Nebraska
Note moyenne
3,9
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230 critiques spectateurs

5
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 avril 2014
Alexander Payne est devenu un des chouchous du cinéma indépendant américain au grand dam de certains de ses détracteurs qui l’accusent d’en faire recette sans une once de sincérité, allant même jusqu’à faire preuve d’une certaine condescendance pour les milieux qu’il dépeint. Il est sûr que vu sous cet angle « Nebraska » peut paraître comme une enfilade de scènes à la limite du sordide tellement la vision que donne Payne des habitants du Nebraska profond peut laisser l’impression de zombies décérébrés absorbant le flot télévisuel affalés sur leur canapé, ou déambulant comme des âmes en peine dans les rues désertifiées de petites villes devenues fantômes. On peut certes y voir un mépris hautain de la part du réalisateur pour ces pauvres bougres qui n’ont pas su tout au long de leurs misérables vies sauter dans le train de « l’american way of life » qui tend les bras à ceux qui osent mais aussi un lucide et amer constat sur un système qui laisse derrière lui ceux qui après avoir bravement servi ne sont plus jugés utiles car c’est ailleurs que chez eux désormais que se joue la partie. Le recours au noir et blanc qui n’est pas sans rappeler « les raisins de la colère » de John Ford autre film avec en toile de fond une crise économique montre que les habitants du Nebraska sont restés figés dans leur passé parce que leur pays n’a pas voulu leur offrir un avenir. On n'est décidément rien au Etats-Unis quand on n’est pas riche ou qu’on ne participe plus activement à la prospérité du capitalisme. Mais tout espoir n'est pas perdu car chez l'oncle Sam tout est possible, il suffira d’un gisement de gaz de schiste pour que la petite cité endormie retrouve tout son lustre et les affairistes de tous poils à ses portes. L’engourdissement a ici frappé toute les générations, si Woody Grant (Bruce Dern) n’a plus assez de neurones à sa disposition pour comprendre qu’un jeu publicitaire émanant d’un éditeur style Reader’s Digest ne peut lui offrir un million de dollars, son fils David (Will Forte) qui végète dans un magasin d’électronique tournant au ralenti a tout son temps pour l’accompagner dans son périple régressif jusqu'à sa ville natale. Payne montre sans fard les endroits les plus reculés de son pays et c’est sans doute ce qui peut heurter tant le message politique ou social du réalisateur ne s’appuie pas sur une dramaturgie prompte à réveiller les consciences comme autrefois les De Sica ou Rossellini, pères du néo-réalisme italien. Il s’agit tout simplement de la réalité quotidienne de ces laissés pour compte chez qui le retour au pays d’un ancien, parti jeune tenter sa chance dans le Montana, provoque une vaguelette d’admiration, un relent de souvenirs enfouis et une résurgence de vieilles dettes en souffrance. Mais "Nebraska" parle aussi de la quête d’un fils au milieu du gué qui cherche à comprendre à travers ce court voyage dans le passé paternel d’où il vient et quelle peut être sa filiation avec ce père alcoolique qu’il n’a pas presque pas connu. Le road movie est un genre cinématographique typiquement américain dont Payne se revendique mais son film qui se veut une épure, n'emprunte pas les chemins habituels n'offrant au spectateur aucune des étapes bizarres ou cocasses qui jalonnent en général l'exercice. Il faut donc faire un effort pour accepter les images à la fois abruptes et banales que nous sert Alexander Payne qui livre ici son film le plus réaliste et le plus désenchanté. Bruce Dern ne pouvait trouver meilleure récompense en fin de carrière pour corriger la malédiction qui lui est tombée dessus en début de carrière le jour où dans le western de Mark Rydell, " Les Cowboys" (1972), il devint le seul acteur à avoir tué John Wayne à l'écran. Bad guy à vie, ça vous marque un homme.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 24 avril 2014
Nebraska est un road-trip assez amusant, où le franc parlé et la folie douce sont de mise. Rien de révolutionnaire dans cette fiction où un fils accompagne son père à 1500km de chez eux pour récupérer un million de dollars (en fait une arnaque évidente), mis à part le fait qu’elle est filmée en noir et blanc, un choix esthétique surprenant et pour le moins inutile. Nebraska n’est ni un grand film, ni un film d’intellectuel, mais c’est un petit film agréable où la candeur absolue est de mise et où le vide est sauvé par le rire.
cineccita
cineccita

63 abonnés 1 508 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2014
Un portrait burlesque de l'Amérique profonde, dommage qu'il y ait un peu de longueur.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 avril 2014
Un film très chouette, d'une esthétique remarquable, de magnifiques plans, avec une certaine poésie, qui nous rend triste et nous fait sourire non pas à travers une vulgaire 'prise d'otages' du spectateurs dont on force l'émotion mais à travers le portrait de personnages et d'une famille que l'on connaît tous. Qu'ils soient touchants, détestables et même parfois d'une bêtise affligeante, les personnages restent toujours dans le vrai, dans le familier. Le film, sans prétention et intime, est véritablement vécu du début à la fin. La musique, magnifique et présente juste comme il faut, apporte une touche folk et donne vraiment au film son air de balade dans la vie du vieux Woody.
Olivier Bastien
Olivier Bastien

