Tamara Drewe
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Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 octobre 2012
Drôle d'idée de la part de Stephen Frears que d'adapter ce roman graphique (le roman graphique est à la bande dessinée ce que le technicien de surface est au balayeur) de l'Anglaise Posy Simmonds, couronné au Festival d'Angoulême en 2009. Drôle d'idée, car la marge de manoeuvre laissée au réalisateur se trouve réduite par rapport à l'adaptation d'un roman, surtout si comme Stephen Frears et sa scénariste Moira Buffini, on attribue à la B.D. le rôle de story-board, ainsi que le raconte cette dernière : "Il nous est souvent arrivé de tourner une scène, puis de regarder dans le livre en nous disant qu'on ne pouvait pas faire mieux".

De fait, la fidélité à la B.D. est absolue, que ce soit dans le casting, les décors, le découpage et les choix de cadrage. Est-ce cette fidélité, ou la trame même de cette histoire de pension pour écrivains propice à tous les marivaudages, qui explique la bizarre impression de se trouver face à un récit à la fois terriblement bavard et en même temps engoncé dans un cadre trop restrictif ? Toujours est-il que, malgré des rebondissements romanesques à la pelle, on en arrive à partager l'avis que Beth porte sur le livre d'un de ses pensionnaires : c'est trop écrit, et que plus grave, on finit par s'ennuyer.

Stephen Frears explique une des raisons de son choix : "Le scénario proposait un élément rare : les Anglais ne font pas de films sur la bourgeoisie. c'est davantage une tradition française, regardez les films de Chabrol sur la bourgeoisie...". Remarque intéressante, et vraie au moins en creux, quand on voit la capacité du cinéma britannique à raconter la vie de la classe ouvrière (Ken Loach, Mike Leigh, Mark Herman) comparativement au cinéma français. Mais concernant "Tamara Drewe", on est plus proche de Pascal Thomas que de Claude Chabrol, car le milieu décrit est bien trop propice à la caricature : toute la palette d'écrivains, du thésard coincé à la spécialiste du polar lesbien, star de rock ou journaliste bobo, et on ne peut pas compter sur Posy Simmonds et Stephen Frears pour avoir une quelconque analyse sociale au delà de cette collection de portraits et de situations plutôt stéréotypés.

Tardi a écrit : "Le western ne fonctionne pas dans la bande dessinée, et c'est un genre essentiellement cinématographique. Peu importe les qualités de Gillain ou de Giraud, aussi bons dessinateurs soient-ils, jamais leurs chevaux ne galoperont." Je retourne ce constat dans l'autre sens : la B.D. s'est nourrie du cinéma et lui a emprunté ses codes pour inventer son propre langage, et la démarche d'adaptation de petits mickeys au grand écran fait penser à une traduction de traduction. Faute de l'avoir compris, Stephen Frears gâche son talent - car il en a, et il nous le montre même ici plusieurs fois -, et nous fait regretter le film de l'acabit de "My Beautiful Laundrette", des "Liaisons dangereuses" ou de "The Queen" qu'il aurait pu tourner à la place.

Critiques Clunysiennes
http://www.critiquesclunysiennes.com
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 20 octobre 2012
Une semaine après, je ne sais toujours pas bien ce que j’en ai pensé : Ai-je aimé ? Ai-je détesté ? Mon cœur balance… Tout ce que je sais c’est que j’ai ri. Les anglais me surprendront toujours d’ailleurs avec leur humour bien de chez eux, à la Monty Python. Ils ont l’art de tourner des événements tragiques en moments hilarants. Stephen Frears (The Queen, High Fidelity, Liaisons Dangereuses) et autres réalisateurs britanniques comme Mike Newell (4 Mariages & 1 Enterrement), Richard Curtis (Love Actually) ou encore Terry Jones (Monty Python), font le cinéma comique so british d’aujourd’hui. Leurs films sont toujours amusants, distrayants, bourrés d’esprit et indémodables.
Tamara Drewe n’échappe pas à cette règle : le film est certes drôle, intelligent, parfois acerbe mais plus léger que corrosif. Il est mit en scène dans une agréable photo bucolique de la campagne britannique atypique, mais il manque quelque chose, ou plutôt, il y a des choses en trop à mon goût. Comme par exemple ce côté particulièrement border line que les anglais ont souvent, mais qui là reste souvent en travers de la gorge. Je ne vais pas vous spoiler l’histoire, loin de moi cette idée, mais il y quelques moments qui ne sont pas passés, notamment avec l’acteur qui joue l’écrivain célèbre (Roger Allam) qui ne se comporte pas forcément comme le mari parfait.
Selon le réalisateur Stephen Frears (que j’admire beaucoup), son film s’apparente à « une comédie pastorale légère », et je pense que c’est parfaitement résumé. Son choix de distribution m’a au départ étonné, comme Gemma Arterton (Le Choc des Titans, Prince of Persia, Good Morning England) qui joue Tamara, et qui s’est étonnamment bien approprié le rôle. Lorsqu’on réfléchi sur son choix d’avoir participé à deux des plus gros blockbusters carrément médiocres de l’année 2010, on peut s’étonner de la voir dans un film britannique à petit budget (comparé aux deux derniers). Je pense également à Dominic Cooper qui est incroyable dans son rôle de batteur horripilant. Enfin, je voudrais faire une mention spéciale pour Jessica Barden qui joue le personnage de Jody et qui est absolument parfaite dans son rôle de pré-ado intenable.
jujucarter
jujucarter

