On parle d'agression sexuelle. Cela existe dans tout les pays, et malheureusement encore aujourd'hui. Le fait que ce délit soit reconnu en Egypte, est nouveau, fait peur aux hommes, mais pas assez. Pourtant, toutes ces femmes voilées ne m'exciterais pas pour autant. Ou alors, ces voiles et grands tissus les excitent encore plus (?!?!). Le film est excellent, bien joué par toutes et tous. Le fait qu'il soit en VO sous-titré n'est pas gênant, bien que le résumé du ciné le donnait en version française (sauf si je me trompe)
Quel bonheur de voir arriver sur nos écrans français un film égyptien ! Mais quelle dureté aussi que celle de son propos. En Égypte, 83% des Égyptiennes ont été agressées sexuellement et 98% des femmes étrangères/touristes. Tout le monde a encore en mémoire le fait divers concernant Lara Logan, journaliste de CBS News au Caire, violée sur la Place Tahrir le soir de la chute d'Hosni Moubarak. Partant de ce climat et de ce postulat de danger permanent, Mohamed Diab signe un film coup de poing.
Ce jeune réalisateur a eu l'idée du film en assistant au premier procès égyptien sur le harcèlement sexuel (l'affaire Noha Rushdi en 2008).
Il commence alors à recueillir des témoignages et à construire son histoire. Enfin, ses histoires, trois plus exactement. Celles de Fayza, femme modeste vivant dans les quartiers populaires, Seba, bourgeoise indépendante et Nelly, jeune révoltée de la nouvelle génération.
Ces trois femmes, que tout oppose, vont pourtant être toutes trois confrontées au harcèlement sexuel. Et tout se tisse lentement, à pas feutrés. Chaque histoire se noue à l'autre et ces femmes différentes vont finir par se confondre devant le fléau de la condition féminine en Égypte.
Tout cela est montré sans manichéisme, sans parti-pris si ce n'est de dénoncer le phénomène et la loi du silence. spoiler: La scène de colère entre les trois femmes est particulièrement réussie : aucune n'a tort, et alors que tout les oppose, on voit combien elles se ressemblent.
Les trois actrices sont tout simplement magistrales dans ce film, et nous offrent un jeu de plus en plus abouti, allant jusque dans leurs retranchements les plus durs.
La plus grande force de ce film est indiscutablement son propos. Le réalisateur parle de machisme et dénonce le harcèlement sexuel dont sont visiblement souvent victimes les femmes en Egypte (le film étant inspiré de faits réels). Il imagine trois personnages féminins dont les récits croisés ont tous quelque chose à voir avec la défense des droits des femmes et leur combat, instructif, trouve une résonance particulière pour le spectateur. Les rôles titres sont campés par trois actrices convaincantes, plus que la mise en scène en règle générale. Quelques scènes sont bizarrement filmées et la présentation des personnages à travers des récits croisés est un peu moins habile que la suite du film, où le propos prend véritablement corps. En définitive, un film éclairant qui manque quelquefois un peu d'émotion ; on voudrait lui reprocher son manichéisme (les hommes égyptiens sont-ils tous des pervers ?) mais si les choses sont ainsi, alors saluons l'audace du réalisateur d'avoir osé traiter de ce sujet sans faire de détours...
Un hymne pour nous toutes et un exemple pour les égyptiennes. Ce film est un grand cri pour les droits des femmes. Scénario, actrices et mise en scène extraordinaire !
Les femmes du Bus 678 est un film qui fait froid dans le dos! Surtout quand on sait qu'il est tiré de faits réels... je suis sortie de la salle avec le ventre retourné. On y rencontre ces femmes qui souffrent au quotidien d'actes immondes. Ce film devrait être montré bien plus largement, ne serait-ce que pour éveiller les consciences et faire avancer les choses! Je m'incline devant ces femmes qui ont osé lutter et se retourner contre leurs agresseurs!
Mohammed Diab a choisi des acteurs et actrices touchants et filme des gros plans magnifiques!
