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Un visiteur
0,5
Publiée le 28 mai 2011
Je me demande si les critiques ciné professionnels ont vraiment regardé ce film avant de faire leur critique. Certes, tout le monde a le droit d'avoir son opinion sur un film. D'ailleurs je trouve que la différence d'opinion ne me fache pas mais très souvent m'enrichie. Mais comment peut on voir des choses qui n'y sont pas? Je ne sais pas. Maintenant mon avis personnel: j'ai attendu longtemps avant que ce film passe au ciné et je m'attendais à voir un petit bijou. Et je trouve un film chiant, un film de vieux qui n'attendent que la mort. Et c'est tant mieux tellement ils sont nuls et mesquins! Une autre année? Oui, mais une année vide, plate, sans projet, sans avenir, sans rien qui pétille. Après "viedemerde.com" voici "uneautreannéedemerde.com". A déconseiller aux neurasthéniques.
Mike Leigh fait des victimes. Secrets and Lies déjà sublime, en 1996, trouve un bel écho dans cette géographie de l'âme. Tourments, sentiments à fleur de peau et avant toute autre chose, un pessimisme extra-ordinaire, une tristesse nimbée d'un sens exquis du réalisme, condition absolue du mieux vivre. A ne pas rater.
"Another Year" n' a pas de véritable fil conducteur hormis ses protagonistes principaux (Thom et Gerry, Joe et Mary). On suit le quotidien d' un couple londonnien sur une année, ce qui donne l' opportunité au réalisateur de segmenter son film en 4 unités de temps différentes (les 4 saisons, ce qui j' ai trouvé ne sert a rien). On peut voir les personnages évoluer, quoi que le mot est un peu fort (au début Mary n' a pas de voiture, a la fin sa voiture part a la casse...pas très palpitant tout ça!). Bref le seul véritable intéret scénaristique résidait dans l' amour a sens unique de Mary a Joe, thème finalement très peu exploité et qui sert uniquement de prétexte a des plans fixes interminables et des scènes totalement barbantes. Cependant, un certain charme opère, certains personnages sont attachants, et la musique bien sentie.Bref un film qui prend son temps, peut-etre trop, qui ne veut rien raconter, qui ne veut rien prouver, juste laisser le temps au spectateur de partager une tranche de vie ordinaire avec Thom et Jerry...On adhère ou pas, pour ma part je me suis ennuyé!
C'est un film que j'attendais avec une énorme impatience, depuis sa présentation au dernier festival de Cannes, et la palme du coeur décerné par une grande majorité des critiques. Vu le sujet et la grande sensibilité de Mike Leigh dont j'avais adoré all or nothing ou secret et mensonges, je me disais que ce film allait me faire chavirer comme jamais. Or, je dois le reconnaitre, comme assez souvent dans pareil cas, le film m'a laissé en bouche le gout de la -légère- déception, d'autant plus cruelle que je ne saurais pas réellement en définir les raisons. Certes, la réflexion sur le temps qui passe et les relations familiales et amicales ( que peut on accepter en amitié, et que doit on faire primer la famille ou les amis?) est présente, et très subtilement amenée. Le film pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses, et c'est peut etre la force et ses limites de ce film. Lorsqu'on quitte la salle, il y a comme un gout d'inachevé, on est content d'avoir partagé 2 heures en compagnie de ces gens, mais on aurait certainement aimé être plus emporté, plus ému par leurs destinées. Refuser les rebondissements incroyables et les portes qui claquent est un parti pris salutaire qui change du tout venant, mais hélas, il manque peut etre un tout petit peu de cinéma là dedans.
Une année de la vie d'un couple paisible de retraités. Leurs amis, leur fils, un quotidien fait de choses simples. Et qui cache une sourde méchanceté. Une apparente bienveillance qui ne pardonne aucune maladresse. Des gens bien comme il faut du moment que leur tranquillité n'est pas parasitée par les soucis de leur entourage. Du moins, pas n'importe qui. Difficile de donner une image généreuse et attentive lorsque la détresse des autres vous est renvoyée dans la figure. Une chronique d'une certaine génération, prompt à la mansuétude en fonction de leur code moral. Être ouvert sans l'être véritablement. Des gens effrayants comme on en connaît beaucoup finalement.
Dans certaines vies, il n’y a pas de meilleurs moments parce qu’il n’y a même pas de bons moments… Il n’y a presque pas de souvenirs quand arrive l’âge mûr, puis le naufrage de l’âge sur… Tom et Gerry, (oui, ça ne s’invente pas !) respectivement géologue et psychologue, sont de sympathiques sexagénaires autour desquels gravitent quelques électrons qui se croient libres mais ne sont que seuls… ils vieillissent tendrement et calmement dans les allées de leur jardin, et on les suit depuis la plantation des tomates au printemps jusqu’à la récolte des fruits et à l’arrachage des vieux pieds pourrissants au début de l’hiver… une autre année écoulée… Leurs amis solitaires fument, boivent et se raccrochent à eux comme à un îlot de survie, notamment Mary (formidable Lesly Manville !) qui n’a pas plus de repères qu’une ado. Il y a chez eux quelque chose d’usé, quelque chose d’inassouvi, une pathétique solitude qui n’arrive même plus à se mentir à elle-même… Et puis il y a des familles qui s’effritent, des solitudes dont on ne parle même pas, des détresses sans éclats, sans tapage, des mélancolies sans effondrement ni pathos, mais aussi des petits moments humbles mais partagés, une lucidité qui sent le jardin mouillé et la sérénité, un subtil parfum d’espoir… Criant d’une vérité magnifique et bouleversante !!!
Ce film donne furieusement l'envie d'écouter à nouveau les "Quatre saisons" tellement on retrouve la truculence, la vitesse d'exécution, la logorrhée, les couleurs, l'imagination de l'œuvre de Vivaldi. Structurés de la même façon, on découvre, dans les dialogues et le jeu des acteurs du film de Mike Leigh, les intonations capricieuses, primesautières, virevoltantes du compositeur italien. Comme à l'écoute du disque, on se retrouve, à la fin du film, pantelant d'émotion, épuisé par la virtuosité de l'ensemble et délicieusement triste de cette année passée trop vite.
Another Year est un film frais, agréable et sans prétention. Les personnages sont haut en couleur. On suit avec attention leurs hauts et leurs bas. Le film réalise un bon alliage d'émotion, ainsi éprouve-t-on pitié, rire, joie, tristesse à la suite ou en même temps. Pas de scénario pharaonesque, un scénario simple mais riche. Another Yera est une petite perle qui se fait rare.