Roman Polanski est très certainement l'un des plus grands réalisateurs contemporains, non par sa taille mais bien par la force de son cinéma. Après des déboires judiciaires importants et une détention de plus d'un an au pays du chocolat, le cinéaste franco-polonais est de retour. L'information avait été divulguée avant la cérémonie des Césars, Roman Polanski adapte la pièce de Yasmina Reza, "Le Dieu du Carnage". Titre énigmatique pour une pièce qui n'a pas la popularité de La Cage aux Folles. L'auteure et le cinéaste ont donc travaillé un scénario adapté pour un public et des acteurs anglophones (quoique) et écourter le titre pour donner simplement Carnage. L'histoire de deux couples new-yorkais aisés qui se retrouvent sous le toit de l'un d'eux pour régler une rixe entre leurs deux garçons respectifs. Polanski s'en est alors donné à cœur joie pour filmer ces souris de laboratoire dans un espace clos, révélateur des caractères et griefs de chacun.
Le scénario a directement hérité de la pièce, on pourrait presque parler de théâtre filmé tant l'analogie est présente. On conserve dans ce film les unités de temps, de lieu et d'action à savoir la résolution entre adultes du conflit opposant leurs fils. Carnage devient alors l'étude du genre humain, de ses conventions, de l'étendue de ses émotions, du choc des générations et de ses inscriptions sociales et familiales. Polanski et Reza confrontent deux couples, soudés en apparence et de conditions sociales différentes. Le vernis des apparences et de la politesse tombera bien vite pour laisser place au conflit des valeurs. Tout y passe! La réussite professionnelle, le modèle éducatif, l'ancrage social, la guerre des sexes... Carnage rappelle les grands films américains à la fois comique et tragique, souvent adaptés de pièces de théâtre (Tennesse Williams par exemple), qui s'appuyaient avec force et démonstration sur la confrontation d'acteurs doués.
Pour le film de Polanski, John C.Reilly, Christoph Waltz, Jodie Foster et Kate Winslet ont répété et appris leur rôle au plus profond d'eux-même. Ce quatuor filmé par la caméra et l'intelligence de Polanski donne tout simplement un film très savoureux. Carnage ne restera pas forcément comme son film le plus ambitieux mais il a prouvé ici qu'il était fort partout. Sa direction d'acteurs relève du génie, bien que ceux-ci comptent eux-même parmi les meilleurs, la réussite n'en reste pas moins la sienne. Polanski a mis en lumière la force et la vision de l'auteure Yasmina Reza, cette pièce valait bien une adaptation cinématographique, et en plus ça coûte moins cher que le théâtre!
Très déçue. Le film est long à démarrer. Je m'attendais à des échanges verbaux (et non-verbaux)beaucoup plus incisifs. J'ai attendu en vain un carnage qui n'est pas venu. De plus le film finit en queue de poisson.
Petit film de Polanski qui, sans être au niveau de ses plus grand succès, reste très intéressant et drôle grâce à différentes mises en situation plutôt burlesques.
Petit chef d'oeuvre à huis clos. Fin, intelligent, ironique, caustique à souhait, très drôle (mais grinçant, comme les dents après avoir vomi...), Roman Polansky démontre qu'il a gardé toute sa finesse analytique psycho-sociologique. L'adaptation du livre de concert avec l'auteure Yasmina Reza semble être une partition pour premier violon. Les actrices et les acteurs (voir casting) méritent tous/toutes, un Oscar. A voir sans délai !
Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la "victime" demandent à s'expliquer avec les parents du "coupable". Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l'affrontement. Où s'arrêtera le carnage ? Adapté d'une pièce de Yasmina Reza, Carnage est un huis-clos à la fois drôle et absurde dans lequel ce qui ne doit être qu'une explication à l'amiable dégénère en règlements de comptes et donne à réfléchir sur la nature profonde de l'être humain. Le film est très rythmé et le récit n'est pas avare de rebondissements au cours desquels les personnages se retrouvent pris face à leurs propres contradictions, les rapports de force s'inversent, les caractères s'affirment ou se révèlent. Superbement interprété par quatre acteurs formidables (Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz et John C. Reilly), Carnage est un formidable moment de plaisir qui se savoure du début à la fin avec un dénouement aussi simple que génial. Un grand Polanski.