8 abonnés 201 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 octobre 2012
Un film très anglais, à l'humour et au charme d'un petit village de la campagne londonienne... L'histoire est assez originale et le dénouement est intéressant !
L_huitre
L_huitre

101 abonnés 373 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 octobre 2012
J'y suis allé car j'aime les comédies anglaises, et l'humour britannique un peu décalé. Avec cette science innée de nos voisins pour les réflexions vachardes ! Autant le dire, Tamara Drewe m'a un peu déçu. Je m'attendais au vu des bandes-annonces, à une fille semant la concupiscence, sans se soucier des tempêtes que cela soulève. Mais, le personnage n'est pas ce que l'on nous a vendu : c'est davantage une pauvre fille, mal à l'aise dans ses baskets, et qui est un peu perdue. Elle est ballottée de l'un à l'autre, victime, en plus, des mauvaises blagues de deux gamines désoeuvrées. L'ensemble est plaisant ; la campagne anglaise superbe ; les échanges parfois savoureux... Mais cela manque de fil conducteur, et le spectateur n'y trouve pas son compte de vibrations ou de plaisirs partagés. Le plus amusant reste la composition d'une gamine de 16 ans totalement délurée, fan éperdue d'un rocker qu'elle fera tout pour rencontrer. Bref, je suis resté sur ma faim... Mais, n'hésitez pas à vous faire un petit sandwich de ce film. Il se laisse grignoter sans déplaisir.
Ewen Blake
Ewen Blake

192 abonnés 1 322 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 septembre 2012
Une comédie bucolique british paresseuse. Parce qu'il s'agit de Stephen Frears on essaye de voir plus loin que ce qu'est Tamara Drewe: une comédie légère qui prête à sourire sans jamais vraiment déclencher le rire et qui épuise ses rares bonnes idées, sa BO et ses réparties en 30min. D'ailleurs c'est un peu près le temps qu'il nous faut pour deviner qui va finir avec qui et les quelques rebondissements ne suffisent pas à masquer la maigreur d'un scénario poussif. Auteur oblige, on cherche et on met en avant les atouts de Tamara Drewe, son "exploration de l'âme humaine" comme un critique Télérama se plairait à écrire, sa description des petits arrangements avec la morale que l'on s'autorise. Mais c'est oublier que la galerie de personnage est constituée de clichés indignes (le jardinier simplet et musclé, les gamines attardées, le batteur rock'n'roll, l'ingénue un peu sotte...). Le scénario et les situations le garnissant ne méritent pas non plus un oscar. A cet égard l'irruption de la mère de Jody dans sa chambre tapissée de posters demandant "Qui est Ben ?" constitue une provocation offensante à notre intelligence. Gemma Aterton reste un plaisir pour les yeux et la fin quoique attendue sur le fond est réussie dans sa forme. Une critique prolixe pour un film médiocre qui ne le mérite qu'à moitié. Une scène: "I didn't know they provided the material too"

