On pense à l’énigmatique Mulholland Drive de Lynch, à l’univers d’Almodovar, au suspense de Hitchcock et bien sûr au Crime d'Amour de Corneau, mais ce jeu de tension érotique est bien un De Palma. Passion est une sublime œuvre traitant de jalousie, de schizophrénie, de manipulation et de voyeurisme. Après Phantom of the Paradise, Carrie, Scarface, Les Incorruptibles et on en passe, le cinéaste que l’on ne présente plus, propose de nombreux retournements de situation jouissifs et bouillonnants en se jouant du spectateur. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Le retour de de Palma après 5 ans d’absence sur les écrans est plutôt concluant. Passion, c’est une histoire un peu tordue entre désir et meurtre, passion charnelle mais aussi passion pour la domination et le pouvoir. Isabelle (Noomi Rapace) accède à une entreprise et elle est rapidement séduite par sa supérieure Christine (Rachel Mc Adams). Dès lors, leur relation va être de plus en plus instable d’autant plus qu’une troisième femme, Dani (Karoline Herfurth), la secrétaire, accompagne le duo.
Sans tomber dans le fantasme lesbien, le film prend parti de manière radicale autour de la question du désir qui est ici présenté sous l’angle de l’image et de l’apparence. Tout le film tourne autour de la perception que les autres peuvent avoir. Ce sont tous les rapports sociaux qui sont alors mis en avant. En témoigne l’une des scènes charnières du film : Christine diffuse en public les images de vidéosurveillance du parking sur lesquelles on voit Isabelle craquer nerveusement et emboutir les murs du parking avant de fondre en larmes. Humiliation suprême de pur sadisme de Christine envers sa collaboratrice. Le film questionne ouvertement le rapport que l’on peut avoir actuellement avec les images : que montrent-elles ? À qui sont-elles montrées ? À quel moment ? Que cachent-elles ?
L’autre scène cruciale, filmée magistralement, est celle du meurtre. Le visage du meurtrier est toujours caché, comme pour échapper à ce rapport à l’image, mais surtout la séquence se distingue par l’utilisation du split-screen, un écran divisé en deux parties et donc en deux actions. À gauche l’opéra qu’Isabelle va voir, à droite le meurtre. Association et dissociation des images dans un même temps. On entre dans l’irréel, peut-être que tout ça n’est finalement qu’un rêve, comme ceux qu’Isabelle fait à plusieurs reprises dans le film. Elle est peut-être là la passion. Les positions de forces tendent à s’inverser sans pour autant le faire très clairement, le tout baigne dans une sorte de confusion, mais une confusion plutôt maîtrisée, sans débordement, une confusion qui ne bave pas, d’où l’importance de la patte de de Palma. Ce qu’on peut remarquer c’est aussi l’absence de personnage masculin fort. Tous les hommes sont absents ou extérieurs au récit, au mieux ils sont victimes des femmes. La supériorité féminine montre ses atouts, elle émascule ses adversaires pour mieux les dominer. Ce qui a pour conséquence de soutirer tout respect des combats qui se jouent : l’arme principal est la fourberie, l’escroquerie, la manipulation. Et il va de soi pour de Palma que cela rimes avec Femme. On se retrouve donc avec un film plus féministe qu’il n’y paraît au premier abord. L’une des lacunes du film se situe dans l’utilisation, quelque peu facile, de la musique. Elle n’apporte pas d’information supplémentaire sur ce qui se passe à l’image. On a même le droit à l’un des effets les plus kitsch du cinéma : zoom avant sur la pièce à conviction oubliée accompagné d’une musique sur-signifiante.
Pour autant, de Palma signe probablement un très bon film de début d’année 2013, peut-être que les autres survivants du Nouvel Hollywood devraient suivre cette voie.
Alain Corneau amoureux du cinéma américain de genre aurait sans doute été fier de voir son dernier film repris par un des maîtres du suspense des années 70/80 même si Brian de Palma n'est plus depuis longtemps en odeur de sainteté à Hollywood où ses derniers travaux n'ont pas fait exploser le box office. Il tente depuis peu un retour à ses premières amours après avoir exploré un peu tous les genres de son art. Le film de Corneau dont il avait écrit lui-même le scénario, avec son jeu de manipulations et ses mises en abyme était pour De Palma le matériau idéal pour une revisite de l'univers de ses débuts où il était considéré comme le filleul d'Hitchcock. N'étant jamais mieux servi que par soi-même , De Palma rend hommage à son travail passé dans la deuxième partie du film qu'ill parsème des citations de "Sœurs de sang", "Blow up" et principalement de "Pulsions" une de ses plus belles réussites. Il est sûr que la démarche n'est pas la preuve d'une immense capacité à se renouveler, à tel point que certain critique comme Arnaud Hée () y voit la preuve de la mort artistique du réalisateur. L'avis est certes un peu sévère mais il est vrai que De Palma à 72 ans commence à inquiéter ses plus fervents défenseurs. Si on veut être optimiste on peut voir dans "Passion" un tour de chauffe pour le cinéaste destiné à réviser ses classiques avant d'aborder des projets plus ambitieux.
