Petite comédie douce-amère sur l'adolescence du début des années 80. Premier long métrage du réalisateur (après un court il y a plus de 10 ans) pour lequel il a choisit l'époque de l'élection présidentielle de 1981. Election marquante avec l'arrivée de la gauche qui permet d'avoir son paramètre de conscience pour le jeune Primo, une époque qui doit permettre à son jeune héros de se révéler et de grandir. Mais en fin de compte c'est là que le film perd de sa force. En effet le scénario s'engouffre dans un face à face entre jeune bourgeois contre le pauvre petit Primo fils de fleuriste (à son compte quand même) et surtout, avec tous les clichés des enfants de riches ; le personnage de Malik est un autre paramètre (tout aussi inutile) pour bien appuyé la différence avec les riches. Par exemple on voit un gosse dépenser le fric de ses parents dans des conneries alors qu'on le voit recoller ses semelles de chaussures. Les contradictions (et la bêtise) de Primo font qu'on ne pense qu'à une chose, que c'est quand même un gamin de 18 ans qui est quand même un petit con immature. La dimension politique est donc un leurre. L'histoire ne devient donc plus qu'une comédie sentimentale ou 1981 est reste pourtant assez importante pour montrer un romantisme qui a disparu en 2012 (depuis plusieurs années déjà). Heureusement le côté romance est assez plaisante, une fantaisie avec une pincée d'humour et de l'émotion. Une petite comédie qui râte l'objectif qu'il s'est fixé mais qui surnage grâce aux jeunes acteurs et à un romantisme qui peut parait désuet aujourd'hui mais qui ne fait pas de mal, bien au contraire.
Je cherchais une comédie sympa, et je suis tombée sur un super film dont je ne risque pas de me lasser. L'histoire en elle meme est bien trouvée mais ce qui rend ce film si bon ce sont les acteurs qui le porte. Le jeu de pierre Niney et d'Audrey Bastien en particulier est assez bluffant, leurs dialogues sont d'une telle fraicheur et d'une telle poésie! Frédérique Louf signe ici un premier film plein d'émotion, parfois drole souvent touchant. Un délice.
J'ai passé tout le film à me demander qui était ce petit con. D'abord l'acteur, que j'étais persuadé d'avoir déjà vu dans un autre film – c'était le cas dans Nos 18 ans –, mais c'est son physique à la Louis Garrel qui m'a interpellé et m'a fait confondre les deux (merci Première !). Et j'ai aussi passé tout le film à me demander qui était ce personnage. Cette insouciance, cette audace, cette désinvolture, qui agace ses proches mais qui nous amuse et nous touche. Primo (oui, c'est son nom) c'est avant tout l'ado que nous avons tous été (enfin moi, je l'ai été) : Pas concerné par la politique, irresponsable, drôle et aux tendances épicuriennes. C'est un peu un môme qui n'aurait pas grandi et qui n'a pas conscience de toutes les réalités qui l'entoure, préférant se réfugier dans ses illusions de poète aguerri.
Le titre porte donc très bien son nom puisqu'en cette année 81 où le tout Paris est en ébullition à l'approche et à la suite des élections, Primo n'a d'yeux que pour Gabrielle (et on le comprend, Lou de Laâge je suis amoureux), cette jeune fille bourgeoise qu'il rencontre par hasard au cours d'une soirée parisienne. L'intérêt est donc de découvrir comment un type du petit monde qui n'a pas grand chose à offrir hormis des godasses trouées et des yeux au beurre noir, puisse intégrer cet autre monde où les appartements se comptent en hectomètres et où les bouteilles de vins se comptent en milliers de francs. La réponse est simple : Mentir. Et c'est ce que fait Primo, très mal soit dit en passant. On pourrait crier au cliché du fils-à-papa avec les personnages que Primo est amené à croiser après cette rencontre avec Gabrielle. On pourrait, mais on ne le fait pas. Car toute la surface politique n'est qu'un prétexte au développement du personnage principal, le contexte politique étant une toile de fond qui reste discrète, de manière volontaire ou involontaire, peu importe.
Le film est plus intimiste, prenant parfois des allures de Romeo et Juliette, mais l'amourette du personnage n'est pas forcément l'élément majeur du film. Alors oui, il serait mentir de dire que le film ne repose par sur ses histoires passionnelles qui sont plutôt réussies, mais il y a une évolution plus générale, celle d'un homme qui essaie de chercher sa place, à tâtons, entre erreurs et maladresses. C'est son histoire, à l'écart du conformisme de la société, de ses règles et de ses obligations, qui se met en évidence à mesure que les minutes passent. La sympathie immédiate se transforme en véritable complicité, et les situations auxquelles est confronté Primo finissent par nous faire sourire comme nous émouvoir.
Le casting est agréable à suivre, et il est difficile de s'ennuyer ou de s'énerver devant cette comédie dramatique spéciale eighties. Mais il est aussi difficile d'y voir autre chose qu'un moment de cinéma mineur. Je n'aime pas être sévère avec les films que je vois mais j'ai pourtant l'impression de l'être avec celui-ci ; car, même si j'ai passé dans l'ensemble un bon moment, je ne peux m'empêcher de juger anecdotique une telle histoire, qui sera bientôt oubliée. Le personnage plein d'incertitudes est touchant, les jeunes filles aussi ravissantes qu'incompréhensibles, le scénario fait de surprises nous accroche de bout en bout, et on s'enivre d'une vague qui mêle art et romantisme. Pour un premier film, c'est prometteur ; pour un film, c'est pas mal mais ça manque tout simplement de puissance. Comme une fille mignonne mais qu'on ne baiserait pas pour autant...
