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poet75
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5,0
Publiée le 11 novembre 2013
"Louons les actrices françaises", s'exclamait ces jours-ci Bertrand Tavernier sur son blog, avant de dresser une liste (non exhaustive) de celles-ci et de vanter leurs nombreux talents. Comme Bertrand Tavernier a raison! Et ce n'est certes pas ce film-ci qui donnera la preuve du contraire. Emmanuelle Devos incarnant Violette Leduc comme Sandrine Kiberlain revêtant l'apparence et les manières de Simone de Beauvoir sont toutes deux extraordinaires! De Violette Leduc je ne connaissais pas grand chose, je l'avoue, avant de la découvrir telle qu'elle nous est montrée dans ce film et de me mettre à lire "La Bâtarde", l'un de ses ouvrages les plus fameux. Elle s'y raconte sans détours, usant d'un style très personnel, reconnaissable entre mille, un style fait de phrases très courtes, presque sèches et cependant jamais banales. On comprend, à la lire, ce qui a séduit Simone de Beauvoir et pourquoi cette dernière a tout mis en oeuvre pour la faire éditer et célébrer à sa juste valeur. Il a fallu du temps et de l'énergie, comme le raconte le film, il a même fallu que le Castor y aille de son argent pour venir en aide à sa cadette en littérature. Et il a fallu, aussi et surtout, supporter tant bien que mal les assauts et les crises d'une femme amoureuse et presque constamment déçue. Car Violette Leduc fait partie de ces gens qui, même sachant qu'ils vont droit à l'échec, ne peuvent faire autrement que continuer d'avancer, quitte à finir la tête fracassée contre un mur. Et des échecs, l'auteure de "La Bâtarde" ne connaît quasiment rien d'autre. Chaque fois qu'elle tombe amoureuse d'un homme (Maurice Sachs ou Jacques Guérin) elle a affaire à un homosexuel, et quand elle s'entiche d'une femme (Simone de Beauvoir en l'occurrence) il s'agit d'une femme qui n'est nullement tentée par des amours lesbiennes! Non seulement Simone de Beauvoir rejette toute complicité amoureuse mais elle va jusqu'à affirmer que toute véritable amitié avec Violette Leduc est impossible! Qui donc est-elle, cette Violette Leduc?, se demande-t-on tout au long du film. Martin Provost a su préserver la part de mystère d'une femme douée certes d'un indéniable talent littéraire mais ayant les comportements d'une personne psychiquement fragile voire carrément malade. Certaines scènes donnent le sentiment qu'on a affaire à quelqu'un qui est au bord de la folie. Ce qui la retient, ce qui lui permet de ne jamais totalement sombrer, c'est probablement d'avoir la capacité de se raconter: jamais peut-être on n'aura eu autant raison de dire que l'écriture agit, au moins en partie, comme un exorcisme ou comme le fil qui permet au funambule chancelant de se maintenir entre ciel et terre. On pardonnera volontiers au réalisateur quelques afféteries de mise en scène ; le film est passionnant de bout en bout et parfaitement servi non seulement par les actrices dont on ne dira jamais assez le talent mais par des acteurs (Olivier Py, Olivier Gourmet) eux aussi excellents. Le fervent admirateur de Julien Green que je n'ai jamais cessé d'être depuis de nombreuses années pardonnera aussi volontiers à Martin Provost d'avoir mis en scène Violette Leduc qui, ne trouvant pas le moindre exemplaire d'un de ses livres dans une librairie, se saisit, de rage, d'un volume du « Journal » de l'auteur de « Moïra » pour le jeter à terre en s'écriant : « Mais il n'y en a que pour Julien Green ici ! ». Il n'est pas facile, il faut le dire, de mettre en scène des personnalités du monde littéraire sans être soit pédant soit ennuyeux soit superficiel. Ici au contraire tout est convaincant, tout est captivant, tout est émouvant. Et l'on n'a qu'une envie au sortir de ce film : lire les œuvres de Violette Leduc (et peut-être aussi, pourquoi pas, celles de Simone de Beauvoir) ! 8,5/10
Elles font partie de ces femmes qui ont favorisé l'émancipatom fémimine, le film se concentre sur leurs rapports , Violette était amoureuse de Simone de Beauvoir qui a lancé sa carrière film passionment et intèressent j'ai bien aimé ce film
Très bonne reconstitution de la vie sociale et culturelle de l'après-guerre. Les deux actrices sont remarquables, grâce à ce film, en espérant qu'il obtienne une large diffusion, Violette dont l'oeuvre littéraire est encore méconnue du grand public sortira de l'ombre. A la sortie de la séance, on a envie de lire un de ses livres.
