Ne vous retournez pas
Note moyenne
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117 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 15 octobre 2016
D'après le roman éponyme de Daphné du Maurier (le premier film américain hitchcockien, "Rebecca", est également de cette auteure), Nicolas Roeg, pour son quatrième long-métrage, orchestre une romance qui n'appartient à aucun genre cinématographique défini. Bigre ! Roeg a par ailleurs été directeur photo avant de devenir réalisateur. On lui doit "Le masque de la mort rouge" (de Roger Corman), le célébrissime "Docteur Jivago" et "Fahrenheit 451" (de Truffaut) notamment. Il appose une dernière fois sa griffe en tant que chef opérateur et réalisateur, ce qu'il avait fait sur "Performance" et "La randonnée".
Synopsis de "Ne vous retournez pas" : après la mort de leur fille, un couple décide de partir à Venise pour se remettre de leurs émotions. Mais des signes troublants vont remettre en question un voyage qui s'annonçait si paisible.
Terriblement prenant et davantage tourné sur la personnalité du couple formé à l'écran (Sutherland-Christie), le scénario prend des tournures inattendues, nous met sous pression, et à l'arrachée, les scénaristes nous rendent actif, nous font agiter nos neurones pour remettre en place le désordre filmique. Magnifiquement mis en valeur, par-delà les effets esthétiques (j'y reviendrai plus bas), les scénaristes Chris Bryant ("La malédiction de la vallée des rois") et Allan Scott (un habitué de Roeg : "Les sorcières", "Cold heaven") nous proposent une histoire alambiquée que chacun doit remettre en place. Si l'on enlève cet effet de style, les deux personnages principaux sont bien troussés avec un mari bien pied à terre au possible et une mère de famille s'interrogeant sur la mort de sa fille et de l'existence d'une dimension qu'elle n'ose imaginer. Ce double travail scénaristique (effet de style-psychologie) s'intercale au fur et à mesure que le film avance. Rarement scénario et écriture filmique n'ont été aussi bien mêlés. Chapeau bas, messieurs !!
Ensuite, pour parler des acteurs, c'est tout simplement splendide. Le couple formé par Donald Sutherland ("The dirty tozen", "MASH", "JFK"...) et Julie Christie ("Darling" de Schlesinger, "Le docteur Jivago"...) est magnifique, chacun apportant son style : Donald, charismatique avec sa classe à l'anglaise, et Julie Christie, sensible, à fleur de peau et touchante. Superbe ! Le second couteau qui arrive à leurs chevilles est pour moi Massimo Serato (dans l'un de ses derniers rôles, on l'a vu dans "Madame du Barry" de Christian-Jaque, "Le Cid"...) qui joue un évêque convaincant à souhait. Bingo !
Et comment critiquer "Ne vous retournez pas" sans évoquer l'ambiance et son esthétisme ? Sans fard, Nicolas Roeg nous plonge littéralement dans son cinéma. Chef opérateur (Roeg), directeur photo (Anthony B. Richmond, récompensé du Bafta dans cette catégorie à ses débuts, travaillera pour Sturges, Sean Penn...), compositeur (pour sa première incursion au cinéma, Pino Donaggio pointe son nez. Futur collaborateur de De Palma : "Carrie", "Blow out"...), décorateurs et metteur en scène s'organisent pour magnifier l'atmosphère aussi poisseuse, glauque teintée de fantastique et d'épouvante. A commencer par le générique de début avec l'étang vert qui nous aspire vers le fond. On continue par le voyage à Venise qui nous perd dans ses ruelles et bas-fonds miséricordieux. Quid de l'issue fatale, cette fameuse robe rouge qui apparaît comme le diable en personne ? Et qui reste en mémoire une fois le film terminé. Diantre ! Et surtout, le final, immanquable qui nous conduit à une maîtrise parfaite des couleurs, de la luminosité, du suspense tendu et avancé, de la musique électrique et étincelante, de ces brumes éparses... . Un pur moment d’esthétisme porté par la lumineuse cape rouge. Ainsi que de fourmillant détails distillés par une mise en scène subtile, fine et donc forcément... écarlate !
Pour conclure, "Don't look now" (1974), chef d’œuvre d'époque et considéré comme le meilleur film britannique de tous les temps par le magazine Time Out, reste un film phare des 70's à découvrir pour tout cinéphile. En revanche, je l'ai trouvé parfois attractif (surtout dans la dernière demi-heure) et parfois un tantinet pesant. Non pas que le film ait vieilli, mais l'atmosphère qu'a tendu maître Roeg pourra rebuter certains. De ce fait, on pourrait se laisser croire qu'on nage dans les canaux de Venise et non qu'on marche en compagnie du duo Sutherland-Christie dans les bas-fonds vénitiens.
Spectateurs en manque de sensation forte, si vous avez le don de voyance, évitez les lagunes colorées vénitiennes !
PS : "Les sept mercenaires" version 2016 m'a déçu en raison de nombreux copié-collé qui font tâche ou qui n'inventent pas grand chose par rapport au film avec Yul Brynner ou avec d'autres westerns tels "Django unchained", "True grit" des frères Coen ou "Le dernier train de Gun Hill" pour ne citer que ceux-là. De plus, Antoine Fuqua garde certains tics (les acteurs qui passent en plein soleil, personnages non léchés) et oublie les codes du western traditionnel : chevauchées, musique revigorante, plans américains, morceaux de bravoure, et j'en passe ! En résumé, un divertissement qui saura conquérir un public peu exigeant ou n'ayant pas vu le remake des "Sept samouraïs".
Ah oui, je vois d'ici la question : le lien entre "Ne vous retournez pas" et "Les sept mercenaires" (2016) ? Le directeur de la photographie de "Don't look now", Anthony B. Richmond, a travaillé pour Sturges sur "L'aigle s'est envolé". Ce dernier a réalisé "The magnificent seven" qui a vu son titre se faire une place au soleil en octobre 2016 (comme le dirait un certain George Stevens !)
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 8 août 2016
Bon thriller dans le style "giallo". Quelques longueurs tout de même, notamment une scène de sexe interminable. Mais l'atmosphère est suffisamment étrange pour nous tenir en haleine. Et la fin est excellente.
this is my movies

