Rien que le nom et l’affiche donnent envie. Des femmes en soutifs dans une usine Ford, les années 60, et un vent de protestation dans les rangs.
Nigel Cole a su filmer ses femmes aux multiples désirs et contradictions. Il amène, grâce à la réalisation et au cadre, une douceur et une sensualité qui portent la force du propos. Sally Hawkins (Fleur du désert, Poppy, Une éducation, Never Let me go) prodigue à son personnage puissance et grâce de manière complémentaire. Ces camarades hautes en couleurs (de la blonde qui rêve d’être mannequin à la brune façon Hairspray) apportent une luminosité, empêchant de tomber dans le simple rapport de faits historiques.
Le réalisateur utilise peu d’images d’archives pour illustrer les faits, seulement quelques plans de coupes pour montrer le paysage urbain de l’époque (il me semble que ce sont des archives) mais également, en fin de film, nous montrant les vraies manifestantes de l’époque. Ainsi, il ne tombe pas dans le simple documentaire fictionnel, mais tend plutôt vers un embellissement de la réalité (inverse du documentaire ?), nous relatant l’histoire (avec ou sans H majuscule) avec humour et sensibilité.
Mais il s’agit avant tout de parler de la place des femmes, au travail mais aussi dans le couple. Pas facile de faire comprendre aux hommes qu’une femme peut-être autant qualifiée qu’eux lorsqu’elle est dominée par ses patrons (masculins) mais aussi par son mari ou le professeur de mathématiques de ses enfants. Les syndicats de la boite américaine, qui au début essayent de soutenir les ouvrières, leur demandent de se taire pour mieux laisser parler les hommes. Or, des femmes en colère qui souhaitent faire grève, ne vont pas se laisser marcher sur les pieds comme ça. Le film met un accent sur l’hypocrisie plus ou moins non consciente des hommes et questionne largement la place de chacun. Malgré le sens quasi unique de la réflexion (proféminin, antimasculin), il y a encore de la place pour que le spectateur puisse se faire sa propre opinion.
Film largement féministe, qui ne fait pas vraiment la part belle aux hommes. Et même si vers la fin, ça commence un peu à trainer, il n’en perd aucunement sa fraicheur ou son propos. À voir si l’on est une femme, à voir si l’on est un homme !!!