Les Chants de Mandrin
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 janvier 2012
Moi, perso, ça me l'a fait. Ce gars-là sait faire du cinéma. J'y serais allé à reculons, juste à cause d'une légende du brigandage français du 18ème mise en scène et interprétée par un citoyen d'origine algérienne, si je n'avais pas vu 2 de ses films, wesh wesh et bled number one, y trouvant une vraie patte de cinéaste. Monsieur Rabah Ameur-Zaïmeche (aka RAZ bien qu'il ne soit pas un nouveau membre du wu tang clan :) est intéressant, unique et autonome, un peu à l'instar d'un Bartabas dans un autre domaine. Irrécupérable idéologiquement par la politique de droite ou de gauche, il y était à des années lumières de la glorification folklorique des "cultures", dites métisses, de banlieues, lucide et calme jusqu'à l'amer sur le sort des destins humains dans ces étaux que sont ces grands ensembles gris, cités hors de la Cité, surtout sur celui des descendants d'immigrés, lobotomisés par une intégration factice ou une rébellion cupide et religieusement moralisante mi pseudo-américaine mi pseudo-altermondialiste, avec souvent rien de pertinent à dire et apporter hormis leurs bleus à l'âme inhérents à toute maturité en cours, malgré tout et peut-être malheureusement plus français qu'autre chose. Les chants de Mandrin est présenté comme une allégorie pertinente de notre France Sarko. Ah?... Je l'ai vu et pris au premier degré, peut-être suis je bête mais ça m'a suffit pour en éprouver le souffle lyrique, qui évite l'ornière du populisme et l'abysse de l’angélisme béat envers ces tueurs de soldats. C'est une célébration de la liberté, bien avant 1789, et pourtant avec déjà son aura de sang et de terreur, et avec la saveur que seul un film d'auteur peut offrir. Comme dans le film de Satyajit Ray le salon de musique, un personnage d'aristocrate, parfaitement jouée par Jacques Nolot, oriente ses actions sociales et leurs conséquences, sans aspirer à être un citoyen du peuple, juste par beauté du geste, pour résister en opposition à la politique du pays, le droit bafoué, la corruption institutionnalisée, et coetera aujourd'hui au service d'un matérialisme marchand dont une critique typiquement française retomberait à plat comme un coup d'épée dans l'eau tant le supranational qu'il soit financier ou institutionnel (USA, UE, Ligue arabe, et consort) y a pris le dessus. Il n'y a plus de méchant roi à qui couper le cou, juste un système à travailler, bienvenue au pays des idées, des pistolets de Louis Mandrin, et des chants, pour du haut de notre potence regarder la France. A l'époque ils se firent prendre, quand même, car les autres étaient plus nombreux, normal. Aujourd'hui... Combien de masses pour combien de cornacs? Ça n'en est que plus inquiétant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 janvier 2012
Hymne à la liberté sublime RAZ! comme les précédents films la poésie et la beauté sont au rendez-vous.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 17 décembre 2011
On pourrait dire qu'avec Les Chants de Mandrin, Rabah Ameur-Zaïmeche va là où on ne l'attendait pas, à condition que l'on admette que ses trois premiers films forment une trilogie sur l'immigration et qu'un cinéaste d'ascendance immigrée ait comme viatique obligé de batailler avec ses origines. Si la question immigrée est présente dans Wesh Wesh - qu'est-ce qui se passe ? en 2002, Bled Number One en 2006 et Dernier maquis en 2007, cela n'en fait pas forcément le sujet, tant la présence du réalisateur à l'écran les conduit vers une interrogation intime et esthétiquement distanciée où son vécu se mêle à l'état du monde. Les Chants de Mandrin est dans cette continuité, ajoutant au décalage le moment historique.

Nous sommes à la veille de la Révolution française et cette perspective sera clairement évoquée, Les Chants de Mandrin étant le recueil de poésies que la bande de contrebandiers que suit le film distribue en le présentant comme "les prémices de la République", ce qui est d'ailleurs historiquement ous Louis XV aller bien vite en besogne ! Que Rabah Ameur-Zaïmeche tienne le rôle principal n'est, par contre, pas en soi un anachronisme : la présence arabe en Europe n'était pas nouvelle, l'arabe était enseigné à la Sorbonne dès le règne de François 1er et le 18e siècle avait déjà la curiosité de l'Orient. Que Rabah Ameur-Zaïmeche choisisse Mandrin comme sujet de film n'est pas anachronique non plus : il a appris la Complainte de Mandrin à l'école, qui lui avait particulièrement plu. Et de toute façon, il se saisit de l'histoire de France et basta.

Mais c'est à un groupe qui se définit sans chef que s'intéresse Ameur-Zaïmeche, dont le film se situe après la mort de Mandrin, lequel fut roué à Valence en 1755 pour avoir défié les fermiers généraux en vendant aux villageois des produits de contrebande à des prix largement inférieurs à ceux qu'imposait la Ferme Générale (organisme royal qui taxait lourdement le sel et le tabac). Il avait peu à peu levé une véritable armée de plusieurs centaines de contrebandiers qui s'opposaient aux dragons du roi. Ces bandes, "les mandrins", continueront leur commerce anti-autoritaire après sa mort tandis que Mandrin deviendra un personnage légendaire, popularisé grâce à la Complainte de Mandrin largement diffusée ensuite au 19e siècle sous la Commune de Paris puis dans les mouvements de jeunesse des années 30-40 avant que des chanteurs comme Yves Montand, Guy Béart ou le groupe de folk alternatif La Varda ne l'enregistrent.

Cette complainte est chantée dans le film par le marquis de Levezin (Jacques Nollot), étonnant personnage inventé (dont le nom signifierait "le voisin" et qui pourrait être inspiré de l'aventurier polygraphe Ange Goudar) qui cherche le testament politique que Mandrin aurait écrit en prison pour le reprendre dans la biographie qu'il en prépare. Il le trouvera auprès de Bellisard, interprété par le réalisateur lui-même, qui lui a historiquement existé puisqu'il dirigeait la bande de contrebandiers que Mandrin convaincra de le suivre dans ses aventures belliqueuses. Ameur-Zaïmeche ajoute aussi d'être l'auteur des Chants, écrits "en vers burlesques" à la gloire de Mandrin, un texte historiquement inconnu mais que, dans le film, les contrebandiers offrent aux villageois en même temps que des livres prohibés (textes protestants ou libertins). Le réalisateur se donne ainsi le rôle du rebelle éclairé et c'est bien ce qui différencie son film de la démarche par exemple d'un René Allio qui en 1972 filme Les Camisards, protestants cévenols qui combattirent les dragons du roi Louis XIV, sur un mode réaliste. La belle simplicité des plans impressionnistes tournés en pleine nature rapproche les deux films mais si Allio rendait ainsi compte de la pureté recherchée par le groupe de révoltés qui venaient de perdre leur liberté de penser avec la révocation de l'Édit de Nantes, ce réalisme est pour Ameur-Zaïmeche la possibilité de faire résonner son récit dans l'actualité des révoltes qui agitent aujourd'hui le monde, du printemps arabe aux indignés.

(lire la suite sur http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=10526)
-Vinz-
-Vinz-

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1,0
Publiée le 18 novembre 2011
Foutage de gueule, c'était nul à chier!
Pardon pour ces mots, mais cela en était même énervant.
Le film hésite à partir dans la parodie pour finir sans aucun style!
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