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Jean Mariage
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3,0
Publiée le 19 juin 2025
« The Million Eyes of Sumuru » est un film bien sympathique qui ne se prend pas au sérieux et joue souvent la carte du second degré avec un petit parfum de BD et un petit côté « James Bond ». La bonne surprise est que tout cela est fort bien fait avec une caméra souvent en mouvement et des cadrages intéressants. Dommage que la mise en scène manque un peu de nerf. Un film pour amateur de femmes dominatrices mais qui ravira aussi tous les amateurs de série B.
Sumuru dirige un empire criminel composé exclusivement de femmes, voué à conquérir le monde et (surtout) les hommes. Elle affrontera deux agents américains recrutés un peu par hasard par les Britanniques. "The Million Eyes of Sumuru" est un bien étrange film d'espionnage. On passe sur le côté kitsch et les scènes d'action un peu vieillottes inhérentes à beaucoup de moyennes production de l'époque (les munitions infinies, c'est chouette !). Non, ce qui fait le cœur du film, c'est son sexisme ambiant. Alors que les femmes ont une place de choix dans l'intrigue, elles sont en fait dépeintes comme cruels et perfides, ou stupides et lubriques, et évidemment ne peuvent s'empêcher de s'habiller sexy. Face à elles, George Nader campe une sorte de James Bond benêt, qui aligne les vannes gamines et les conquêtes, sans trop se soucier de ce qui se passe autour de lui. D'ailleurs parlons de l'intrigue, chaotique à souhait, contenant ellipses, absurdités, et éléments amenés puis balayés sans explication. Entre cela, un sexisme assumé et franc qui déstabilise aujourd'hui, et une touche de colonialisme (les personnages asiatiques sont tous des sous-fifres !), l'ensemble est tout de même assez drôle à voir au second degré, d'autant que le film est court (1h20). En bonus : un courte apparition de Klaus Kinski en dirigeant asiatique (!) extravagant.