Il est difficile de juger un film lorsqu'il a été adapté d'une oeuvre que vous n'avez pas lu, et ca l'est encore plus quand l'oeuvre en question s'avère être une pièce de théatre a huis clos et dont l'adaptation cinématographique n'excède pas les 80 minutes. Si l'on prend le film en tant que tel, Carnage est une réussite. Il oppose avec brio ces deux couples tentant au début en vain de masquer leur colère derrière des formes de politesse beaucoup trop convenues (partie gauche de l'affiche avec les sourires forcés), avant de commencer a se lancer des petites piques comme ca entre deux phrase (partie centrale), avant de totalement péter un plomb et laisser éclater au grand jour leurs opinions personnelles, avec notamment l'élément déclencheur, ce lubrifiant social qu'est le Whisky. On passe donc de relation humaine codifiée, un peu a la manière que Tocqueville l'énoncait en démocratie a un retour a des relations totalement primaires, qui nous montre un constat assez déséspéré : les êtres humains ne peuvent s'entendre. Il y a bien trop de barrières, qu'elles soient sociales ou au niveau du caractère. Tout d'abord ils tentent de maintenir ces barrières derrière des conventions (la politesse et les sourires appuyés), mais ca ne dure pas longtemps : les différences sociales créent une brèche, avant que les différences individuelles ne finissent par exploser, laissant chacun exploser. On remarquera qu'a ce moment, au départ le consensus social qu'est le mariage n'existera plu, il se détruira, laissant chaque sexe s'allier dans une opposition hommes-femmes. Et ensuite, chacun sera en roue libre, avec ses propres opinions. Et dans un tel tourbillon, il fallait bien quatre acteurs pour tenir la baraque, et en l'occurence ils sont exceptionnels. Tous le sont tout autant et parviennent parfaitement a donner la dimension voulue a leur personnage. Mais du reste, est-ce qu'au fond ce film n'est pas qu'une adaptation toute bête de la pièce avec de bons acteurs? En effet, on peine a trouver des éléments véritablement géniaux a la réalisation, et l'on peut venir a se demander si ce film n'est pas qu'une copie conforme de la pièce... Malgré tout, la réalisation reste quand même soignée (encore heureux on pourra dire), et les acteurs sont absolument géniaux.
excellente caricature de notre société actuelle: hypocrite, civilisé au premier abord et ensuite méchanceté, individualisme etc..... Jodie Foster y est extraordinaire! quant aux autres, c'est pas pire, tous livrent une énorme performance dans ce huis clos qui m'a passionné de bout en bout de par l'évolution de cette entrevue qui passe par plusieurs étapes et qui mlontent progressivement en pression avant de révéler la vraie nature de chacun qui tous se cachent derrière des principes bien personnels..... A voir absolument!
Roman Polanski arrive à nous faire détester et aimer ses 4 personnages à différents moment du film pour chacun.
Les 4 acteurs sont excellents dans ce film !
On vit la dispute et l'énervement des personnages qui vont crescendo, jusqu'à frôler l'hystérie et la maladie pour certains. Les sentiments sont forts, les situations variées (les personnages ne sont pas toujours tous présents), l’antipathique devient sympathique et l'attachant devient irritable.
Un vrai concert de sentiment variés concentrés dans un huit clos.
À voir! Le scénario tient sur un mouchoir mais il est génial. Situations comiques à souhait. L'univers Polanski est présent pour notre plus grand bonheur. Le tout couronné d'un quatuor d'acteurs brillants.