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3,0
Publiée le 17 mai 2026
Avec Soudain l’été dernier, Joseph L. Mankiewicz transforme la pièce de Tennessee Williams en un huis clos fiévreux où les névroses familiales prennent une dimension presque cauchemardesque. Katharine Hepburn domine le film avec une intensité venimeuse fascinante, tandis qu’Elizabeth Taylor incarne une fragilité hystérisée qui donne au récit une tension constamment à la limite de l’explosion. La mise en scène élégante de Mankiewicz canalise admirablement les débordements mélodramatiques du texte, mais le film reste avant tout porté par la puissance des dialogues et l’atmosphère maladivement étouffante qui envahit chaque scène. Pourtant, derrière cette sophistication psychologique et cette audace thématique pour l’époque, l’ensemble finit parfois par sembler excessivement théâtral, comme prisonnier de son origine scénique. Une œuvre vénéneuse et captivante, portée par des performances monumentales, mais dont le maniérisme émotionnel crée par moments une certaine distance artificielle.
Film dont l'intérêt est donnée par une interprétation subtile. Chaque personnage exprime avec conviction ses névroses lesquelles sont le produit des conditions sociales vieille bourgeoise frustrée, Lise Taylor jeune femme vivante qu'on de briser et très humaine, est à moitié crédible dans son rôle de psychanalyste. Film réussi un peu trop marqué par les conceptions en vigueur à l'époque de sa réalisation.
Un drame psychologique déroutant et perturbant réalisé avec finesse et intelligence par Joseph L. Mankiewicz. Reposant sur l’éclat de ses dialogues, la symbolique de sa mise en scène et surtout le brio de son interprétation avec un casting de choix au sein duquel on retrouve Katharine Hepburn et Elizabeth Taylor. La première est une prédatrice ne pouvant accepter sa vieillesse tandis que la seconde incarne la jeunesse et l’innocence. D’une éclatante modernité et d’une audace incroyable pour son époque en évoquant de façon détournée l’homosexualité et la prédation de l’homme.
Juste après "La Chatte sur un toit brûlant", Elizabeth Taylor rempile pour un rôle dramatique dans un film de nouveau adapté d'une pièce de Tennessee Williams au sujet tout aussi tendancieux. C'est cette fois Joseph L. Mankiewicz qui se colle à la lourde tâche d'adapter un tel sujet en plein code Hayes, ce qui nous donne un film à double interprétation ; celle un peu naïve du spectateur non averti (moi au début) et puis celle beaucoup plus sensible et polémique ; encore une fois pour l'époque. Je dois bien avouer que je n'avais pas spécialement décelé ce sous-texte car j'ai avant tout simplement appréhendé le film comme un drame hollywoodien des années 50 qui ne pouvait donc pas se permettre grand-chose. Mais avant de parler d'interprétation, il est important de donner un peu de contexte. Catherine, une jeune femme internée en hôpital psychiatrique risque une lobotomie pour être tombée dans la folie suite à la mort de son cousin Sébastien. Mais si cette folie était simplement supposée ? Avec l'aide du docteur, elle va essayer de reconstituer les évènements de l'été passé. On met d'ailleurs pas mal de temps avant de voir Catherine apparaitre à l'écran, ce qui m'a au début un peu déconcerté puisque l'on passe beaucoup de temps avec la tante de cette dernière et mère endeuillée de Sébastien qui cherche à tout prix justement à la faire lobotomiser. On rencontre également le frère de Catherine ainsi que sa mère qui sont également favorables à la lobotomie car ça leur permettrait de toucher l'héritage du cousin. C'est assez long à résumer mais cela prend ici toute son importance car avant même de rencontrer Catherine, d'autres personnages la dépeignent comme une folle à lier et on se rend alors compte, en même temps que le docteur d'ailleurs, que c'est en réalité un personnage traumatisé suite à des évènements dont nous n'avons pas encore connaissance et surtout ballotée entre la tante qui veut garder ses secrets et sa famille proche qui veut récupérer l'héritage. Et, plus le film avance, plus on comprend et on saisi où il veut en venir, plus les langues se délient, plus les personnages perdent pieds tandis que d'autre se ressaisissent (on a justement tout un parallèle entre la tante et la nièce à ce sujet, chacune faisant le chemin inverse) et le film en devient de plus en plus passionnant. Pourtant, le réalisateur privilégie des longues scènes dialoguées à l’action ou même aux flashbacks, les seuls que l'on aura seront à la fin du film. Mais la mise en scène, très subtile, traduit souvent l'état d'esprit des personnages et en profite pour faire des sous-entendus qu'elle ne pourrait montrer explicitement, que ce soit à travers de simples mouvements de caméra, de constructions de plan ou de placements de personnages de l'espace. Concernant le casting, nous retiendrons surtout Elizabeth Taylor et Katharine Hepburn qui interprètent ici les deux némésis qui excellent dans leurs personnages et puis Montgomery Clift au charisme magnétique qui joue également très bien. "Soudain l'été dernier" est donc un drame passionnant et particulièrement osé pour l'époque lorsque l'on a la bonne grille de lecture.
