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Un visiteur
4,0
Publiée le 22 août 2012
Un excellent film avec une vraie révélation, Eloïse Laurence. Je pense qu'on entendra parler d'elle prochainement. Une actrice née dans un film sympathique et poignant.
Il y a quelque chose à la fois d'effrayant et de fascinant dans la violence qui imprègne les classes ouvrière ou moyenne britanniques, du "Saturday Night's alright for Fighting" d'Elton John au hooliganisme des années 70-80. "Broken" s'ajoute à la liste des nombreux films qui ont exploré cette veine ("Red Road", "This is England"...) en l'abordant sous l'angle de la perte de l'innocence d'une très jeune collégienne diabétique, Skunk (Eloise Laurence, révélation du film, forcément), témoin un jour d'une agression. Cet acte violent et ses suites vont lui ouvrir les yeux sur la vie et sur le monde qui l'entoure. Ce qu'elle va découvrir n'est pas des plus reluisants : un univers des adultes brutal (le voisin veuf), vénal (la fille au pair), démuni (les parents du schizo) et finalement déceptif (le père, modèle idéalisé du sexe opposé, qui cache sa relation avec la dite fille au pair). Pas mieux du côté des ados où la violence le dispute à la méchanceté et à la perversité. Se situant quelque part entre "Tyrannosaur" et "Lovely Bones" en reprenant malheureusement les moins bons côtés de ces deux films (le côté trop démonstratif et le côté trop mièvre), très bien joué et très (trop ?) émouvant, "Broken" souffre d'une réalisation ampoulée et calibrée "indé" (pas mal pour la BO, par contre) et surtout d'un scénario délivrant une morale un brin réac. Pas très progressistes en effet, ces portraits de pères célibataires : le père de Skunk (le toujours excellent Tim Roth) a besoin d'une aide extérieure qui finira par partager sa couche et le voisin violent, Oswald (Rory Kinnear), est plus un chien de garde qu'un père de famille, pas vraiment aidé par ses pestes de filles. Parce qu'elles sont gratinées, les filles Oswald ! A côté d'elles, les filles Thénardier ressemblent à des carmélites ! Et là encore, le réalisateur Rufus Norris force bien le trait en nous pondant un travelling arrière sur les trois sœurs assises sur un canapé qui rappelle méchamment la scène d'ouverture d'"Orange Mécanique" avec Alex et ses droogs au Korova Milk Bar. Puis le récit nous offre en apothéose sentencieuse et quasi biblique, un invraisemblable enchaînement de malheurs déclenché par une dénonciation calomnieuse qui finira par se retourner contre son ignoble auteure qui en paiera le prix fort. Du style : "Vous avez vu, hein, tout ce qui arrive quand on ne se conduit pas bien ? Et tout ça, ma pauvre dame, c'est la faute de la clope, du sexe, du binge drinking (je ne sais pas comment le scénariste a fait pour nous épargner la drogue...) et de la fin du modèle familial traditionnel !". Bon d'accord, c'est vraiment pas bien de mentir mais le montrer à ce point là... Ah, j'allais oublier : à la marge, le film traite aussi de la maladie mentale et de la prise en charge des pathologies. Sans aucun recul, avec les mêmes gros sabots. Des gros sabots qui font de "Broken" un film lassant voire irritant à force d'être poignant. Un film qui peut quand même se laisser regarder pour ses acteurs. Seulement pour eux.
quel bonheur ce film. Certes l'histoire est dure et violente, mais les personnages sont remarquables. L'enchaînement des faits est implacable et démontre que de tous petits riens déclenchent de grands effets. Une très belle interprétation de Tim Roth, mais qui en aurait douté ? et une remarquable découverte pour moi, Cillian Murphy , jeune fille prometteuse. Courez y
Un premier film qui va droit au coeur. Le portrait sensible et émouvant d'une jeune adolescente, du rire aux larmes un véritable concentré de vie. Tim Roth bouleversant en père célibataire. La musique de Damon Alburn résonne encore longtemps aux oreilles. Une vraie belle surprise !
Présenté à Cannes en ouverture de la Semaine de la Critique, le premier film du britannique Rufus Norris, Broken, a fortement impressionné. Un témoignage sur la violence sociale en Angleterre à travers les yeux d'une adolescente de 13 ans, qui pourrait être comparé à Fish Tank si le style de Norris n'en était pas aussi éloigné. Le cinéaste débutant est déjà un fieffé manipulateur, brillantissime dans sa mise en scène, qui fait passer cette oeuvre au noir au tamis de la fantaisie, de l'humour et de la tendresse. Bien que trop chargé de drames, surtout vers la fin, Broken est un vrai bonheur de cinéma, constamment inventif et surprenant. Tim Roth, formidable, se fait voler la vedette par le tempérament de la jeune Eloise Laurence, soufflante de talent. Il y a pas de mal d'esbroufe dans le film, mais c'est pour la bonne cause et l'émotion qui s'en dégage est indéniable.