830 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 juillet 2016
J'ai été un peu déçu par le film, sans doute parce que j'en attendais trop, que je ne l'ai pas vu au bon âge ou bien que le fait de connaître le twist final était trop préjudiciable. L'ambiance installée par le réalisateur est toutefois très réussie, nous mettant souvent mal à l'aise grâce à un découpage abstrait, parfois abscons mais qui nous maintient dans un état d'incertitude et de malaise bien palpable. Les acteurs sont très bons, la mise en scène immersive et certaines séquences restent très réussies mais voilà, en dépit de sa découverte de Venise par un biais assez original et peu souvent vu au cinéma, on est parfois à la limite de l'ennui. Je n'ai pas trop aimé mais ça reste un film à découvrir et qui s'apprécie encore mieux si on ne connaît pas la fin. C'est sombre, noir, intrigant et ça possède le charme vénéneux des meilleures productions fantastiques british. D'autres critiques sur
overlook2
overlook2

33 abonnés 163 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juin 2016
Le style déconstruit et expérimental de Nicolas Roeg trouve dans cette histoire une belle pertinence. Sa façon de truffer le récit de flashback subliminaux et de jum-cut intempestifs colle en effet parfaitement avec l’incapacité des personnages de vivre le présent (le deuil irrésolu de la mère, la culpabilité enfoui du père), quant à sa manière très kaléidoscopique de filmer le réel, qui brouille en permanence les repères er rend le monde insaisissable, elle illustre idéalement l’incapacité de « voir » du héros, qui ne déchiffre qu’à contre-courant les signes qu’il croise (l’accident de sa fille et sa propre mort). Même si ce geste radical peut agacer et parfois frôler l’exercice de style, il faut reconnaître qu’il donne ici une ampleur presque métaphysique à ce drame de la culpabilité dont l’ambivalence narrative nous entraîne joliment à la lisière du fantastique. Le choix d’un Venise décrépit et putride donne un cadre idéal à l’histoire d’un homme qui marche vers sa mort, et confère définitivement à ce récit fantomatique une dimension mentale. Glaçant.
Chaill
Chaill