Ce film me permet une réflexion plus global sur le cinéma et une ode au public, vous, moi, critiques amateurs dotés d'un regard inculte mais libéré. Car une fois de plus lorsqu'un "nom" du cinéma ne se foule pas trop (Burton et son Dark Shadows, Scorcese et son Hugo Cabret) les critiques presses, bien davantage que le public, restent enthousiastes. Celles-ci ont ainsi bien du mal à juger l'oeuvre pour ce qu'elle est en faisant abstraction de la réputation de son auteur. Est-ce la nostalgie des souvenirs qui influe sur leur jugement, la force de l'habitude ou la tendresse éprouvée à des cinéastes qui ont forgé leur amour du 7ème art à coup de chef d'oeuvres ? A moins que cela ne soit la pression inconsciente du public qui ne supporterait pas que l'on détruise ses idoles ? Sur ce point Allocine nous apporte un démenti formel, le public reconnait les erreurs de parcours et les sanctionne sans indulgence. On ne peut donc que remercier Allociné d'apporter une alternative (le contre pouvoir que représente nos voix) aux Inrocks, Le Parisien ou autres Mad Movies partenaires complices et complaisants trop promptes à envoyer les moutons visionner des films alimentaires d'anciennes gloires et enfonçant dans la sclérose le monde du cinéma.
Damien H.
Damien H.

15 abonnés 344 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2012
Une comédie britannique (à voir en VO donc), avec ce fameux humour très pince-sans-rire. C'est un chronique sur la vie dans un coin paumé de la Grande-Bretagne durant toute une année, avec ses ados qui s'ennuient, ses écrivains improductifs qui cherchent la tranquillité, et ses vaches.

Des personnages tous aboutis et attachants, sans gentil ni méchant. Les acteurs tiennent bien leur rôle.

Bref, un bon coup de coeur.
soniadidierkmurgia

1 457 abonnés 4 364 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 février 2015
Certains affirment que depuis quelque temps, le cinéma de Stephen Frears ronronne, se contentant d’exercices de style dans différents genres comme le film historique (« The Queen », le film à costumes (« Cheri », « Mme Henderson présente »), le film à suspense (« Dirty Pretty things ») ou la comédie comme avec ce « Tamara Drew » dernier opus en date du réalisateur anglais. Il est vrai que les dernières livraisons de Frears n’ont pas la percussion de ses meilleurs films quand il était à son zénith dans les années 1990, toutefois une légère baisse d’inspiration ne vaut pas de jeter aux chiens cette comédie qui démontre que le savoir-faire et l’expérience acquise permettent l’accomplissement d’un travail fort honnête même s’il n’est pas toujours génial. La critique est souvent impitoyable avec un réalisateur auteur quand il se transforme en solide faiseur et préfèrera toujours accorder ses louanges à un de ses confrères qui se répéte en tentant de donner l’illusion que sa verve créatrice est toujours présente. Cette gentille comédie qui rappelle un peu « Another year » de Mike Leigh sorti la même année est une joyeuse moquerie à propos de ces écrivains à succès ayant acquis un statut qui leur permet de vivre sur leur lauriers en se comportant comme des petits maîtres avec leur entourage immédiat. C’est exactement la position de Nicholas Hardiment (Roger Allam) qui a fait de sa bourgeoise demeure campagnarde un lieu où les apprentis écrivains viennent chercher leur inspiration et peaufiner leur style auprès d’un modèle de réussite. Mais Nicholas est tiraillé par sa libido qui lui intime de tromper sa femme avec toutes les jeunes femmes qui passent à portée de son stylo plume. Ces écarts sont l’occasion de scènes de ménages épiques avec son épouse Beth (Tamsin Creig) face aux pensionnaires ravis de constater que leur maître à penser est aussi soumis aux tracas terrestres. Quand Tamara Drew jouée par la très pulpeuse Gemma Arterton débarque au pays après l’avoir désertée pendant plus de dix ans et s’être offert un nouveau visage suite à une rhinoplastie, tous les hommes du village et particulièrement Nicholas sont en émoi. A partir de cette mise en place vaudevillesque, Frears en vieux routier n’a plus qu’à dérouler tous les ressorts traditionnels de la comédie. On sourit souvent aux déboires amoureux de cette petite tribu espionnée par deux petites chipies que leur amour immodéré pour une star de rock venue se perdre dans cette campagne pour les beaux yeux de Tamara va conduire à déclencher une série de catastrophes aboutissant au drame. On retrouve ici le non conformisme de Frears qui choisit de ne pas cèder jusqu’au bout aux canons du genre pour régler au final ses comptes avec le personnage somme toute assez détestable que représente cet écrivain égocentrique et sans réelle consistance. L’acidité de la conclusion montre que le séjour de Frears aux Etats-Unis lui a transmis un puritanisme l’inclinant à ne pas laisser impunis les accommodements avec les lois de la morale chrétienne. Il faut peut-être voir là une des explications de cette perte de causticité qui peut lui être reprochée aujourd’hui
bibialien
bibialien