L'idée de base semblait intéressant mais le résultat final est décevant. Manque de rythme, jeu des actrices moyennement convaincant. C'est une relative déception...
Le meilleur dans ce film c'est l'affiche promotionnelle que j'avais vu dans une station de métro. Une affiche avec une femme portant un masque mystérieux et intrigant. Avec un réalisateur prestigieux je m'attendais à un film palpitant. Au final, Brian De Palma accouche d'un film insipide, paresseux, risible.. Une œuvre décevante et indéfendable, totalement ratée. Je n'en reviens toujours pas. Passion est consternant du début à la fin.
Après avoir vu la version originale de Alain Corneau, et bien que fan de Brian de Palma, je dois dire que je suis déçu : d'abord, le choix des interprètes me parait inepte. Noomi Rapace était nettement plus convaincante dans Millenium, Rachel MacAdams n'a pas du tout le profil d'une dirigeante d'entreprise, enfin Paul Anderson est vraiment insignifiant pour le rôle. Ensuite, l'entrée en matière parait confuse et irréaliste. Seule la fin m'a paru de qualité mais les libertés avec le scénario original, pourtant top, m'ont agacé. Je m'attendais à une relecture à la Hitchcock : c'est raté.
mmm...au départ on s'attend à quelque chose pouvant faire face au film original, et puis finalement rien. Doublage raté, remake parasité, malgré la renommé des actrices, les pauvres ne sont pas mises en valeur dans ce film et pourtant elles ont du talent! Je n'aime pas la vision de De Palma sur ce film où la subtilité de chaque scènes de l'original a disparu, et où la musique ne fait qu'alourdir le jeu. Dommage, car l'idée de donner plus d'importance au personnage de la secrétaire n'est pas mauvaise même si elle ne me parait pas essentielle.
Un De Palma comme je les aime : une réalisation brillante, une stylisation extrême qui met en valeur l'intrigue et le suspens, des actrices féminissimes et perverses à souhait. Il sait mieux que personne jouer avec le réel et les fantasmes. Le chef opérateur apporte la touche glacée nécessaire. Brillantissime et prodigieux. Dommage qu'il n'y ait pas plus de ses fameux split-screens.
Remake raté du "Crime d'amour" d'Alain Corneau. C'est à peu près du niveau d'un téléfilm de 2ème partie de soirée sur M6. Où est donc passé Brian De PALMA ?
Un film de facture classique pour un De Palma. On y retrouve, néanmoins, ses "obsessions", déjà présentes dans d'autres œuvres. Ce film reste un thriller simple, bien porté par son casting féminins de qualité, qui ne restera pas comme un film majeur de ce grand réalisateur tant le scénario manque de punch et à trop de déjà vu.
Moi qui adore De Palma, grande est ma déception face à ce " derrick " version ciné ou plutôt ce film digne d'un derrick Tv... Mauvais mauvais. Effectivement les critiques ultra positives des telerama et condor laissent rêveur quant à leur objectivité. Lamentable !
j'avoue que j'ai du mal à comprendre les critiques presse dithyrambique au sujet de ce film. Ayant vu l'original quelques semaines avant celui-ci, j'ai été plus que déçue, agacée! Brian de Palma a trouvé le moyen de ringardiser littéralement ce thriller, le jeu d'acteur est superficiel et surjoué par moments, les actrices, dont j'apprécie pourtant les films antérieurs, n'incarnent pas les personnages, elles semblent "jouer à faire comme si", il n'y a plus de profondeur. Les dialogues sont prévisibles et caricaturaux, la musique m'a même semblé kitch! on dirait que ce remake a vraiment été fait pour des veaux qui auraient la sensibilité et la subtilité d'un fer à repasser, tout est très appuyé, très simpliste et finalement vraiment ennuyeux. Notamment, pourquoi ajouter cette dimension sexuelle de sado-maso au personnage de christine? pour se donner un côté "osé" et sulfureux dans un univers cinématographique américain ultra aseptisé? pour un public européen, ça sent le réchauffé et la caricature. la christine originale (parfaitement interprétée par Kristin Scott Thomas) est suffisamment perverse pour qu'on n'ait pas besoin d'en surajouter, ça frise le ridicule. En même temps, choisir une actrice américaine qui a trente ans de moins que l'originale pour incarner ce personnage, c'est un peu comme choisir barbie pour jouer dans basic instinct.... bref, à toi spectateur qui n'aime pas te faire gruger, passe ton chemin devant ce remake aux relents de navet et prends le temps de voir l'original d'Alain Corneau!
Avec Passion, nous avions eu le soupçon de revoir un peu De Palma dans ses grands moments, celui ou il s'exerçait dans le thriller pervers. Ici, une brune et une blonde, de la rivalité, du lesbinage, bref, j'attendais ça avec impatience. Passion est le remake de Crime d'amour de Corneau. Plus du tout au mieux de sa forme, De Palma ne passionnera pas à nouveau; ambiance et réalisation téléfilm et musique assommante. Les parties chaudes ne sont que des scénettes de même pas une minute. Résultat, j'ai eu la passion de vite m'endormir.