Paris by night façon Paris Dernière, si ce n'est que votre guide n'est ni Philippe Besson, ni Xavier De Moulins, ni Frédéric Taddeï et ni Thierry Ardisson (quoique) mais bien un flic de la mondaine interprété magistralement par un Roschdy Zem plus froid et plus imperturbable que jamais. A l'image de l'affiche, il n'esquissera pas un seul sourire de la nuit...il faut dire que les endroits et les gens qu'il fréquente ne prête pas à la rigolade et sont plus inquiétants que réconfortants. A bord d'une berline de marque française et accompagné d'un chauffeur de chic et de charme en la personne de Laurence (alias Sara Forestier), le commissaire Simon Weiss sillonne les rues de la capitale et l'instant d'une nuit, de 23H00 à 7H00 du matin, nous plonge dans les endroits les plus chauds de son quotidien nocturne, au contact des dealers, des travestis, des patrons de bordels, du grand banditisme et des prostitués. Dans cette faune particulière qui se révèle en fait un monde très petit, Simon Weiss, tout policier qu'il soit, nage presque comme un poisson dans l'eau et a ses entrées partout voir presque même son rond de serviette dans certains établissement : pas un patron de bar ou de boite ne lui est inconnu, ce qui est évidemment réciproque. Ne vous y tromper pas, Simon n'éprouve aucun plaisir dans ces fréquentations mais elles sont un passage obligé pour arriver à ses fins. Cette proximité le conduisent à se livrer à des activités et des relations plus que borderline mais c'est malheureusement son seul pass d'entrée dans ce milieu pour être à la fois craint et respecté : un pass dangereux qui lui vaut d'être de plus en plus dans le collimateur de l'IGS......
L'ambiance est là : la réalisateur Philippe Lefebvre nous propose une mise en scène tout en retenue à travers les pavés et l'enrobé légèrement humide des rues et des boulevards parisiens, noires et illuminés, vides de gens et de voitures, en totale opposition à la suractivité bruyante du jour. L'intrigue se met en place petit à petit à travers une galerie de personnage truculents où chacun défend son petit bout de prés carré. Roschdy Zem passe d'un établissement à un autre, fumant clope sur clope et alignant les scotchs les uns après les autres, sans doute pour oublier la noirceur dans laquelle il s'engouffre au cours de ses enquêtes.
Ça ne tourne pas en rond loin de là, mais le film manque quand même d'une vraie tonalité musicale et de vraies scènes d'actions.....le rythme général en pâtit évidement. Une nuit tient quand même en haleine par ses endroits et sa population où il en faut peu pour que ça parte en live....mais je le situerais en dessous de "Nuit Blanche" sortit fin 2011.
Bons points pour le final intéressant et pour le jeu des acteurs : Sara Forestier assure vraiment et livre un de ses meilleur rôle.
Enfin, le public parisien appréciera je pense le road-movie nocturne dans leur ville où chacun reconnaîtra des quartiers et des avenues bien connues.....voir plus, suivant les sorties de chacun.....