Il y a les séries B d'horreur qui piétinent tout du long, pour se laisser aller à quelques effets sanglants dans les 10 dernières minutes. Et puis il y a "Wishmaster". Une série B totalement décomplexée et très généreuse, qui envoie la sauce dès le début.
Le film raconte l'histoire du Djinn, entité maléfique malencontreusement libérée de l'opale où elle avait été enfermée. Le Djinn est capable d'exaucer les voeux des quidams qu'il rencontre... mais prendra surtout un malin plaisir à retourner les voeux contre ceux qui les demandent !
L'originalité du film, c'est cet antagoniste surpuissant, qui paradoxalement ne peut rien faire contre les humains, si ce n'est détourner leurs souhaits de manière crapuleuse. Il est incarné par un Andrew Divoff qui a la tête de l'emploi, et cabotine gentiment. En somme, imaginez une version perverse et bourrine du Aladdin de Disney, auquel une personnage fera d'ailleurs référence ("forget Robin Williams").
Mais surtout, le réalisateur s'est éclaté dans la réalisation des voeux, enchaînant les effets gores à foison. Pour cause : Robert Kurtzman est à la base technicien en effets spéciaux, et a notamment œuvré sur "Predator", "Darkman" ou "Bride of Re-Animator". On sent aussi que le scénariste Peter Atkins s'est beaucoup amusé à imaginer des versions trash et débridées de voeux simples qui partent en sucette. La fête dans le dernier acte évoque d'ailleurs le carnage de la boîte de nuit dans "Hellraiser 3", scénarisé par le même Peter Atkins.
Malheureusement les quelques effets numériques ont très mal vieilli, et demeurent particulièrement kitsch. Heureusement le gros des effets, c'est du pratique à l'ancienne, réjouissant à regarder. Se permettant à l'occasion de faire des clins d'oeil aux classique de l'horreur ("Alien", "The Thing"...). De même que la distribution, qui contient de nombreux caméos : Robert "Freddy" Englund, Tony "Candyman" Todd, et j'en passe.
Ce qui empêche peut-être le film de vraiment dépasser son statut de série B, c'est une mise en scène qui abuse des jump scare un peu ridicules. Certains semblent tout droit sortie d'une parodie. Et puis la musique très fadasse.
Par contre, faites attention, il existe deux versions du film. L'intégrale, durant 1h30, qui est donc généreuse graphiquement. Et une version censurée de 1h25 qui ôte une bonne partie du fun, jusqu'à rendre certaines séquences incohérentes. C'est malheureusement cette dernière version qui semble circuler le plus.