C'est le genre de film qui donne envie d'écrire et d'écrire.....Il y a beaucoup à dire sur la forme en soi (un noir et blanc fait pour souligner deux choses il me semble, la nostalgie d'une Amérique en train de disparaitre, d'une part, et d'autre part un hommage mêlé à la vieillesse ainsi qu'au cinéma des années 50.....
Alexander Payne, réalisateur de l'inoubliable "sideways" (précipitez vous si vous ne l'avez pas déjà vu),
assure ici une histoire très émouvante et qui à mon avis se réfère à deux monstres du cinéma (David Lynch pour son film sur un vieillard en road movie ("une histoire vraie") et plus encore car je l'ai ressenti, au monde de John Ford, car comme chez lui prédomine la notion d'humanité entre des êtres que la vie esquinte, avec toujours le recul du noir et blanc (obligatoire chez Ford) et de l'humour....
Le film vous embarque en humanité entre le Montana et le Nebraska, (de Billings à Lincoln) dans un road movie..... les paysages sont des plaines immenses, comme si les personnages étaient perdus, non seulement moralement, mais physiquement.....Finalement il revient dans sa ville natale ( c'est le plus long passage du film, son aboutissement, fait de rencontres)
Tous les personnages ont plus de 70 ans (sauf les deux fils) et cela crée une atmosphère particulière, plus grave que triste, comme une lassitude de l'âme dont le spectateur doit s'approprier la résonnance et la signification....
La simplicité du film à certains moments devient bouleversante, Payne souligne ses personnages, leur âge, et le film dévoile le passé du héros ( Bruce Dern), apportant la nostalgie de toute une vie, et foule d'anciens "compagnons" ( on admirera entre autre le clin d'œil à Stacy Keach, héros de série américaine populaire des années 80 (Mike Hammer entre autre) .....
cette histoire si vraie et sensible vous accapare finalement, faite de détails et de clins d'œil, on sort de la salle avec un réel bonheur.....