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Pascal
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3,0
Publiée le 7 avril 2026
Ressortie en salle de plusieurs opus de Seijun Suzuki dont cet " Elégie de la bagarre" (1966 ).
Le scénario est signé par Kaneto Shindo ( cinéaste de plusieurs opus majeurs de l'âge d'or du cinéma japonais dont " l'ile nue " , " kuroneko " entre autres ) .
Critique de l'éducation autoritaire, organisée autour de la frustration sexuelle, dont les effets délétères sur la construction d'individus sains et équilibrés ont été largement étudiés par Wilhelm Reich, Otto Gross, Hébert Marcuse et Éric Fromm notamment et au cinéma par Haneke ( cf : " le ruban blanc " palme d'or Cannes).
Filmé en scope noir et blanc, le caractère répétitif des scènes, ou la stupidité violente succède à une autre, manque trop souvent de subtilité.
Suzuki met les pieds dans le plat et conclut son propos là où le scénario aurait pu connaître un développement.
L'action se déroule en 1934 et constitue une sorte de répétition préparatoire à la tragédie qui surviendra bientôt, pour le Japon et pour les alliés.
La rareté de la diffusion de la filmographie de Suzuki est telle, qu'il serait dommage de manquer cette rétrospective, même si on n' a pas affaire ( selon moi ) à un cinéaste japonais de tout premier plan.
Ce n'est toutefois pas anecdotique comme le souligne, le soutien critique de Tarantino, de Jarmusch et de WKW accordé à ce metteur en scène de cinéma B, de l' âge d'or du cinéma japonais.
Seijun Suzuki, à l'origine entiché d'un scénario d'un conformisme effarant, remanie entièrement le récit du film durant le tournage. Le résultat ? Un film brutal, viscéralement engagé, poignant, débile, hilarant, en un mot : bouleversant. Le jeune Kiroku passe toute sa frustration sexuelle dans des rixes vides de sens, prend part à des guerres de gangs d'étudiants ridicules. De l'autre côté il brûle d'amour pour la belle Michiko. Le film est novateur et très stylisé. Néanmoins chaque "effet" échappe à la gratuité, tout colle au sujet et atteint finalement une beauté grandiose, insoupçonnable. Un chef-d'œuvre.
Film fondateur, génèse d'un cinéma contemplatif à la Hou Hsia Hsien (c'est beau), des Hong Kong Comedy à la Stephen Chow (c'est gentiment débile), et de la maniaque originalité des mises en scène asiatiques (c'est virtuose). Le scénario est évidemment, en option.