26 abonnés 397 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 avril 2016
Un thriller d'atmosphère, voilà à quoi nous avons à faire ici. Pas ou peu de scènes chocs, de gore, d'action ni d'effets spéciaux, juste une ambiance générale étrange, sombre, malsaine, mais ô combien captivante et enivrante pour le spectateur. Le film commence par l'atroce scène de mort accidentelle de l'enfant, puis se poursuit à Venise ou l'ambiance "giallo" nous rappelle indéniablement les meilleurs Argento tels "Ténèbres" ou "Les frissons de l'angoisse". Là notre couple fait la rencontre de deux soeurs dont une médium qui leur apprend que leur défunte fille est avec eux... Ceci va alors entraîner une foule d'évènements pour notre couple... L'autre grande force du film est de laisser le spectateur sur une réflexion captivante après son visionnage, en plus d'être totalement envouté par son atmophère bien sûr.
weihnachtsmann

1 635 abonnés 5 774 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 avril 2016
Un film labyrinthique qui joue avec les rues de Venise, sombres et mystérieuses, mais également avec les personnages énigmatiques et inquiétants. Les deux femmes, le directeur de l'hôtel, l'évêque. Roeg créée un climat fantastique parfait qui se dévoile dans un final complètement hallucinant et horrifique. Film assez impressionnant de maîtrise.
Nicothrash

476 abonnés 3 343 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 décembre 2015
Considéré comme un classique du cinéma fantastique "Ne vous retournez pas" m'apparait particulièrement sur-vendu, on s'ennuie ferme pendant les trois quart du film avant une dernière partie plus intéressante certes mais qui ne relève pas vraiment l'ensemble. C'est en fait une sorte de giallo british mais sans atmosphère et les images subliminales intempestives n'y changeront rien. Le point de départ était pourtant intéressant, on s'attend donc à de l'émotion et à un regard différent sur le deuil d'un enfant mais non, tout est très exagéré et le jeu d'acteur n'y échappe d'ailleurs pas. C'est très long et très lent et l'ensemble n'est pas franchement cohérent, on n'y comprend pas grand chose et certains personnages restent une énigme. Finalement seule la partie dans une Venise hors saison, pleine de dédales et inquiétante à souhait m'a plu, le problème c'est que ça arrive bien tard et que ça ne dure pas longtemps.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

168 abonnés 2 041 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 août 2015
Globalement captivant, ce film est magnétique tant que les mystères guident le spectateur vers une fin prometteuse. Malheureusement, a posteriori, lesdits mystères et l'ambiance glauque (très bien gérée dans les recoins utiles de Venise) ne mènent à rien. Pour comprendre la fin, il faut un énorme effort d'attention. Un trop gros effort pour ce qu'elle signifie. Et une intrigue du type telle qu'elle est finalement révélée ne va pas avec l'histoire d'un couple à peine moins ordinaire que d'autres. Décevant pour son exagération d'un côté, et de l'autre pour tout ce que le film met en oeuvre pour pas grand-chose.
Nico591
Nico591

54 abonnés 800 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2015
Ce film sur un couple face au deuil de leur enfant est empli d'un climat insidieux qui flirte souvent avec le fantastique.
Le fait que le film se passe à Venise apporte une plus value indéniable grâce à son coté baroque et romanesque.
Jacques Paganel
Jacques Paganel

1 abonné 59 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 octobre 2014
Bon, disons en préambule que ce film date, de par sa réalisation et par le jeu des acteurs. Le scénario est des plus confus, mais ce qui est le plus énervant est cette réalisation avec de pseudo effets artistiques (?) ou créatifs (?).

Par exemple la scène où les parents sont au lit à se faire plein de mamours entrecoupée de plans où ils ont fini et s'habillent, et ça dure....

Ça dure, ça dure, ça dure toutes ces séquences où on croit que c'est fini, et puis non.... ce qui nuit à la compréhension du scénario (mais il y a-t'il quelque chose à comprendre ?

Bref, une prestation très soporifique...
ManoCornuta

367 abonnés 3 095 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 30 juin 2014
Le scénario est aussi incompréhensible que les bonnes critiques ayant accompagné ce film. Au bout d'une heure, on cherche encore à saisir le fil de l'histoire, ce n'est qu'un enchaînement de plans sans queue ni tête, avec une réalisation des plus datées. Franchement pas terrible, ce qui est regrettable quand on pense aux acteurs.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 29 juin 2014
Un film singulier, à ne pas mettre entre toutes les mains. Le film peut paraitre décevant pour certains, envoutant pour d'autres. Moi, j'ai vraiment apprécié, car j'ai senti que le réalisateur a réussi le film qu'il a voulu faire. Certains films ont des fins ouvertes, mais ici, c'est vraiment le "film" qui est ouvert, nous sommes plongés dans une incompréhension totale tout au long du metrage, comme si nous étions a la place du protagoniste. La mise en scène est brillante, malgré quelques lourdeurs ( SPOILER : a la fin du film, quand on voit la vie de Sutherland défiler devant nous, chose dont laquelle nous aurions pu nous passer. Le film peut s'avérer parfois angoissant, voire effrayant.
Voila un thriller sujet a controverse auquel nous pouvons accrocher ou non, mais qui ne laisse pas indifferent. Du très bon cinéma selon moi.

