Avis sur Les Hallucinations du Baron de Münchausen
Les Hallucinations du Baron de Münchausen
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Redzing
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3,0
Publiée le 20 juin 2016
Malgré ce que le titre suggère, "Les Hallucinations du Baron de Münchausen" n'a pas grand chose à voir avec les fameuses aventures du-dit Baron. Il s'agit en fait d'une succession de mauvais rêves d'un aristocrate qui a trop bien dîné. Celui-ci va littéralement voir une série de tableaux s'animer, amenant des créatures étranges, et des situations fantastiques. A défaut de proposer une vrai intrigue, Méliès amène des visuels et des effets originaux, qui partent dans tous les sens avec le brin de folie qui caractérise le réalisateur. Amusant.
Le baron de Münchausen va faire des songes étranges après avoir bu et mangé plus que de raison. Ce sera alors l'occasion pour Georges Méliès, durant 10 minutes, de s'amuser avec des trucages et un montage alors balbutiant mais plein d'avenir.
Sur le plan technique, c'est donc intéressant car ce sont les débuts du cinéma. Il y a un petit côté voyage dans le temps en regardant ce court-métrage qui a plus de 100 ans.
Sur le plan de l'histoire, c'est très laissé de côté pour se concentrer sur la technique. Pourtant, 3 ans après seulement, apparaissait au cinéma le personnage de Charlot, qui, lui, aura une histoire beaucoup plus poussée.
"Les Hallucinations du baron de Münchausen", c'est donc intéressant de le voir une fois pour se rendre compte de la technique et avoir un petit aperçu de l'histoire du cinéma mais ce n'est pas lui qui va graver ma mémoire.
Les Hallucinations du baron de Münchhausen, réalisé en 1911 par Georges Méliès, reprend librement l’imaginaire du célèbre baron pour en faire une succession de visions fantastiques. Le film ne raconte pas vraiment une aventure structurée, mais s’appuie plutôt sur la logique du rêve et de l’hallucination.
Le court métrage appartient à la période tardive de Méliès, à un moment où son cinéma de tableaux, de décors peints et d’apparitions commence à appartenir à une autre époque. Là où le cinéma évolue de plus en plus vers le montage, la narration longue ou le réalisme dramatique, Méliès reste attaché à une forme de spectacle frontal proche de la scène de magie.
Le film garde malgré tout un intérêt dans son usage du rêve comme espace visuel. Le personnage devient le spectateur de ses propres hallucinations, face à des apparitions, métamorphoses et visions étranges. Le miroir, les décors et les figures fantastiques rappellent les grandes obsessions de Méliès, entre féerie, cauchemar et illusion théâtrale.
J’ai été déçu par ce Méliès. On voit malheureusement qu’il est dépassé par ce qui se faisait déjà à son époque. Même dans le registre du cinéma à trucs, qui reste pourtant son domaine, j’ai eu l’impression de voir un film moins complet et moins inventif que d’autres propositions contemporaines.
Un court métrage intéressant comme témoignage du Méliès tardif, mais davantage révélateur de la fin d’un cycle que d’une véritable avancée dans le cinéma fantastique ou le film à trucages.