Certes le dernier quart d’heure semble comporter quelques concessions au « Système » Hollywoodien (l’improbable réunion finale organisée par le médecin et sa relation avec sa « patiente ») ; mais pour le reste c’est un très grand film de ce très grand cinéaste qu’est Joseph L. Mankiewicz. Par les thèmes abordés, sulfureux ou probablement tabous à l’époque, et surtout par la manière de les traiter ; la découverte du passé de la famille Venable est progressive, par touches habiles ou moments mémorables (la narration du spectacle animal sur la plage). Les dialogues sont ciselés et brillants, et la mise en scène, la plupart du temps en intérieurs et univers clos, est remarquable, prouvant qu’elle est essentielle pour la perception des sentiments des personnages et la création d’une ambiance. Vraiment un excellent film.
Sous des travers très psychologique voire psychanalytique, c'est un film très politique dans le meilleur sens du terme comme 90% des films de l'âge d'or d'Hollywood ou de Woody Allen ou d'Oliver Stone. Grand film.
Mon Dieu que je suis déçu... j'avais tellement aimé 'La ménagerie de verre' que j'ai eu envie de voir un autre film inspiré d'une pièce de Tennessee Williams mais là ça a cassé ! Pourtant le casting était excellent car que demander de plus que Katharine Hepburn & Liz Taylor mais ça n'a pas suffi ! L'intrigue est maigrelette, les scènes sont à rallonge et on attend avec impatience le dénouement pour enfin avoir de quoi à se mettre sous la dent mais non la moutarde ne prend pas pour autant ! La fin n'est pas surprenante, c'est comme mal amené et on reste sur notre faim et après s'être ennuyé 1h45 c'est dur à avaler... Non je n'en garderait pas un super souvenir ! On verra pour le prochain !
Adapté de la pièce de Tennesse Williams, un drame psychanalytique troublant et cruel mais un peu trop bavard sur fond de trauma et de vérité refoulée, porté un trio de comédiens mythiques !
Parfois emphatique ce drame psychologique s'appuie sur un système symbolique très riche pour illustrer l'emprise mentale autant que l'ironie vindicative du prédateur devenu proie, des interprétations saisissantes d'une Katharine Hepburn hallucinée à une intense Elizabeth Taylor, une réalisation efficace, tant pour faire surgir la dangerosité des internés que les souvenirs enfouis de la fausse innocente. Une narration de toute excellence!
Une mise en scène réussie avec quelques scènes sous tension. L'œuvre est rythmée avec un scénario machiavélique mais proposant des thèmes avant gardistes malgré un film accusant un peu d'âge. Le casting est une réussite spécialement le duo Hepburn-Taylor se livrant un beau combat.
Un drame avec un superbe noir & blanc et un jeu d'acteur excellent. Bon ça joue surtout sur ces dialogues, et monologues qui n’en finissent pas, l’action, le suspense & la sortie de l’ennui sont surtout présents dans le récit de fin !
ce film est vénéneux ... mais il est extraordinaire ! un peu "dépassé" peut être , car qui de nos jours paierait une fortune pour sauver l'honneur d'un être corrompu jusqu'à la moelle ... même si il s'agit de son fils ! mais bon, c'est possible après tout ! chef d'oeuvre total !
Mon premier film de ce réalisateur et j ai beaucoup apprécié. L interprétation des ces 3 stars cliff, taylor et Hepburn est fabuleuse,la mise en scène soignée,les dialogues très fin qui manie bien double sens qui est primordiale pour le hors champs. Un chirurgien neurologue travaillant dans une clinique psychiatrique assez délabré est contacté par une veuve richissimes qui peut aider sa clinique à se moderniser, s agrandir la contrepartie est de s occuper de sa nièce qui témoin de la mort de son cousin fils de la milliardaire est devenue folle.apres avoir vu cette demoiselle il n ezt pas si sur que ce soit elle qui est folle. Le reste a découvrir
C'est un classique du cinéma américain mais cependant ce film ne m'a pas paru facile d'accès, par rapport à la Comtesse aux pieds nus de Mankiewicz en tout cas, le seul autre film que j'ai vu, je crois, du même réalisateur. J'ai d'ailleurs regretté de le voir doublé plutôt qu'en VO. Ensuite l'intrigue, basée sur une pièce de T. Williams, s'étire sur une suite de longues scènes, chacune plus longue que les autres. Et cela rend le film un peu difficile. Voir le trio Hepburn, Taylor et Clift est déjà un bien en soi. Hepburn fait peur à mourir, c'est la Cruella vengeresse à 200%.
Avec quelques beaux morceaux de bravoure cinématographique , l'ensemble de l'œuvre paraît aujourd'hui bien vieillie entre homosexualité refoulée et allusive , où le spectateur doit rester attentif à des circonvolutions d'un autre âge pour y voir clair ; mère possessive ; psychiatre trouble ....Le discours, parfois trop littéraire , et pour cause , de Tennessee Williams , tout à ses tourments toxiques , finit par agacer à force somme toute d'accumuler des clichés ( outre la mère déjà citée, la course aux éphèbes, la poésie, la vulnérabilité à fleur de peau couplée à l'intelligence extrême et manipulatrice ....) . Bien sûr tout le monde est à son affaire , avec métier et conviction ...On pourra y voir un excellent film, voire un chef d'oeuvre . Tout est affaire de goût et de sensibilité. Bien sûr Mankiewicz y laisse sa patte : flash back maitrisé, goût de la psychologie féminine, regard acéré sur les travers humains , revendication ( abusive , car c'est un vrai cinéaste) d'un certain théâtre filmé, utilisation de l'absence .