3 abonnés 39 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2014
The road movie par excellence ! Quelle belle histoire de famille... et c'est peu dire. Entre l'humour, l'amour et la pudeur tout est parfaitement dosé. Un seul regret peut être, le choix du noir et blanc qui nous prive des beaux paysages du Montana et du Nebraska.
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2014
J'aime beaucoup le cinéma de Alexander Payne, sa mélancolie tendre, son ironie douce, l'élégance des sentiments de ses films.
Après "Sideways", "Mr Schmidt" et "The descendants", "Nebraska" est son film le plus abouti accueilli par une critique élogieuse.
Bruce Dern n'y a pas volé son prix d'interprétation à Cannes, qui en joue le rôle principal. Un vieillard alcoolique et quasi-grabataire qui s'est mis dans la tête d'aller au Nebraska récupérer le prix qu'il croit y avoir gagné à une loterie. Après avoir tenté de l'en dissuader, son fils cadet (Will Forte) finit par l'y accompagner.

"Nebraska" est un road-movie placé sans surprise sous le signe de la réconciliation père-fils. Il a pour cadre l'Amérique profonde des Etats méconnus du nord du Midwest : le Montana, les Dakota, le Nebraska. Des Etats sans cachet que l'on traverse sans les voir - sinon pour les sculptures monumentales du mont Rushmore où nos héros s'arrêtent un instant - filmés dans un noir et blanc crépusculaire.

Ceci étant, on aurait tort de passer à coté de ce faux petit-film qui parvient, avec une étonnante économie de moyens, à brosser les portraits des habitants de cette Amérique profonde, de leurs vies cabossées, de leur petitesses mais aussi de leur générosité.
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 avril 2014
Nebraska déçoit sur bien des plans. La mise en scène, malgré une belle photographie bien aidée par le noir et blanc, est finalement sans grande surprise et mal soutenue par un scénario sans grande surprise. L' ennui gagne deux heures durant. Bruce Dern est bien certes quoique prévisible mais les autres personnages dont son fils ne font que de la figuration, exceptée celui de la journaliste, très émouvante et à chez elle seule émane le vrai cinéma romanesque. Nebraska en soutient pas le moins du monde la comparaison avec le magnifique Une histoire vraie. Le père et le fils traversent les régions dévastées des USA, ruinées par la crise financière. OK, les personnages sont beaux dans leur aridité mais très prévisibles. Le couple ne rencontre que des vieux débris humains tels un défilé de morts vivants, parfois drôles (les deux seuls jeunes sont les deux frères jumeaux qui renvoient aux romans de Kafka). Le film cependant n'est vraiment touchant que lors des dix dernières minutes, lors d'un twist étonnant et émouvant. Que ce film bien moyen allait il faire dans la sélection officielle à Cannes 2013 au détriment de La bataille de Solférino et L'inconnu du lac.
A noter lors de la scène au cimetière, une pierre tombale au nom de Paynes!
BeatJunky
BeatJunky

192 abonnés 1 934 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 avril 2014
Un film bien touchant et très bien mis en scène par Payne. Le Noir et Blanc me semblait inutile au début du film mais petit à petit, il tient une place importante dans l'ambiance un peu nostalgique qui se dégage de cette histoire. Beaucoup d'humour également grâce notamment à la mère qui devrait bien vous faire marrer à quelques moments.
Le film m'est resté longtemps dans la tête, je le conseille à tous.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 avril 2014
Un film honnête. Et pas pour dire : correct. Honnête : de bout en bout, simple, à ne jamais cogner l'imagination du spectateur pour y fixer l'émotion. Un film où on parle peu, et où par une bienheureuse alchimie ce qui se dit est recueilli avec une délicate reconnaissance. Voilà : c'est un film délicat. On ne sait pas en sortant si on le doit au script, à la réalisation, aux acteurs, mais la chose est là : on sourit doucement, sur le point de rire, un peu, sur le point de pleurer, un peu, sur le point du bonheur, aussi.
Les personnages ne se montrent pas, ne se livrent pas, ne se parlent pas : il se regardent comme un hasard agréable au coin de la rue, un détail atypique, inattendu, dans une routine qu'on croit rodée.
Le cinéma est plein dans ce film, il raconte sans se surfaire : il montre.
Le dosage est subtil, l'intention bienveillante : on est bien.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 19 avril 2014
Génial, on pourrait se dire, un roadmovie père + fils de plus aux USA , mais là c'est vraiment réussi, on est captivé et on sort de là reboosté, allez y surtout.
Jean M.
Jean M.

