L'une chante, l'autre pas
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P C
P C

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5,0
Publiée le 6 mars 2026
Que c'est beau, ces amitiés féminines, les années 70, les luttes des femmes, les correspondances par cartes postales, la sororité, les hippies qui chantent...merci Madame Varda!
Je me reconnais en ces deux femmes. Parfois je chante ; parfois je suis extravertie, passionnée et sans complexe. Parfois non ; parfois je suis silencieuse et réservée, œuvrant dans l'ombre plutôt que de me mettre en scène. Mais chanter n'est pas forcément un signe de force, et ne pas chanter n'est pas un signe de faiblesse. Elles ont besoin l'une de l'autre, malgré leurs différences. Et les femmes ont besoin les unes des autres.

Je crois qu'au final, c'est de cela que parle ce film : des femmes qui se choisissent, qui sont là l'une pour l'autre, qui tissent des liens d'amitié. Leurs vies s'entrecroisent, mais l'impact émotionnel qu'elles ont eu l'une sur l'autre reste indélébile. Leur lien est indestructible. Malgré la richesse des thèmes et la complexité des enjeux politiques du film – explorant les droits reproductifs, l'avortement, le mariage et la maternité –, ce film conserve une grande intimité en abordant les difficultés des femmes à travers le prisme de l'amitié féminine et de l'amour que nous nous portons.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 mars 2026
Débutant comme une ode fougueuse à l'émancipation féminine, à l'accomplissement personnel, au droit à disposer de son corps (notamment pour l'avortement), cette amitié épistolaire entre deux femmes apparemment aux antipodes loue la sororité (sans cacher l'absurdité voire la bêtise de certaines congénères!), l'indépendance (que toutes deux acquièrent), le courage du sexe faible (face à un homme si lâche, incapable d'évoluer ou d'assumer ses choix inconséquents qu'il se suicide). Tout en blâmant les unions coercitives, la soumission de l'épouse, la répartition désuète des taches, le récit dépeint de manière paradoxale le rêve de maternité, à la fois idéal fallacieux ne réglant aucun souci de couple, entraînant des contraintes, des obstacles, des frustrations, mais aussi souhait ultime de chacune, au lieu d'assumer totalement de présenter une femelle heureuse sans progéniture. Portée par la complicité évidente entre Valérie Mairesse et Thérèse Liotard, l'histoire refait vivre une évolution historique dans une réalisation épurée mettant davantage en valeur les audaces chantées de Pomme ou les moments volés de bonheur tandis que la voix off précise les pensées, le parcours, les peines du duo principal. Une oeuvre estampillée moderne en ce qu'elle affirme qu'une mère peut rester femme (quitte à nuire à ses enfants?!), mais non féministe par sa tiédeur morale. Frustrant.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2025
Qui est le film ?
L’une chante, l’autre pas surgit en 1977, au moment où le féminisme militant a pris une visibilité politique en France avec la loi Veil et le procès de Bobigny, et où le cinéma militant lui-même cherche ses formes. Le film raconte l’amitié de deux femmes, Pomme (Pauline, chanteuse libertaire) et Suzanne (mère de famille confrontée à une grossesse non désirée), que les années séparent et rapprochent. En surface, c’est un récit de destins croisés sur fond de luttes pour la contraception et l’avortement.

Que cherche-t-il à dire ?
Le projet de Varda est de montrer que le politique ne se situe pas dans les institutions seules mais dans les liens, les gestes, les solidarités. Le film s’intéresse moins à la « cause » abstraite qu’aux modalités concrètes par lesquelles elle se fabrique : un prêt d’argent pour un avortement clandestin, une chanson entonnée sur une scène improvisée, une lettre envoyée au fil des années.

Par quels moyens ?
Dès le début, Varda installe une sororité clandestine : Pomme aide Suzanne à financer un avortement hors-la-loi. Ce geste inaugural est filmé avec simplicité. Le politique, ici, se fonde sur une pratique de la confiance et du secours, plus que sur une idéologie abstraite.

La structure du film épouse cette idée de réseau. Les lettres et cartes postales, lues en voix off, donnent au récit une texture polyphonique. La correspondance crée une temporalité élargie où l’amitié résiste malgré les distances géographiques et sociales.

En parallèle, Varda ouvre la fiction au documentaire en insérant des manifestations reconstituées, des images d’archives militantes, des slogans et des visages réels. Le film ne se contente pas de raconter une lutte : il l’incorpore, il la rejoue pour la fixer dans la mémoire collective.

La chanson occupe une place pivot. Les numéros chantés de Pomme, qui pourraient sembler naïfs ou anecdotiques, ont une fonction opératoire : transformer l’expression individuelle en rituel collectif. Les refrains deviennent des slogans, faciles à mémoriser, qui circulent au-delà de la scène. Varda fait de la musique un vecteur pédagogique, une manière de populariser un discours politique sans l’appauvrir.