J'aime regarder les filles, que dire ? Grosse bouffée d'air frais. On a tout d'abord un jeu d'acteur saisissant, Pierre Niney, meilleur que jamais, joue parfaitement le jeune "pauvre", fils de fleuriste qui veut se faire une place dans le monde que l'on croit alors inaccessible pour lui : la bourgeoisie Parisienne des années 80. Il nous livre une prestation juste, un esprit de jeunesse, un esprit de vainqueur, du jeune ayant le monde à ses pieds, bourré de conviction, mais dénué d'argent. Vision très réaliste de ce qu'étaient les jeunes de cette époque, avec une intervention magnifique de Ali Marhyar, miterrandiste jusqu'au fond des yeux, incarné avec justesse. L'idée de placer le récit en 1981, année de l’élection de Mitterrand est un bel atout au film, permettant la création d'une esthétique extérieure et intérieure, les rues, voitures etc et les appartements, le studio de Primo et bien d'autres. Mais ce choix permet surtout d'effectuer une "prise de conscience" pour le personnage principal, une émancipation intellectuelle même. Pour placer le héros dans le contexte, nombres de clichés de la bourgeoisie de l'époque sont présents, les chemises dans le pantalon, le pull par dessus ou encore le coiffures, ça peut paraître limite parodique, mais au contraire, c'est très réaliste.
On a de beaux décors, réalistes également, si on oublie le canapé Ikea qui apparaît lors de la scène de dégustation de vins, si on laisse de côté ce tout petit détail, on se laisse bercer et captiver par le talent du héros, son naturel, son esprit explosif ou sa gueule démolie, tout passe naturellement et nous fait passer un délicieux moment. Tout ceci s'affiche comme un film sympathique, et qui plus est un premier long métrage pour Frédéric Louf, qui nous montre qu'il en a sous le pied, et ça nous plait ! Malgré quelques longueurs et un léger creux, le film est bon.L'idée de répétition est son plus beau coup, quand Primo saute par la fenêtre, une fois pas deux, message reçu m'sieur Louf.
Autre bon personnage, celui de Delphine joué par Audrey Bastien, avec beaucoup de classe, étant la fille intelligente, jouant avec agressivité et poésie, marque une interprétation vraiment intéressante et très décalée par rapport au milieu qu'elle fréquente, bien joué.
Film romantique donc, avec une fin brillante, bien tentée, J'aime regarder les filles vous enchantera.
mais quel bonheur ! attention alerte à la bombe du côté des acteurs et actrices ! Jeunes, mais pleins de talent ! un film sur les passions amoureuses, pierre Niney est parfait dans le rôle du jeune tourmenté par son cœur ... Il est en DVD ! Courrez l'acheter !
Très bon petit film, surtout pour un premier film. Dans la veine des films de Rémi Bezancon (ma vie en l'air, le premier jour du reste de ma vie), c'est frais et ça fait plaisir :) C'est une oeuvre réaliste socialement, tout en prenant quelques libertés narratives et visuelles, qui donne cette touche de modernité, sans en perdre en sincérité. Les personnages sont creusés, même si l'on regrette que cela ne dure pas plus d'une heure trente. Pour avoir vécu l'histoire de ce jeune homme, le "Province" - Sc Po, je dois dire que c'est plus réaliste que l'on a pu le dire ou bien que le film prétend l'être. En bref, un bon film frais et honnête.
Coup de coeur pour cette comédie tendre que l'on pourrait qualifier de "film d'auteur" ! Le scénario est dépouillé, prévisible, mais l'atmosphère des années 80 et l'intelligence des dialogues est juste délicieuse. Un film porté par l'incroyable talent de Pierre Niney. On avait remarqué sa scène burlesque dans "Les neiges du kilimandjaro" mais là, on voit éclore un talent de demain qui se fera forcément un nom. Une sensibilité à fleur de peau dans son jeu, un rôle pas évident qu'il a su rendre attachant... Il fait la saveur du film, l'ambiance du film, et le film lui-même. Audrey Bastien n'est pas en reste ! La scène où ils récitent les mots de Musset est juste une anthologie. Superbe !
Une petite comédie pour ado bien sympathique malgré quelques fautes de goût (pourquoi avoir ancré le scénario en pleine élection présidentielle ?) vite oubliés par un casting de premier ordre.
Bizarre ce film, avec une image bien particulière des "gosses de riche" et surtout bizarrement, dans plusieurs scènes, on a l'impression que la bande son n'est pas calée avec ce qui est filmé. Quant au scénario en lui-même, il est peu intéressant et dès le début, on voit la toute fin venir mais bon, ca se laisse regarder si l'on ne part pas avec une grande attente
J'aime regarder les filles ou "Quand on ne peut pas avoir la fille qu'on aime, faut aimer la fille qu'on a" (1977, merci Shake pour tes perles) - et encore cette phrase est plus drôle que le film. Plat et peu audacieux, tout sauf dynamique, avec des conceptions à l'emporte-pièces et des incohérences tout du long. On attend ce qui pourrait le faire décoller en vain. Dommage qu'Alfred de Musset se soit retrouvé noyé dans des dialogues fades et insignifiants.
Bien réalisé, "J'aime regarder les filles" est doté d'un bon scénario est d'une âme entraînante. L'histoire est très intéressante et passionnante, les acteurs sont convainquants surtout Audrey Bastien, et le final est réussi. On passe un moment plaisant devant ce film captivant et bon.