Ps: autre bemol, une musiquette pas toujours très adéquate, et un peu vieillote.
Benjamin A

818 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2014
Pour son troisième film « Don’t Look Now », Nicolas Roeg adapte la nouvelle « Pas après minuit » de Daphné du Maurier, nous faisant suivre un couple récemment perturbé par la mort de leur jeune fille qui se rend à Venise, ils y rencontreront une médium aveugle qui se dit porteuse d’un message d’avertissement de la part de leur fille…

Nicolas Roeg instaure un climat mystérieux de plus en plus envoutante tout le long du film, il laisse des indices et questionne le spectateur, se posant les questions de qui sont les deux vieilles femmes et que veulent-elles dire lorsqu’elle annonce que John court un grave danger, est-ce que John a vraiment vu Laura à Venise alors qu’elle était retourné en Angleterre, puis Christine… Im maintient le suspense de bout en bout.

Il instaure un climat de plus en plus troublant, oppressant et angoissant et dose intelligemment le fantastique et le surnaturel dans son cadre réaliste. De plus, il a la bonne idée de prendre Venise comme cadre qu’il filme de manière froide mais adéquat au récit et se sert à merveille de ses canaux et de ses rues, donnant de superbes images.

Julie Christie et Donald Sutherland sont excellents dans la peau de leur personnage complexe, cherchant à oublier le passer, continué à vivre (ce qui est plus difficile pour Julie Christie) et à comprendre ce qu’il se passe et les éléments qui se présentent en face d’eux. Les seconds rôles aussi avec parfois des personnages terrifiants !

Un film tour à tour mystérieux, angoissant ou encore glaçant, bien réalisé et très bien interprétés par le couple Julie Christie/Donald Sutherland.
tomPSGcinema

886 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 janvier 2014
Adapter d'une histoire de Daphné Du Maurier, "Ne vous retournez pas" est un thriller fantastique qui sait faire naître une certaine angoisse chez le spectateur qui passera a n'en point douter un excellent moment si il recherche une oeuvre oppressante. L'excellente mise en scène de Nicholas Roeg y est clairement pour quelque chose (la scène du meurtre à la fin du film est un modèle du genre), tout comme la superbe photographie qui confère une atmosphère extrêmement particulière à la ville de Venise qui n'est pas montré ici comme un endroit bien romantique. En plus, le couple que forme Julie Christie et Donald Sutherland fonctionne de la plus belle des façons et Hilary Mason campe avec un réel talent le rôle du médium.
QuelquesFilms.fr

366 abonnés 1 782 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 31 décembre 2013
Le scénario, inspiré d'une nouvelle de Daphne Du Maurier, est un pot-pourri indigeste d'épouvante, de fantastique et de thriller. Il cultive trop d'éléments disparates (à la mode des sixties-seventies) et trop d'effets de mystère gratuits pour être vraiment cohérent ou convaincant. Mais il y a pire : le style. Nicolas Roeg, ancien chef opérateur de Schlesinger, Corman ou Truffaut (Fahrenheit 451), n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. Caméra tremblotante ou furieusement agitée, zooms et ralentis bourrins, gros plans bien appuyés, montage hyper saccadé avec une multitude de plans courts... Cette frénésie pompière agace très vite. Ajoutons à cela une symbolique grossièrement filée (la couleur rouge, rappelant la couleur de l'imperméable de la fillette défunte) et l'on obtient un film toc-toc-boum-boum (aussi subtil que son titre), qui fait écho aux pires productions de Roger Corman ou de Dario Argento. On se console toutefois un peu avec les décors de Venise, saisis sous des angles inquiétants et une lumière glauque, joliment décadents. Et puis il y a la coiffure de Donald Sutherland, cette touffe parfaitement bouclée, qui constitue le principal objet de curiosité du film.
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