15 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2014
Très beau film qui déploie sa justesse, son humanité, sa sobriété, son regard aigu sur les hommes. Payne impose un rythme éloigné des films "efficaces" avec maîtrise. Belle mise en scène, humour fin et acerbe. Dern est remarquable de naturel et sobriété dans le rôle principal et mérite amplement son prix d'interprétation à Cannes. Décidément avec la magnifique palme d'or pour Kéchiche et ce prix pour cet acteur merveilleux, Spielberg et son jury ont vu juste ! Cela fait plaisir d'aller au cinéma pour voir un film de cinéma !
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 19 avril 2014
je ne suis pas rentré dans le film, ni dans les personnages. c'est trop long, ennuyeux, trop mâché. Oui l'Amérique profonde à ses bofs. Cette quête n'en reste pas moins profondément lassante!
Skipper Mike
Skipper Mike

111 abonnés 650 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 avril 2014
Si le point de départ du récit est original et laisse espérer de bonnes idées, "Nebraska" se révèle finalement assez classique. On a là un road-movie qui est l'occasion pour un père et son fils de se redécouvrir, ce qui n'a rien d'inédit. Question maîtrise, il n'y a pas grand-chose à redire : les cadres sont superbes, le noir et blanc magnifique et le montage efficace. Le choix de ne pas utiliser la couleur convient d'ailleurs parfaitement à l'identité du film et lui apporte beaucoup de charme. Néanmoins, on peut déplorer la linéarité et le peu de surprises que recèle l'intrigue. Les scènes où les deux hommes urinent au bord de la route sont révélatrices quant à ce choix : elles montrent le passage du temps d'une manière assez pauvre et font finalement plutôt office de remplissage.
En vérité, ce qui rend le film vraiment intéressant, ce sont ses acteurs : si la performance de Bruce Dern est bien sûr éblouissante, elle vaut surtout par le contraste qu'opère avec elle le jeu pince-sans-rire de Will Forte. C'est grâce à cette relation à la fois proche et distante que l'émotion pointe parfois le bout de son nez, quand le fils découvre un pan du passé de son géniteur à la faveur d'une discussion. Le passé affleure aussi lors des différentes rencontres avec des personnages à peine esquissés mais pourtant significatifs (notamment la rédactrice du journal local, qui n'apparaît que peu mais est pourtant très marquante) ou lors de la visite de plusieurs parties oubliées de la ville, notamment l'ancienne demeure de Woody. D'autres scènes touchent par leur candeur, comme le vol larvé dans la grange, spoiler: la réception du lot de consolation – séquence assez triste dans sa façon de souligner la sénilité –, et surtout la traversée finale de la rue principale, moment de fierté très réussi qui montre aussi la nécessité pour ce film et sa cohérence de se terminer par un happy end
. S'il contient nombre de défauts et n'est certainement pas inoubliable, "Nebraska" est néanmoins un bon film, dont la délicatesse reste la principale qualité.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 avril 2014
Alexander Payne nous revient encore avec un road-movie après « Monsieur Schmidt » et « Sideways » mais beaucoup moins facile d’accès au sens commercial du terme : noir et blanc, inutile mais très joli, casting peu porteur, monotonie avouée, … Et pourtant on se laisse emporter par l’histoire de ce vieil homme parti chercher un gain hypothétique à une loterie qui fleure bon l’arnaque et que son fils accepte d’accompagner… Et plus encore, on adore la beauté des images mêlée à celles de sentiments filiaux surtout, mais familiaux également. Le ton doux amer qui berce les images nous vaut autant de magnifiques scènes contemplatives (Alexander Payne filme les paysages désertés du Montana et du Nebraska comme personne) que des scènes caustiques et iconoclastes qui disent beaucoup sur les liens qui unissent cette famille (les scènes du compresseur et du cimetière sont aussi drôles dans le comique de situation que dans les dialogues). On pense beaucoup au magnifique et inoubliable « Une histoire vraie » de David Lynch qui voyait le regretté Richard Farnsworth prendre sa tondeuse à gazon pour aller rejoindre son frère dans l’état voisin. Cet apaisement dans les images et les sentiments que la route fait ressortir donne à ces films des airs jumeaux. Et bien sûr Bruce Dern, éternel second couteau du cinéma américain, trouve là le rôle de sa vie. Cette histoire belle et simple d’un père et d’un fils qui se retrouvent sur les routes américaines est déjà vue mais qu’importe, on roule avec eux, et la façon dont elle est contée confine au merveilleux.
Seemleo
Seemleo

80 abonnés 888 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 avril 2014
Nebraska nous plonge dans l'atmosphère d'une famille américaine lambda du middle west. Une palette de personnages finement croquée sur un casting de gueules plus vrai que nature. Une belle tranche d'humanité avec de l'humilité et de l'amour. La réalisation est impeccable proche du cinéma réaliste italien. A voir.
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