Mais le film n’idéalise pas cette alliance entre art et militantisme. Les parcours divergents de Pomme et Suzanne font surgir des tensions. Varda filme les désaccords, les silences, les moments de solitude, refusant de réduire l’amitié à une utopie sans heurts. Ces dissensions montrent que le féminisme n’est pas une harmonie spontanée mais une construction conflictuelle, toujours en recomposition.

Le regard de Varda est lui-même inscrit dans le film. Sa voix off, ses intrusions narratives, laissent sentir la présence de la réalisatrice comme garante mais aussi comme partie prenante. Elle refuse la neutralité : elle choisit de se situer, d’affirmer que son cinéma peut être outil de lutte tout en restant attentif à la singularité des vies filmées. Cette immanence critique donne au film sa dimension la plus personnelle et la plus politique à la fois.

Enfin, l’optimisme de Varda peut paraître parfois trop léger. Mais cette légèreté est une stratégie : montrer que le militantisme peut être fête, que la lutte peut se dire dans le sourire et la chanson, sans pour autant évacuer la dureté des épreuves. Ce choix esthétique est un pari sur l’avenir, une invitation à croire en l’efficacité de la joie comme force politique.

Où me situer ?
Face à ce film, je suis partagé entre l’admiration et la réserve. J’admire la cohérence du projet et la manière dont Varda filme la solidarité comme expérience concrète, jamais réduite à un mot d’ordre. Mais je reste plus sceptique devant certains passages trop schématiques, où la chanson sert de raccourci émotionnel plutôt que de véritable élaboration dramatique.

Quelle lecture en tirer ?
L’une chante, l’autre pas nous rappelle que la liberté n’est pas donnée mais fabriquée dans des pratiques collectives, dans des voix qui s’accordent.
Tom L
Tom L

61 abonnés 15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 avril 2024
Magnifique film très moderne alors qu'il commence déjà à dater sur le féminisme, les enfants et la transmission. A voir m!
Sandy06
Sandy06

8 abonnés 120 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2024
Très joli film plein de nostalgie. L'histoire de deux femmes complètement différentes, au parcours divergents, qui se retrouvent régulièrement au fil des années, pour se raconter leur vie. Elles découvrent la liberté, l'indépendance, la contraception, l'avortement. Tout était à faire. Un vrai combat. Bravo à cette génération qui nous a ouvert les portes ! Un film féministe qui aime les hommes et qui prône l'amour le partage et la solidarité entre femmes. Très touchant.
Franck guitare
Franck guitare

7 abonnés 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 février 2024
Un film de femmes sur les femmes, très bien écrit et réalisé par Agnès Varda. Valérie Mairesse est très touchante. Sa bouille de gamine rebelle et ses grands yeux bleus nous hypnotisent. Ce film a un petit côté documentaire. On plonge en plein cœur des années 70 avec ses codes et sa société patriarcale. tout en restant très poétique et émouvant. Un film que l'on devrait montrer aux jeunes femmes d'aujourd'hui. Le message est beau et simple : Respectez-vous ! Votre corps vous appartient !
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 janvier 2024
Sorti à fin des années 70, ce film d’Agnès Varda nous fait suivre le destin entre 1962 et 1976 de Pomme et Suzanne, deux jeunes femmes qui vont sceller leur amitié lorsque la première, encore adolescente, va aider la seconde à avorter. Ce film aux forts accents musicaux prend la forme d’un portrait intime de deux femmes qui prendront des cheminements différents tout en se retrouvant sur des questionnements communs autour de leur vie amoureuse, familiale et professionnelle. Mais il dresse aussi le tableau d’une période française marquée par les mouvements alternatifs et importante pour le féminisme – le procès de Bobigny (1972) y est évoqué et Gisèle Halimi y fait une petite apparition amicale. Tour à tour tendre, dur et poétique, un témoignage important d’une époque révolue.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 novembre 2023
Chronique tendre, au charme désuet, du destin croisé de deux femmes dans la France en pleine émancipation des années 70.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 20 août 2022
Je le dis d’emblée, je préfère celle qui ne chante pas, Suzanne (Thérèse Liotard) !
Pauline (Valérie Mairesse) a le culot de dire qu’elle sait chanter ! C'est affaire de goût…

Ce n’est pas le plus important du film, « L’une chante, l’autre pas » est un hommage aux femmes, à toutes les femmes du monde entier, rondes ou plates, celles aliénées par le mariage, celles qui avortent clandestinement dans la douleur et la honte, celles qui désirent vivre la maternité ou pas, celles qui veulent avoir le choix, tout simplement, loin des diktats des hommes.
Agnès Varda réalise un film militant avec une pointe politique : le procès de Bobigny, une fulgurance qui permet de mettre en scène Gisèle Halimi.
Mais tout est politique à bien y regarder, ce mouvement féministe qui baigne dans une ambiance hippie est politique ; toutes ces femmes mobilisées pour les femmes à travers le planning, à travers la création artistique de la troupe de Pauline est politique ; le séjour en Iran de Pauline avec le regard d’Agnès Varda sur la place de la femme et la place où se retrouve perfidement reléguée Pauline est politique.
C’est un film militant et comme tout militantisme c’est nécessairement politique.

