Buzzati mais transposé dans un petit village italien.
Un jeu labyrinthique s’installe de cette manière entre le personnage mystérieux incarné par Georges Clooney en quête de on ne sait quoi exactement, les « autres », le village italien, la figure du curé et sa mission dont on ne laisse entrevoir que quelques éphémères indices.
Un érotisme lascif répond aux beaux paysages de la province des Abruzzes en la personne de la délicieuse Violante Placido qui joue le rôle d’une prostituée amante.
Les armes aussi sont suggérées comme des extensions de jouets phalliques qu’utilisent les femmes protagonistes comme le pénis manquant et envié, les tueurs comme des objets de virilité et de compensation de leurs troubles paranoides.
La paranoia omniprésente enveloppe en effet ce film comme une colle psychotique qui englue les personnages, les fige et les définit: c’est le regard soupçonneux de Clooney par la fenêtre, sur les gens, ce sont ses allées et venues hésitantes et ses conversations emplies de doutes.
Les images elles-mêmes sont de vrais tableaux composés pour certains très abstraitement comme de petits clips artistiques , d'autres qui rappellent certains tableaux paysagers de la peinture hollandaise du XVIIe S. (Corbijn n'est-il pas justement hollandais d'origine et avant tout, auteur de clips vidéos pour des groupes comme Depeche Mode, Joe Division et d'autres).
Un grand film qui laisse une saveur d’intemporalité, de non-dit aménés par de belles ellipses verbales et picturales qui n’est pas sans rappeler un tableau de Vermeer.
un très bon film vraiment bravo l'ambiance est certes lente mais sa ne se remarque pas le réalisateur a parfaitement su joué entre la splendeur des paysages et la sobriété des personnages le suspense était au rendez-vous,je signale aussi la très bonne performance de George Clooney un rôle difficile mais bien maîtriser un vrai maître d’œuvre
Le moins que l'on puisse dire c'est que le prometteur réalisateur de l'excellent Control, Anton Corbijn, est partit dans une direction sacrément opposée pour The American. Si on appréciera les images, les couleurs, les silences, les paysages (splendides des Abbruzzes) ou la justesse de mise en scène qui n'en fait jamais trop, on regrettera le côté un peu trop simple de cette histoire finalement assez prévisible. George Clonney n'est pas mauvais mais le rôle du bad guy qui fait tout le temps la gueule, même en déjeunant avec un prêtre ou en passant du temps avec une jolie italienne sonne un peu faux. Dommage, il y avait de bons ingrédients mais au final la sauce n'a pas pris.
Bien que ce film soit tout à fait correct, on en voudrait un peu plus. L'ambiance est bien rendue, on accroche très vite. Ce petit bout d'Italie est vite attachant par sa belle tranquilité et l'on se demande assez rapidement ce qu'il va bien se passer. En cela la réalisation est excellente. Côté acteurs, pas de broblème non plus, ils font leur boulot. Mais l'ensemble manque un peu de "piment". C'est un film agréable à visionner, mais quand même très loin en qualité de "Drive", sur un thème assez proche (complice-malfaiteur amoureux isolé et en proie au doute) et pas plus développé scenaristiquement, mais qui en donne beaucoup plus en terme d'émotions.
un film a voir pour ceux qui aime G.Clooney, les villages italiens ou pour ceux qui ont du temps..le film n'est pas désagréable à regarder mais il y a beaucoup de longueurs. vous l'aurez compris, pas n°1 sur les films à voir mais intéressant pour l'exercice tout de même.
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4,0
Publiée le 12 novembre 2012
Quelle merveilleuse idèe que d'avoir tournè "The American" en Italie et plus particulièrement à Castel del Monte, magnifique commune de la province de L'Aquila dans les Abruzzes où la rude morphologie de ce massif a profondèment dèterminè le caractère de la règion! Tout en mystère, George Clooney erre dans ces Abruzzes qui surprennent par l'immensitè et la diversitè de leurs paysages de haute montagne, avec cependant un joli coin de paradis près d'une rivière, sous des arbres, à l'abri des papillons! L'histoire d'un tueur professionnel en pleine dèpression mais qui ne nous le montre pas, l'histoire d'un homme qui parle peu et qui agit en cas de danger extrême, mais surtout l'histoire d'un homme qui se retrouve finalement face à lui-même! Ne vous attendez pas à de l'action non stop, il y en a pas dans "The American". Mais plutôt le silence pesant, le rythme de l'histoire, la photo...tout est là pour servir "il segnor farfalla" dans un excellent thriller, au casting finalement international où seule le visage de l'èclatante Violante Placido illumine la vie de ce tueur solitaire! Une rèussite...
