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Un visiteur
4,0
Publiée le 19 mai 2008
Fin des années 60. Arlo, musicien folk d’à peine vingt ans, se trouve une fac de musique pour éviter la mobilisation pour le Viêt-Nam. Sa tendance naturelle à jouer de la country quand on lui met du Brahms sous les yeux le fait rapidement repérer et mettre à la porte («J’ai toujours eu un don pour attirer les compliments»). Dans l’expectative concernant l’armée, il trace sa route. Il rentre à New York voir son père, Woody, légende vivante de la country, en train de crever de la Chorée de Huntington («Une sorte de blessure de guerre ? — Non, ce n’est pas cette Corée-là.»), et finit par retrouver Alice et Ray, de vieux amis qui ont acheté une église et ouvert un restaurant. Alice, dont la table est ouverte à tous, toujours heureuse de voir ses loosers de beatniks débarquer sans un rond et se poser le temps de reprendre des forces, et qui a quasiment adopté Shelly, un junkie qui tente de décrocher… Mais elle finira par admettre, épuisée : «je suis comme une chienne qui se rend compte qu’elle a eu trop de chiots».
Dans cette église où les déchets s’entassent, Arlo et un copain décident de débarrasser un peu, «parce que c’est un geste sympa pour des amis», entassant une demi-tonne de bordel irrécupérable dans son Combi rouge. La décharge fermée, ils finissent par balancer leur stock sur une décharge sauvage… d’où les flics du coin s’empresseront de les identifier et de les appeler. «Et là, il avait une ou deux solutions : la première, c’était nous remettre une médaille pour avoir été courageux et honnêtes au téléphone, mais honnêtement, on y croyait pas trop…»
Plein d’humour, de petits et de grands drames, d’anecdotes piquantes, Alice’s restaurant est l’adaptation d’une chanson autobiographique d’Arlo Guthrie — qui joue son propre rôle dans le film. Dans la lignée du protest-song, c’est un excellent film où, paradoxaleme oh et puis j'en ai marre de saucissonner cette critique pour qu'elle passe sous les 2000 caractères, vous avez qu'à la lire sur herisson26.free.f
Alice's restaurant fait partie de ces films générationels qui tentent de décrire un certain mode de vie, une culture, une époque. Le mouvement contestataire des années 70(s) est représenté du point de vue des hippies part Arthur Penn le réalisateur du "Gaucher". Une communauté atypique trop souvent ignoré ou bien baclé lorsqu'il sagit d'en faire la description. A.Penn trouve le ton juste pour nous montrer la contestation hippie, il évite à notre plaisir la glorification et l'exposition ridicule du joyeux hippie. Le cinéaste filme de trés prés ses protagonistes, souvent en gros plan comme si l'envie de ne rien rater domine. Il trouve aussi la parfaite alliance entre la comédie et le drame, le culte d'Alice's restaurant est en partie dù à cette non prise au sèrieux constante qui traduit l'euphorie de cette génération et le parti pris pour le drame dépréssif qui traduit encore une fois l'essouflement d'un mouvement. Le style brut et le souci du détail dans tout ce qui se rapporte aux décors donne au film une touche d'authenticité, la part de pure création cinématographique ne figure que dans la représentation de la comédie qui empreinte dans ces moments là les codes du genre et fait de même pour le drame passionnel, mais pour ce qui est de la description de la communauté, le metteur en scène pose sa caméra dans l'intimté des gens au plus proche d'eux si possible, là où il n'a pas besoins de mettre en scène, là où l'observation toute en sobriété suffit amplement. Culte, et a juste titre !
Une comédie très drole sur les beatniks qui traduit et conserve bien l'esprit hippie, au contraire de trop nombreux films comme "Quelque messieurs trop tranquille" de Lautner qui n'utilisent que l'aspect folklorique du phénomène sans s'interesser au sujet. Filmé avec un style très réaliste rappellant "Macadam cow-boy", le film traduit aussi le malaise de ses jeunes refusant la vie qu'on leur avait tracée et leur rejet des adultes ne voyant en eux que de jeunes voyous.