« L’une chante, l’autre pas » est un film engagé où la lutte de toutes ces femmes permettront à Simone Veil d’imposer la loi pour l’avortement.
Un immense pas.

Les générations sont toutes représentées avec Suzanne, sa mère et ses enfants. Sa fille parle comme sa mère, la transmission du message semble assuré. De mère à fille, la lutte des femmes continuera et continue encore à ce jour.
Assuré ?
Oui, rien n’est vraiment acquis, et plus que jamais, la femme doit rester vigilante. Ne pas se relâcher.
Ne JAMAIS se relâcher…

A part ça, Agnès Varda se plaît à faire jouer des non-professionnels qu’elle dirige toujours aussi mal et c’est limite avec certains pros.
Son sujet est sincère, traité avec une certaine légèreté mais je ne me fais vraiment pas à sa démarche artistique.
Mais au moins avec Agnès Varda, je ne me contente pas de trois lignes. C’est le quatrième film que je visionne et j’écris plus que nécessaire.
C’est pourquoi, je reste très indulgent pour son sujet, pas pour Agnès Varda !
Chloé O
Chloé O

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 avril 2022
Merveille de film féministe, qui m'a bouleversée adolescente. C'est drôle et émouvant, c'est faussement naïf. Il y a une poésie et une tendresse infinies.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2022
Agnès Varda réalise un très bon film touchant sur les hippies , sur mai 68 , à la même période du film Diabolo menthe.
Mélany T
Mélany T

43 abonnés 796 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 septembre 2021
Chef d'oeuvre d'un féminisme visionnaire, au récit passionnant, aux actrices merveilleuses et à la mise en scène excellente. La sororité en place est bouleversante et la fin fantastique.
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 octobre 2021
Un très bon film et probablement le meilleur film " féministe", jamais fait, car il englobe beaucoup de questions de fonds , sans jamais tomber dans le didactisme; la liberté individuelle, la contraception, l' IVG, les positions dominantes , mais aussi le plaisir de l'enfantement , la "femme bulle". Des dialogues profonds , intenses mais jamais ennuyeux, et un magnifique jeu des deux actrices principales . T. Liotard que l'on aura pas assez vu, est excellente . Tout cela filmé avec légèreté et souvent beaucoup de poésie. Les personnages de seconds rôles , en mode hippies 70's sont aussi très révélateurs d’une époque révolue. Un petit bijou.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 janvier 2018
Avec L’une chante, l’autre pas, Agnès Varda signe sûrement le plus beau film en faveur de la contraception. Ce film féministe parle à la fois de l’avortement, de la liberté sexuelle et de l’autorité parentale ou maritale notamment avec la condition de la femme en Iran. Si le film débute avec de magnifiques photographies de femmes, il est surtout remarquable grâce à ses dialogues qui oscillent entre pure comédie pinçante et mélodrame bouleversant. C’est aussi ici que nous découvrons notre tête rousse préférée Valérie Mairesse qui est aujourd’hui, plus de quarante ans plus tard, malheureusement cantonnée à des rôles de téléfilms. Au-delà de ces portraits de femmes, Agnès Varda filme une magnifique lutte pour l’optimisme.
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Gonnard
Gonnard

287 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 juillet 2012
Manifeste d'Agnès Varda en faveur de l'émancipation féminine, "L'une chante, l'autre pas" se veut avant tout un témoignage sur l'atmosphère revendicative des années 70. Pilule, avortement, mariage, partage des tâches ménagères... tout y passe. Gisèle Halimi, véritable guest star du film, rejoue même pour la bonne cause l'une des scènes du procès de Bobigny de 1972. Il s'agit d'ailleurs du seul passage un peu politique, Agnès Varda favorisant l'émotion et pas le rationnel, les personnages et pas l'Histoire. Il en résulte une œuvre assez plaisante avec les destins croisés de deux femmes des années 70 qui aspirent à plus de libertés. Le film manque toutefois de rythme et les nombreuses pauses musicales hachent un peu trop l'intrigue. Le jeu un peu incertain de quelques acteurs, en particulier dans le premier tiers, laisse lui-aussi à désirer. Une œuvre-phare donc, à connaître absolument, mais pas des plus exaltantes.
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