3 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
2 critiques spectateurs
5
0 critique
4
0 critique
3
2 critiques
2
0 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Plume231
4 423 abonnés
4 639 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 17 mars 2012
Premier film que je vois d'un des précurseurs français du cinéma, Léonce Pérret, aussi acteur là-dedans puisqu'il y joue le rôle du gentil tuteur qui veut tuer sa cousine pour toucher son pognon. Et je dois dire que ce petit film d'à peine trois quarts d'heure est une découverte intéressante. L'histoire, ou plutôt les rebondissements de cette dernière, n'est pas très crédible mais présente des éléments qui mérite le détour comme une atmosphère qui annonce celle des sérials à venir de Louis Feuillade ou le cinéma présenté comme une thérapie. Le choix des cadrages est très soigné, le montage très bien rythmé, on peut admirer quelques extérieurs bretons ainsi que la beauté de Suzanne Grandais, grande star de l'époque surnommée la "Mary Pickford française". "Le mystère des roches de Kador" est la preuve que le cinéma muet français, souvent très méconnu, comporte quelques pépites qui méritent d'être vues.
Le Mystère des roches de Kador, réalisé par Léonce Perret en 1912, est un mélodrame criminel situé sur la côte bretonne. Derrière une intrigue assez classique pour son époque, le film se distingue surtout par sa manière d’aborder la mémoire, le traumatisme et le pouvoir des images.
Son principal intérêt vient de la place très particulière qu’il accorde au cinéma lui-même. Léonce Perret ne se contente pas de raconter une histoire : il intègre le médium au cœur de son dispositif et propose déjà une véritable réflexion sur la manière dont les images peuvent agir sur celui qui les regarde. Pour 1912, cette mise en abyme apparaît particulièrement audacieuse et témoigne d’une conscience déjà très développée des possibilités du cinéma.
Le film se montre également intéressant dans son travail de mise en scène. Les paysages bretons participent pleinement à l’atmosphère, tandis que Suzanne Grandais porte une part importante de la dimension psychologique du récit par son jeu, ses attitudes et ses expressions.
J’ai trouvé le film intéressant surtout pour ce qu’il apporte à l’évolution du cinéma. L’intrigue en elle-même reste plutôt banale et repose sur des ressorts mélodramatiques assez attendus, mais les idées développées autour de l’image et de la psychologie lui donnent une vraie singularité.
Une œuvre de 1912 dont l’intérêt dépasse largement son récit, notamment grâce à une utilisation du cinéma étonnamment moderne pour son époque.