Une mauvaise adaptation et un mauvais film.
Pourquoi une mauvaise adaptation ? Tout d'abord parce que le réalisateur et interprète principal de Don Juan ne parvient à montrer que l'aspect le plus égoïste et antipathique d'un mythe pourtant fascinant aux facettes diverses. Ici, Don Juan est gras, repoussant, et ne compense pas son physique, certes très secondaire, par la parole charismatique et séductrice de la pièce d'origine. Son jeu est monocorde, sans nuance, déplaisant, parfois même grotesque
cf la scène de sa mort à la fin, totalement ridicule et sans la justification du fantastique
. Tout paraît monotone. Comment l'expliquer ? Weber a fait le choix de remanier complètement l'ordre des différentes scènes de la pièce d'origine. Pourquoi pas, me direz-vous. Mais ici, ce ne l'est pas du tout à bon escient. Pourquoi avoir mis la scène de M. Dimanche, l'usurier, supposé être comique (et qui ne l'est par ailleurs pas du tout dans le film) au cœur de la réconciliation avec son père ? Le film est conçu tout du long comme une enfilade des différents passages de la pièce disposés sans queue ni tête, atténuant nettement leur efficacité et leur portée. Et encore, ce n'est pas du tout une fanatique de Molière qui vous parle !
Mauvais film, par son rythme brisé par les interminables déplacements des personnages, entre chaque scène, voire au beau milieu d'un dialogue. Toujours les mêmes scènes de chevauchées ou de déambulation de personnages qui ne cessent de se fuir parmi les gazouillis des oiseaux. Quand le texte de Molière fuse de toute part et part dans tous les registres, il est là immédiatement ralenti, étiré, distendu. Peut-être pour retranscrire l'impression de langueur et d'étouffement. Mais le film devient ennuyeux par la répétition.
Une entreprise très ambitieuse de la part du réalisateur, qui a été aussi sans doute un prétentieux de s'accaparer le rôle principal, mais pas de manière pertinente. Raté du début jusqu'à la fin pour moi.