Heureusement que Mr Clooney joue dans ce film sinon il n'aurait quasiment aucun intérêt.Et encore,il n'est pas à la bonne place,un autre acteur jouerait mieux ce rôle de "méchant" que son style trop stérile (voir parfait) .D’où vient il? Qui est il exactement?Quel est son passé? Quel est vraiment son job?Autant de questions pas ou très peu expliqués donc on reste sans réponse et on regarde la tranche de vie d'un type sans réelle compassion puisque tout est flou pour le spectateur.A part quelques beautées italiennes,le film est plat voir ennuyeux , sans rebondissement.L'environnement est beau mais répétitif.Voila donc un "navet" que Mr Clooney aurait pu se passer!
Quel film barbant ! J'ai quand même eu le courage d'aller jusqu'au bout, franchement je ne comprends pas les critiques de la presse. Bon d'accord Clooney tire son épingle du jeu pour le reste, bof.
Avec ce film, Anton Corbijn signe un second long métrage bien plus contemplatif que Control. En effet, bien que le synopsis laisse envisager un film d'action, Corbijn prend le spectateur à contre-pied et livre un film, certes un peu lent, mais absolument magnifique et tranchant radicalement avec les autres films à l'histoire similaire. Corbijn nous montre ,à nouveau, qu'il maîtrise totalement son cadre (son expérience de photographe se ressent à chaque plan) et nous offre des plans d'une beauté à coupé le souffle, rappelant par moment son travail sur Linear pour U2. Coté casting, George Clooney adopte un jeu tout en retenu donnant à son personnage, à l'image de Ryan Gosling dans Drive,un charme particulier et le rendant vite attachant malgré sa froideur. Il est secondé par un casting féminin de charme, partagé entre femme fatale et beauté italienne. La musique, bien que discrète, transforme certaine scène pour les rendre magnifique (particulièrement la dernière). Un film magnifique qui aurais mérité une meilleure promotion afin de toucher le bon public.
Le film repose entièrement sur les épaules de Clooney, qui fait un assez bon boulot dans le rôle du tueur à gages solitaire, rôle pourtant caricatural et déjà vu des dizaines de fois au cinéma. Mais à part ça... Bon, il y a de belles images, comme dans Control d'ailleurs, mais on s'ennuie assez vite. Le reste du casting est très faible (quasi inexistant même), le résultat est moyen... Joli, certes, mais sans intérêt.
En deux films, le photographe Anton Corbijn a largement convaincu son monde pour son passage de l'image fixe à l'image fluide. Après un brillant biopic sur Ian Curtis avec "Control", Corbijn nous amène ici sur les traces de George Clooney en espion vieillissant qui se planque dans les Abruzzes. Très vite, il est amené à reprendre du service au moment même où pas mal de questions existentielles lui tombent dessus en même temps qu'une relation privilégiée inattendue avec une prostituée du coin, la jolie Violante Placido, fille de. C'est une expérience du film d'espionnage totalement nouvelle que nous propose Corbijn ici avec d'avantage de silence, de cadres somptueux et tensions internes par rapport aux clichés inhérents au genre. Le spectateur est donc beaucoup plus proche et happé par le personnage de Clooney. Ce qui est un exploit quand on sait toute la difficulté que sait que de toucher la sensibilité et la personnalité si complexe d'un espion, ces surhommes entraînés à vivre hors du monde pour mieux le protéger et le servir. Le personnage de Clara, l'escort, est tout à fait important dans ce processus d'humanisation de l'ensemble tant il se dégage de la froideur des faits et gestes de Clooney. On aura jamais autant pénétré l'univers intime de ces hommes obligés à une vie typiquement monacale, loin des fêtes Martini Dry/smoking de l'agent 007. Le prêtre du village qui héberge notre espion est d'ailleurs le seul qui puisse entrer dans le quotidien de Clooney, ce n'est pas pour rien. Tout ce film respire l'intelligence tant il a été pensé scripturalement et visuellement. Car Corbijn épouse littéralement le paysage italien, les montagnes, le village antique, les routes, les sous-bois jusqu'à magnifier le blanc polaire de la Suède dans une intro formidable de "froideur". Il y a une telle maîtrise de son sujet que les grincheux qui pointeront le rythme très lent de l'ensemble n'auront sûrement pas compris grand chose dans l'entreprise de Corbijn. Un rythme lent en référence au temps qui passe, désespérément long pour des hommes aux sens affûtés et aux réflexes incroyables. Un rythme lent en référence à la désillusion et au désenchantement du destin de l'homme qui ne peut avoir 30 ans toute sa vie. Et qui mieux que Clooney pour incarner cet homme ? Il est la séduction même. Il sera le trouble et l'hésitation ici. Corbijn signe donc un film magistral de justesse et de constance jusqu'à son affrontement final dans les rues du village, formidable hommage au Western.
Film parfait, décors magnifique, pas besoin de beaucoup de dialogue pour apprécier, La scène et le générique d'ouverture nous mets directement dans l'ambiance, George Clooney y est parfait.