Récemment, Jacques Audiard avait dit, à propos de son De Rouille d’os, qu’il avait souhaité inscrire son film dans une époque, de sorte que l’on se souvienne de comment on vivait en 2012. Ces propos décrivent on ne peut mieux ce qu’est Les Femmes du bus 678, ce premier film qui s’inscrit d’office dans le patrimoine égyptien. En effet, en plus de raconter l’histoire de trois femmes plus ou moins confrontées aux agresseurs sexuels, Mohamed Diab est parvenu à concentrer les mœurs d’une époque avec cette figure féminine hautement sous-estimée, ainsi que ce régime de l’âge de pierre qui fronce volontiers les sourcils lorsque l’on prononce le mot « parité ». Un constat cruel qui s’avère pour le moins révoltant. Si les évènements relatés dans ce film datent d’il y a quatre ans, ce n’est qu’après les évènements du Printemps arabe que l’histoire n’aura pas eu à subir l’éventuelle censure du déchu Moubarak. Film choral sur trois femmes bien décidée à changer un gouvernement, Les Femmes du bus 678 décrit donc merveilleusement bien cet Etat où la gente féminine se voit incapable de marcher dans la rue, prendre un bus, sans que cela ne parte en couilles (dans tous les sens du terme). De fait, il est difficile de ne pas se montrer révolté en assistant à un tel spectacle, tant le comportement des ces messieurs semble à des années lumières de notre réalité. En dépit de cela, le film reste très touchant. On se souvient notamment de trois excellentes actrices, qui sont très bien parvenues à capter la tonalité profondément dramatique qu’un tel sujet nécessite, tout en le retranscrivant superbement bien à l’écran. Mis à part l’histoire, Les Femmes du bus 678 peut aussi compter sur une jolie musique de fond, dépaysante, qui parvient tant bien que mal à nous immerger dans l’univers du Moyen-Orient (avec les décors et les acteurs, naturellement). Aussi, les seconds rôles s’avèrent brillants. Malgré tout, il y a certaines choses que l’on peut regretter, notamment un trop plein de volontés de la part du réalisateur, qui se traduisent parfois par quelques longueurs ; sans que le film se soit « chiant » pour autant. Néanmoins, il y a ces passages où l’on sent un certain bouillonnement – très certainement issu d’un sentiment de révolte de la part de Mohamed Diab –, sans que cela n’explose réellement et, pour le coup, l’ensemble paraît brasser de l’air. Bien entendu, cela reste insuffisant pour enlever aux Femmes du bus 678 son indéniable charme. En conclusion, Les Femmes du bus 678 m’aura permit de faire un peu connaissance avec un cinéma que je ne connais pas des masses – si ce n’est deux ou trois films égyptiens vus –, tout en apprenant bon nombre de choses concernant ce pays dont le présent m’était presque inconnu avant le visionnage de Tahrir, place de la Libération et les évènements du Printemps arabe. Un long-métrage qui s’inscrit dans sa génération de sorte qu’il représente un pays et ses états d’âme.
Mohamed Diab signe une film dramatique captivant sur la condition de la femme en Egypte. Les trois actrices principales illustrent toutes les trois, à travers leurs parcours personnels et leur classe sociale, une certaine image de la femme egyptienne, et ce film se suit finalement comme un policier tant l'issue du film est incertaine.
Allez voir ce film. A nouveau une magnifique incursion dans la société musulmane (arabe en général ? égyptienne en particulier) du même niveau que "une séparation". Intelligent, bien réalisés, bonne direction d'acteurs et excellents acteurs et un thème fort : la liberté sexuelle de la femme dans ces sociétés, voire sa liberté tout court. Que les frères musulmans et tous les Tarik Ramadan ne viennent pas (plus) nous expliquer derrière un voile pudique que la question (le problème) de l'égalité femme homme n'existe pas. C'est un énorme problème qui va de paire avec celui du rapport au sexe des hommes arabes, très bien abordé dans le film. De plus, la fin semble attesté que le scénario s'appuie sur une histoire réelle récente et le réaliste raconte que tous les cas de harcèlement sexuels montrés ont été vécus : on en ressort encore plus marqué. Un très bon premier film.
Encore un film plaidoyer du droit égalitaire qui reste minoritaire Ici i cela se passe en Egypte et on nous montre le quotidien insoutenable des femmes Pour briser ce pacte hypocrite la réalisatrice évite le manichéisme. elle nous dépeint les ambivalences comportementales des différents protagonistes .Ce film militant mérite le détour.
trés beau film, plein d'émotions, de tendresse, de dureté, d'évenements réels. Les acteurs sont supers, les actions aussi. Bref, à conseiller trés fortement! et courage aux femmes!