Qu’est-ce qui pouvait motiver plus que deux invitations, si ce n’est l’envie de voir, une fois encore, le fruit d’un manque d’imagination exemplaire de la part d’Hollywood ? Rien. Strictement rien. Et tandis que je pourrais vous balancer une bonne centaine de lignes sur ce que dégage ce LOL USA, il n’y aura ci-dessous que trois principales raisons de fuir ce long-métrage comme la peste – quand bien même la simple idée d’aller le voir ne vous serait jamais venue à l’esprit. À noter aussi que si celle-ci persiste après la mise en garde qui va suivre, il est fort recommandable de consulter d’urgence. Bien le bonjour chez vous. Première raison : Première raison. Non, il n’y a pas d’erreur dans cette fameuse « première raison » qui en dit long sur le film. Certes, il faut chercher mais pourtant, cela ne vous semblera plus si abstrait après réflexion. Du moins je l’espère. Tout d’abord, il y a ce LOL (Laughing Out Loud), un teen-movie très léger qui passerait encore en tant que divertissement, sans atteindre une once de qualité pour autant. Puis il a fallu que Lisa Azuelos, la réalisatrice, soit emplie d’une certaine pulsion de mégalomanie, qui la poussa à exporter ce succès national… aux USA. Sans aucune surprise, l’œuvre en question se nomme tout bonnement LOL USA et s’impose comme étant le copié/collé quasiment "parfait" du film original – en lui enlevant tout aspect sympathique que l’on pouvait, à la rigueur, attribuer à ce dernier. En effet, la majeure partie des répliques (bien que quelques phrases semblent s’adapter au système de censure américain), des péripéties etc. est reprise sans vergogne et témoigne d’un gigantesque manque d’imagination de la part de la fameuse réalisatrice. Par ailleurs, même les musiques – profondément nullissimes – du film originel sont exploitées jusqu’à l’écœurement… Deuxième raison : parce que les acteurs de LOL USA ne semblent pas avoir fait le deuil du lycée… Assez directement, tout est de nouveau dit dans le titre. L’ensemble manque cruellement de crédibilité. Particulièrement dans un casting immensément mauvais où se côtoient Miley Cyrus – la starlette pour pré-pubères élevés au Disney Channel –, diverses lover faces à cinquante centimes et une gente féminine made in China où l’artifice demeure plus que toute autre chose. Si l’on peut tout d’abord apprécier cette brillante vision de la jeunesse actuelle, ainsi que la virtuosité avec laquelle elle est traitée, on en arrive cependant à remarquer un détail frappant : lequel d’entre eux serait, un tant soit peu, susceptible d’être encore au lycée ? Tous ont probablement la vingtaine passée et, dans le fond, ne forment qu’un élément de plus à cette superficialité persistante dans ce LOL au rabais (tandis que ce dernier était préalablement soldé). Fort heureusement, la réalisatrice aura tout prévu et nous offrira tout du long une superbe vue sur le soutien-gorge de Miley Cyrus, dans le but certain de nous étourdir le cerveau (non, bien entendu, je ne pense pas ce que je dis, là ; mais inspiré de faits réels tout de même !). Troisième raison : parce que tous les français n’ont pas forcément mangé d’escargots dans leur vie… Très certainement la chose la plus choquante lorsque l’on connait la nationalité de la réalisatrice (française, pour ceux qui n’auraient pas trop suivi) : l’auto-flagellation de celle-ci qui, aux trois quarts de ce long-métrage-déjà-bien-pourri des familles, pousse le film dans une avalanche de clichés extrêmement rocambolesques. Je ne ferai pas durer le suspense (cela dit, les clichés sont souvent les mêmes, mais là, ça bat tout de même pas mal de records) ! De façon purement énigmatique, nos chers teenagers joyeusement attardés s’en vont à Paris – ville de la baguette, de la Tour Eiffel et, bien entendu, de l’accordéon ! Ainsi soit-il, chacun d’eux se retrouve – comme dans le film de base – dans une famille pour le moins originale. Tandis que les uns ont droit à une merveilleuse assiette d’escargots (admettre que l’on puisse manger autre chose dans notre pays sera indéniablement puni, exception faite des cuisses de grenouilles bien entendu), les autres se trouveront au cœur d’une maison où se voue un culte bien étrange. Celui, bien entendu, de Jeanne d’Arc. C’est con à pleurer, à vrai dire… En conclusion, les américains n’ont jamais caché une certaine attache aux remakes. Cette fois-ci, ce n’est ni plus ni moins qu’une réalisatrice française qui s’attèle à réadapter son propre long-métrage, en ne manquant pas de (re)filmer tous les clichés de la jeunesse (et de son pays natal [?!]).