46 abonnés 794 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juillet 2012
Les anglais ont vraiment le sens de la comédie. Léger, ce film nous emporte dans la vie des personnages tout en finesse et avec cet humour très spécial et particulier. Bref je le recommande vivement
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 juillet 2012
Tamara Drewe est une excellente comédie réalisée avec une touche particulièrement Anglaise. Les situations auxquels les personnages sont tous liés d'une manière ou d'une autre sont toutes aussi dramatique que hilarantes et savoureuses. Tamara Drewe vient bouleverser ce petit village ennuyeux pour certains (l'excellent personnage blasée et machiavélique de Jody) et ses habitants un peu loufoques. Très bien !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 août 2014
Un film à la fois touchant et drôle, un très bon moment, à voir !
blacktide
blacktide

81 abonnés 795 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juillet 2012
Une comédie anglaise avec la sublime Gemma Arterton (prince of persia) réalise par Stephen Frears qui fait une comédie assez particulière et assez vulgaire. De bons acteurs comme Dominic Cooper et Luke Evans. Un scénario pas mal mais un film sans grand intérêt avec les beaux paysages de la campagne anglaise. À voir si vous vous ennuyer un week end. Pas un chef d'oeuvre mais regardable. Bof!
Plume231

4 425 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juin 2012
Pas détesté du tout ce Stephen Frears qui ne fait pas toujours dans la subtilité mais qui propose une croustillante étude de caractères bien cynique comme les anglais savent les faire et comme j'adore que les anglais les fassent. Les paysages de campagne anglaise, dont je me lasse jamais de contempler la beauté, ajoutent au plaisir surtout qu'une des originalités du film réside dans le soin scrupuleux apporté à l'image pour lui donner un côté "illustrations de livre" ; ce qui tombe bien puisque c'est l'adaptation d'un roman graphique. Le pivot de l'histoire ce sont Tamara Drewe et sa rhinoplastrie mais c'est surtout dans la description des autres personnages que l'oeuvre trouve son intérêt. Impossible notamment de résister à la jeune groupie un peu fêlée sur les bords qui déclenche directement ou indirectement la plupart des événements aussi absurdes que drôles du film.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 15 juin 2012
Pas exceptionnel, mais une gentille comédie un peu dramatique qui se laisse regarder avec plaisir.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 4 juin 2012
Quand le vilain petit canard, devenu cygne, revient au village : c’est drôle, méchant et fin. Un bijou de comédie 100% British.
chrischambers86

16 226 abonnés 13 201 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mai 2012
Chassè-croisè amoureux dans la jolie campagne anglaise et au beau milieu de tout ça la magnifique Gemma Arterton alias Tamara Drewe! C'est d'ailleurs le titre du film, une chouette comèdie dramatique mit en scène par Stephen Frears qui se sert de ce film pour s'amuser...et nous amuser surtout! Alors nous avons ici la belle Tamara qui dèbarque de Londres pour s'installer à la campagne, bouleversant le quotidien d'un village jusqu'ici paisible! On sent encore une fois que Frears avait envie d'une bouffèe d'oxygène loin de "Dangerous Liaisons" et des intrigues de Buckingham Palace, même si on retrouve dans ce mètrage des liaisons toujours aussi dangereuses et des intrigues souvent juvèniles! il y a un clash de culture dans "Tamara Drewe", entre urbain et rural, entre libèraux et conservateurs! En fait tout les oppose et c'est ce qui donne à ce film attachant une petite saveur sucrèe, servi par des comèdiens de talent, qui s'amusent tout autant! A commencer par notre ingènue prèfèrèe qui porte le nom de Gemma Arterton! Cette formidable beautè se fait presque voler la vedette par une chipie adolescente jouèe par une très prometteuse Jessica Barden...
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