D'une réalisation d'une très grande sobriété à la photographie jouant parfaitement avec la lumière selon l'état d'esprit de l'héroïne, Martin Provost nous fait offre là un magnifique film sur Violette Leduc, véritable déclaration d'amour et de respect à cette femme en avance sur son temps. Emmanuelle Devos habite littéralement le personnage de cette écrivaine torturée et on sent l'aisance parfaite de Sandrine Kimberlain en Simone de Beauvoir. D'ailleurs, chacun des acteurs est époustouflant dans leur rôle respectif. Tout y est minutieusement travaillé, du plus petit détail des décors à la phrase des scénario. Moi qui ne connaissais pas cette auteur, Martin Provost m'a donné envie de lire ses livres. Un film lumineux.
Violette dure 2 heures 20, est sombre, raconte la relation compliquée qui liait Violette LEDUC à Simone de BEAUVOIR. Lorsque l'on commence comme çà, on a tout sauf envie d'aller voir le film. Et pourtant, Emmanuelle DEVOS signe là une performance magnifique aux côtés d'une Sandrine KIBERLAIN qui illumine l'écran de sa présence. Il faut aller voir ce film pour ces deux actrices exceptionnelles ainsi que pour des costumes et des décors très soignés, et la réalisation élégante de Martin PROVOST dont je n'ai pas vu le "Séraphine" avec Yolande MOREAU qui reçut le César en 2009 pour ce rôle. Quand en plus de ce beau film, on découvre ou on redécouvre le destin de cette écrivaine hors norme qui frôla le Goncourt pour Ravages et qui fréquenta les couple Sartre-BEAUVOIR ainsi que Jean Genet et autres COCTEAU, on n'a pas perdu son temps.
Encore un film d'une longueur et d'une lenteur inacceptables, compte tenu du manque de densité de son contenu : on finit par s'ennuyer ferme, malgré le talent des actrices... De plus, l'histoire tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Il y manque pour le moins la genèse de toute cette histoire. Comment Violette Leduc, apparemment d'origine modeste (en tout cas, c'est l'impression qu'on a), a-t-elle acquis son bon niveau de culture et établi des relations avec des personnes qui ne "cadrent" pas bien avec elle ? En bref : que s'est-il passé avant ? Par exemple, qui est ce "Maurice" du début du film ? Alors, à mon avis, il s'agit là d'un film dont le périmètre a été mal évalué par le scénariste et le réalisateur. Et le résultat est un peu navrant. C'est vraiment dommage, car mieux documenté et rendu plus nerveux dans son déroulement, cela aurait pu faire un bon film.
J'aurais voulu aimer ce film, malheureusement ce n'est pas le cas, je ne l'ai pas détesté non plus mais il a des longueurs qui n'apportent rien à l'histoire et les acteurs/trices ne jouent pas vraiment bien, notamment Devos et c'est bien dommage !
Un beau film, qui malgré sa lenteur, soutient un véritable intérêt, en raison de son scénario efficace et bien construit. Emmanuelle Devos pour ma part, trouve une de ses plus belles compositions, mais tous les acteurs sont excellent et la musique de Pärt soutient habilement tout le film. Hélas, les émotions ont été assez rares, pour que je puisse être totalement conquis. Dommage, mais à voir sans hésitation!
De ce parcours chaotique qu’a été la vie de Violette Leduc et qui a servi d'unique source d’inspiration de son œuvre littéraire, Martin Provost et ses scénaristes ont choisi de démarrer leur récit au moment où le déclic de l’écriture survient chez ce futur auteur qui connaîtra une renommée tardive. Ce choix peut surprendre dans la mesure où le personnage est à ce moment déjà trentenaire et dont les tourments et les expériences désastreuses vécus jusqu’alors entretiennent sa souffrance intérieure depuis quasiment sa naissance. Là où le bât blesse, c’est que cette entrée en matière est particulièrement opaque et qu’elle empêche le film de réellement décoller avant un bon moment, les relations que Violette entretient avec Maurice Sachs étant par ailleurs mal définies. Il faudra vraiment attendre la rencontre et le développement de la relation partagée avec Simone de Beauvoir pour enfin se laisser porter par ce portrait de femme écorchée. Si les faiblesses sont dues à un scénario pas assez maîtrisé et un peu sec dans son traitement, elles ne peuvent en aucun cas être imputées à la direction artistique du film où costumes et décors font merveille. La composition d’Emmanuelle Devos pâtit peut-être de l’approche un peu trop clinique de l’écriture de son personnage. Parmi les seconds rôles, se distinguent brillamment (mais est-ce une surprise ?) Catherine Hiegel et Olivier Gourmet. Mais celle qui selon moi domine le film par sa présence, son jeu nuancé et qui est d’une justesse époustouflante, c’est Sandrine Kiberlain qui une fois de plus démontre ici toute l’étendue de son registre d'actrice.